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LES EPISODES ORAGEUX EN FRANCE |
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Les orages se produisent toute l’année
et sur tout le territoire. Une manifestation électrique peut ainsi se
développer dès lors qu’une certaine instabilité permet le démarrage de
la convection profonde. Les situations donnant lieu à cette instabilité
sont extrêmement variées et fréquentes, tant celles-ci dépendent des
conditions en surface, de la dynamique en altitude et du placement des
différents centres d’actions météorologiques. Néanmoins, nous pouvons
dégager quelques situations types, que l’on rencontre majoritairement
sur l’ensemble du territoire selon la période de l’année. |
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Très courante au cœur de l’été, cette situation se caractérise par
l’absence de flux directeur en surface et/ou en altitude et par peu de
forçages dynamiques. La convection profonde est uniquement enclenchée
par des forçages dits de basses couches (typiquement des zones de
convergence des vents de surface ou le soulèvement induit par
l’orographie). Ces orages, généralement assez brefs peuvent toutefois
s’avérer durables si un léger flux en altitude parvient à séparer les
courants descendants et ascendants des cellules. Les orages peuvent
alors durer autant de temps qu’ils sont alimentés en air chaud. C’est
généralement dans ces configurations, où le réchauffement diurne est
maximal, que l’on retrouve les plus fortes valeurs de CAPE (parfois plus
de 3000 J/kg). C’est aussi la situation la plus pérenne dans le temps
puisqu’elle peut se reproduire plusieurs jours d’affilés tant que les
conditions synoptiques n’évoluent pas. |
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Image satellite visible du 01/07/2009
à 14h UTC.
Situation très peu dynamique sur
l’Europe de l’Ouest et foyers orageux sur l’ensemble des massifs.
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►
orages préfrontaux et/ou frontaux |
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Ce cas de figure, qui s’étale généralement sur un ou deux jours, est le
plus dynamique. Un thalweg plus ou moins creux aborde le pays
généralement par l’Atlantique, induisant un flux de sud-ouest en
altitude et une crête barocline de theta E élévées qui remonte de
Méditerranée. Parallèlement, en altitude, une profonde divergence se
produit aux extrémités des différentes branches du courant Jet qui
précède l’arrivée de l’anomalie de tropopause. Une profonde convergence
pré-frontale se met en place au sein de l’advection chaude avec
l’apparition de creusements secondaires en surface. Les orages se
développent alors au niveau de ces lignes de convergence.
D’abord sous forme de cellules isolées de forte intensité et grêligènes,
pouvant évoluer en supercellules, les orages tendent ensuite à
s’organiser en systèmes convectifs de méso-échelle pouvant ainsi
parcourir plusieurs centaines de kilomètres, généralement des Pyrénées
au Nord-Est. Typiquement, la convection s’enclenche en cours d’après
midi sur le Sud-Ouest ou le Massif Central, s’organise ensuite en MCS en
soirée avant d’évacuer les frontières du nord-est en cours de nuit.
Les orages y sont les plus violents
car ils sont à la fois favorisés par une forte instabilité (parfois plus
de 2500 J/kg) et un environnement fortement cisaillé (cisaillements
profonds parfois supérieurs à 20 ou 30 m/s, plus de 200 ou 300 m²/s²
d’hélicité 0-3 km).
C’est dans ces situations que l’on rencontre ainsi la majorité des
grêlons géants, des tornades mésocycloniques ou encore une activité
électrique produisant plusieurs dizaines de milliers d’impacts de foudre
en quelques heures. |
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Image satellite infra-rouge du
25/05/2009.
Flux de Sud très dynamique à l’avant
d’un thalweg atlantique et imposants systèmes orageux sur la France. |
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Cette configuration est susceptible de se produire toute l’année, mais
elle se rencontre préférentiellement en saison froide, soit d’Octobre à
Mars. Les traînes sont ainsi responsables de la quasi-totalité de
l’activité orageuse hivernale.
A l’arrière d’un front froid, directement sous l’anomalie basse de
tropopause, les profils se déstabilisent parfois modérément (rarement
plus de 1000 J/kg de CAPE) lorsque les advections froides en altitude
sont importantes (parfois jusqu’à -35 ou -40°C à 500 hPa) et qu’elles se
superposent à des basses couches réchauffées par quelques heures
d’ensoleillement. Il en résulte des grains parfois violents, produisant
généralement des impacts de foudre positifs destructeurs, de fortes
rafales de vent, du grésil ou de la petite grêle ainsi que des tornades
de type B.
