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Le Télégramme fait part du phénomène dans son édition du 25 novembre
2006:
Tornade - Les
Trégunois soufflés
Un mois et demi après Le Guilvinec, Trégunc a, à son tour, été frappée par
une mini-tornade hier matin. Les dégâts sont limités, mais ceux qui l’ont
sentie passer s’en souviendront. « Ce dont je me souviendrai le plus,
c’est le bruit terrible. Je rentrais chez moi et je me suis retrouvé
plaqué contre la maison, alors que des feuilles et des branches volaient
dans tous les sens ». Pour cet habitant de Kergunus, un petit hameau
de Trégunc, cette mini-tornade n’aura duré que quelques secondes. Mais des
secondes inoubliables... Dans son jardin, quatre pins n’ont pas résisté à
la bourrasque, abattant une clôture. Quant à son voisin, il s’évertue à
effacer les traces de ce passage ébouriffant. Peupliers au sol, chêne
centenaire déraciné, hangar fortement endommagé... Là aussi, le vent a
fait des dégâts.
Les deux pignons par terre
Il était environ 10h, hier matin, quand ce coup de vent violent et
tourbillonnant s’est abattu sur la commune, le long d’un mince couloir.
Vraisemblablement formé sur la mer, il a causé ses premiers dégâts dans le
secteur de Pendruc, à Penanguer Vihan.
Là, Roger Le Meur n’en revenait toujours pas, deux heures après le passage
de la tornade. Il n’était pourtant pas loin quand le vent est passé sur
deux de ses hangars, l’un abritant du matériel agricole, et l’autre
servant à l’hivernage de caravanes. « Mais je ne pensais pas qu’il
causerait tant de dégâts », dit-il. Et, montrant le pignon d’un des
bâtiments, effondré au sol : « Regardez, le vent est entré par là, et
il est ressorti de l’autre côté, détruisant l’autre pignon ». Sur le
second hangar, une partie de la toiture s’est envolée. Des débris ont été
projetés à plusieurs dizaines de mètres, brisant les vitres de la maison
du propriétaire. Une maison qui a elle aussi souffert.
« Comme un immense ventilateur »
A quelques kilomètres de là, au cœur de Trégunc, c’est un arbre qui s’est
abattu sur le parking d’un supermarché, endommageant deux voitures en
stationnement. A côté, une aubette n’a pas résisté, elle non plus. Au
total, c’est un couloir d’une trentaine de mètres, sur trois ou quatre
kilomètres, qui a ainsi subi cette tornade. Avec, pour tous les témoins,
le souvenir d’un bruit étonnant. « J’étais en train de couper un
arbre, raconte ainsi un Trégunois. Et malgré le bruit de la
tronçonneuse, j’ai tout à coup entendu ce bruit énorme, comme un immense
ventilateur ».
Un phénomène estival... en automne
Au centre régional de Météo-France, à Rennes, on confirme que la
description de ce coup de vent correspond bien à celle d’une tornade. «
C’est un phénomène très complexe et mal connu, qui se développe dans une
atmosphère très instable, explique Bertrand Blaquart. C’est en
général très localisé et imprévisible, mais ce phénomène a le plus souvent
lieu en été, sur des sols chauds ». Alors quid de ces tornades
d’automne, qui n’ont rien à voir avec nos bonnes vieilles tempêtes ? Un
nouveau symptôme du réchauffement climatique ? « Difficile à dire,
note le prévisionniste. On manque de statistiques pour affirmer que ces
phénomènes sont plus nombreux qu’autrefois ». A Trégunc toutefois, on
l’assure : on n’avait jamais vu ça. |