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CONNAISSANCE DES PHENOMENES ORAGEUX

 

 

  glossaire de météorologie générale

 

Les différents termes listés ci-dessous sont régulièrement utilisés en météorologie convective. Leur compréhension peut donc aider au décryptage des dossiers et prévisions proposés sur ce site.

 

Adiabatique

Se dit d'un processus qui se produit sans échange de chaleur avec l'environnement.

 

Advection

Une advection désigne un transport horizontal des propriétés atmosphériques par le vent. Ainsi, par exemple, une advection froide indique le transport d'un air froid par les vents horizontaux.

 

Anticyclone

Région caractérisée par une pression atmosphérique supérieure à son environnement immédiat. Les vents soufflent autour du cœur de l'anticyclone dans le sens horaire dans l'hémisphère Nord, mais dans le sens antihoraire dans l'hémisphère Sud.

 

Barocline

Une zone barocline désigne une région dans laquelle un gradient thermique est observé le long d'une même surface isobare. Il s'agit ordinairement d'une configuration associée à des cisaillements de vent importants et à des mouvements atmosphériques verticaux, propices au renforcement des systèmes perturbés. On parle ordinairement d'onde barocline, dans la mesure où la zone barocline se déplace dans la circulation atmosphérique sous la forme d'une onde qui se développe puis se dissipe.

 

Cisaillement

Superposition horizontale ou verticale de vents de direction et/ou de vitesse différentes. On parle de cisaillement directionnel quand le vent change de direction avec l'altitude, et de cisaillement vitesse quand le vent change de vitesse avec l'altitude.

Le cisaillement des vents constitue un élément majeur dans la formation et l'évolution des cellules orageuses.

 

Convergence

La convergence dans un champ de vent horizontal indique que plus d'air entre sur cette surface qu'il n'en sort sur le même plan. Par conséquent, une convergence des vents près du sol force l'air à s'échapper vers le haut et provoque des mouvements verticaux. Il s'agit là d'un forçage qui permet, si les conditions d'instabilité y sont propices, des évolutions orageuses significatives en saison chaude.

 

Couche limite atmosphérique

La couche limite atmosphérique désigne l'épaisseur d'atmosphère au voisinage du sol dans laquelle les effets de la friction sont significatifs sur la circulation atmosphérique. L'épaisseur de cette couche varie beaucoup, selon la stabilité de l'air et la rugosité du sol, mais est en moyenne de 1,5 km. C'est dans cette épaisseur que la température est la plus affectée par les effets du rayonnement solaire diurne et du refroidissement radiatif nocturne.

 

Courant-jet

Le courant-jet désigne les flux d'air rapides et spatialement concentrés qui circulent généralement entre 6 et 15 km d'altitude, sous la tropopause. Ils prennent classiquement la forme de "tubes" de vents violents, qui s'étirent sur plusieurs milliers de kilomètres de longueur, pour quelques centaines de kilomètres de largeur et seulement 1 à 4 km d'épaisseur. Ils sont la résultante de forts gradients thermiques horizontaux dans les couches atmosphériques inférieures. Sous nos latitudes, les vents y dépassent classiquement 100 km/h en été et 200 km/h en hiver ; néanmoins, dans certains cas extrêmes, ils peuvent excéder 400 km/h.

Les courants-jets impactent sensiblement les épisodes orageux, en leur donnant dans certaines configurations une sévérité accrue, d'une part en produisant des forçages sur la convection (divergences d'altitude dans les zones d'entrée droite et de sortie gauche) et d'autre part en accentuant les cisaillements profonds, favorables à une meilleure organisation des cellules orageuses.

On parle aussi de courant-jet de basse couche pour désigner la présence de "tubes" de vents forts à des altitudes inférieures à 3000 mètres. Le principe est le même que pour le courant-jet, mais avec des dimensions spatiales et une intensité plus modestes.

 

Creusement explosif

Se dit d'un creusement dépressionnaire qui, à la latitude de la France, excède 30 hPa en 24 heures.

 

Divergence

La divergence dans un champ de vent horizontal indique que plus d'air sort de cette surface qu'il n'en entre sur le même plan. Par conséquent, une divergence en altitude force les ascendances en "aspirant" l'air par le bas afin de compenser le "manque d'air" généré par la divergence. Ainsi, en se développant dans une zone marquée par un champ de vent divergent en altitude, les orages peuvent trouver un terrain favorable à leur renforcement. Au même titre que la convergence au sol, la divergence d'altitude constitue un forçage sur la convection.

 

Effet orographique

On parle d'effet orographique lorsque des précipitations sont causées ou renforcées par le passage forcé d'une masse d'air humide sur un relief, notamment quand celle-ci présente un état d'instabilité conditionnelle. En effet, la présence d'un relief contraint la masse d'air au soulèvement, ce qui d'une part la refroidit et précipite l'eau qu'elle contient (renforcement des précipitations par rapport à une zone de plaine) et ce qui d'autre part peut servir de déclencheur à des développements orageux en forçant l'inhibition convective (on parle alors de forçage orographique de la convection). C'est pour cette raison que, par beau temps chaud estival, les premiers orages se forment habituellement en zone de relief : les brises de pente induites par le relief suffisent assez régulièrement à déclencher une convection sur les sommets, tandis que la convection restera en sommeil en région de plaine.