Des fronts secondaires pouvant s'organiser en structures type Comma
Cloud par exemple peuvent également prendre naissance entre deux masses
d'air froides. De fortes rafales de vent accompagnent souvent ces
petites structures convectives. |
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Image satellite visible du 20/02/2010
à 14h UTC.
Une traîne active concerne la façade
Ouest du pays dans un flux de nord-ouest.
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►
épisodes méditerranéens |
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Au printemps ou plus fréquemment à l’automne, des gouttes froides
d’altitude « décrochent » vers la péninsule Ibérique. A l’avant, la
dynamique d’altitude devient alors parfois assez intense au dessus du
bassin méditerranéen occidental en même temps que de l’air chaud,
instable et très humide afflue du large vers le littoral. Des systèmes
orageux très peu mobiles et générant d’intenses précipitations se
développent alors et peuvent durer des heures durant, tant que
l’ensemble des éléments nécessaires à leur maintien est réuni. Le relief
joue également un grand rôle dans ces situations, permettant la
formation continuelle, par soulèvement orographique, de nouvelles
cellules orageuses. C’est le cas notamment dans les Cévennes, d’où la
dénomination « épisodes cévenols » lorsque de fortes pluies convectives
mais pas forcément très orageuses touchent ce massif.
Des cumuls de précipitations
supérieurs à 400 mm peuvent alors être enregistrés en moins de 24h dans
de telles configurations mais des orages très actifs, parfois
producteurs de grêle et de tornades peuvent également survenir,
notamment près du littoral. |
Situation du 15/06/2010.
Une goutte froide sur l’Espagne
provoque des remontées instables sur l’ensemble du bassin, à l’Ouest de
la Sardaigne, de la Corse et jusqu’au sud-est de la France.
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Spanish Plume
Cette expression désigne la configuration
synoptique classique des offensives orageuses estivales de grande échelle en
Europe de l'ouest en général, et en France en particulier. On parle de
Spanish Plume lorsque l'air chaud des hauts plateaux espagnols remonte vers
la France dans un flux de sud-ouest piloté par un thalweg approchant lentement
par l'Atlantique. Cette arrivée d'air chaud dans les basses couches de
l'atmosphère s'accompagne typiquement du développement d'un marais barométrique
dépressionnaire voire même du creusement d'une dépression secondaire sur la
France (parfois issue de la dépression thermique espagnole), surplombée par un
courant-jet de sud-ouest en haute troposphère. L'ensemble crée une configuration
propice à des orages organisés et parfois forts, grâce à la conjonction d'une
forte instabilité verticale et de forçages synoptiques nombreux.
Épisode cévenol
Les épisodes cévenols sont des périodes de
plusieurs jours durant lesquels des précipitations abondantes (> 200 mm sur la
période considérée, mais parfois plus de 500 mm) s'abattent sur le relief
cévenol et les zones voisines. Ces précipitations, pas nécessairement à
dominante convective, trouvent leur origine dans un puissant effet orographique
lorsque de l'air chaud et humide est advecté dans les basses couches de
l'atmosphère depuis la mer Méditerranée. Ils se produisent majoritairement à
l'automne ou en hiver et peuvent produire des inondations parfois
catastrophiques.
Épisode convectif
On parle d'épisode convectif pour désigner
une période de temps perturbé dont les manifestations sensibles (fortes averses,
orages,...) sont en majorité liées à un état instable de l'atmosphère.
Épisode méditerranéen
Les épisodes méditerranéens sont des périodes
de plusieurs jours durant lesquels des précipitations abondantes (> 100 mm sur
la période considérée, mais parfois plus de 500 mm très localement) s'abattent
sur une grande partie des régions qui bordent la mer Méditerranée. Ces
précipitations, généralement à dominante convective, sont renforcées par un
puissant effet orographique lorsque de l'air chaud et humide est advecté dans
les basses couches de l'atmosphère depuis la mer Méditerranée et vient se
heurter aux reliefs de ces régions. Les épisodes méditerranéens sont assez
régulièrement précédés ou associés à un épisode cévenol. Ils se produisent
majoritairement à l'automne ou en hiver et peuvent produire des inondations
parfois catastrophiques.
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