L'effet orographique est maximal lorsque le flux est perpendiculaire à l'axe du relief.

 

Front

Limite séparant deux masses d'air de densité différente et, ordinairement de température et humidité différentes.

 

Goutte froide

Une goutte froide (d'altitude) consiste en un isolement d'air froid, issu des régions polaires, qui se détache de la circulation atmosphérique zonale classique. Ce volume d'air froid, représenté sur les cartes météorologiques par des isothermes fermés, est associé à une évolution dépressionnaire en altitude et vient ordinairement surplomber de l'air plus doux situé près du sol. Dès lors, les gouttes froides tendent à produire systématiquement des profils verticaux instables et constituent l'un des principaux moteurs des dégradations orageuses sur la France.

 

Gradient adiabatique

Le gradient thermique adiabatique désigne la variation de température avec l'altitude, abstraction faite de tout échange de chaleur avec l'environnement.

 

Hélicité

L'hélicité correspond à la rotation imprimée à une parcelle d'air par l'environnement. Elle est proportionnelle à la vitesse du flux et à l'intensité des cisaillements verticaux.

 

Inversion

Ordinairement, la température décroît avec l'altitude. Quand le phénomène inverse se produit, à savoir une hausse de la température avec l'altitude sur une épaisseur donnée de l'atmosphère, on parle d'inversion.

 

Masse d'air

Une masse d'air est un volume d'air couvrant une vaste zone géographique et qui possède des propriétés horizontalement uniformes.

 

Point de rosée

Le point de rosée, ou température du point de rosée, indique la température à laquelle doit être abaissée l'air pour que celui-ci condense (humidité relative de 100%), à pression constante. Au niveau du sol, des points de rosée élevés (> 18°C) indiquent un air fortement chargé en humidité et donnent typiquement une sensation oppressante (temps lourd).

 

Thêta-e

La thêta-e est une température potentielle, calculée en prenant une particule d'air à une altitude géopotentielle donnée, en l'élevant jusqu'à ce qu'il y ait saturation, puis en la rabaissant jusqu'à l'altitude géopotentielle de 1000 hPa selon un processus adiabatique. Habituellement exprimée en degrés Kelvin, la thêta-e est un traceur thermodynamique qui permet d'identifier efficacement les masses d'air et, dans la mesure où elle illustre conjointement la température et l'humidité de l'air, est particulièrement utile en prévision convective. Les crêtes de thêta élevées sont notamment connues pour être favorables à des orages sévères et à de fortes précipitations.

 

Tropopause

La tropopause désigne la frontière supérieure de la troposphère (partie la plus basse de l'atmosphère, qui concentre l'ensemble des phénomènes météorologiques). Elle oscille entre 6 et 15 km d'altitude sous nos latitudes, mais peut parfois s'élever à plus de 18 km en zone équatoriale. La tropopause fixe la limite supérieure de développement des cellules orageuses, qui trouvent là un plafond infranchissable (en effet, au-delà, la température augmente avec l'altitude, ce qui empêche toute convection par effet d'inversion thermique).

 

Tropopause dynamique

La tropopause dynamique se définit à partir du tourbillon potentiel. Ce dernier est un paramètre conservatif qui permet de tracer des anomalies au sein des systèmes atmosphériques. Le tourbillon potentiel est faible dans la troposphère (0,3 Pvu en basse troposphère et jusqu'à 1 Pvu en haute troposphère), mais beaucoup plus marqué dans la stratosphère (3 à 10 Pvu). La tropopause dynamique est l'altitude à laquelle cette transition se fait entre l'épaisseur troposphérique à faible tourbillon potentiel et l'épaisseur stratosphérique à fort tourbillon potentiel. Cette transition a été fixée à 1,5 (ou parfois 2) Pvu. L'altitude de la tropopause dynamique est donc par convention celle où le tourbillon potentiel est égal à 1,5 Pvu (ou 2 Pvu).

Cette altitude est ordinairement exprimée en hPa (altitude géopotentielle). Dès lors, une anomalie de tropopause dynamique, ou perturbation de tropopause, désigne un noyau bas d'altitude géopotentielle de tropopause dynamique. Ce noyau bas indique un enfoncement d'air stratosphérique vers le bas, qui est ordinairement consécutif à une déformation du courant-jet. Cette interaction entre le courant-jet et les anomalies de tropopause tend à renforcer, aussi longtemps que dure cette interaction, la divergence en aval dans le flux et conséquemment la puissance des forçages synoptiques (renforcement des vitesses verticales).

 

Vorticité

La vorticité (ou tourbillon) permet de juger de la rotation de l'air sur un plan horizontal. Les noyaux de tourbillon cyclonique sont ordinairement corrélés à un creusement dépressionnaire en surface et à des mouvements verticaux.