DOSSIER D'ÉTUDE

LA TORNADE DE SOULOSSE-SOUS-SAINT-ÉLOPHE (88) DU 11 FÉVRIER 2007

 

cas documenté par Christophe MERTZ

 

CARTES

 

LOCALISATION GÉOGRAPHIQUE ET TEMPORELLE

 

 

 

La tornade se forme au NO de Brancourt le long du ruisseau Le Vair dont l’eau est aspirée par le tuba. La tornade, parallèlement au cours d’eau dévaste alors le hameau et atteint vraisemblablement son pic d’intensité juste avant de gravir le talus et de traverser St Elophe. Elle perd alors en puissance et s’évanouit vers la route Nationale.

 

     
 

Jour :

11 février 2007

 

Heure UTC :

15h30

 

Communes touchées :

Soulosse-sous-Saint-Elophe

 

Département :

Vosges (88)

 

Altitude :

209 mètres

 

Type de terrain :

rural valonné

     
 

CARACTÉRISTIQUES DU PHÉNOMÈNE

     
 

Intensité :

F 2   soit des vents de 175 à 220 km/h

 

Largeur :

30 m

 

Distance parcourue :

1000 m

 

Dégâts observés :

80 maisons endommagées ou dévastées, arbres arrachés ; 7 blessés

     
 

PHOTO DE LA TORNADE

 

 

 

Un dossier complet d'étude a été réalisé par C. MERTZ sur ce cas.

Ce dossier est accessible sur la page des articles et études sur les tornades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONTEXTE MÉTÉOROLOGIQUE

       

Contexte météorologique :

dans un flux d’Ouest bien établi, les dépressions défilent les unes après les autres sur nos régions. Un vaste système dépressionnaire s’étend sur l’Atlantique, des îles Britanniques au Québec. Le front froid de la dépression centrée sur l’Angleterre balaye le Nord Est de la France en matinée du 11/02, associé à des pluies modérées et un vent parfois soutenu (gradient de pression resserré).

La dépression s’accompagne d’une advection douce à l’avant avec des températures encore positives à 850hPa. Au sol, elles avoisinent les 10°C à 13°C à la faveur d’éclaircies à l’arrière du front. Les Tx sont atteintes en mi-journée (12°C à Nancy Essey, 13°C à Strasbourg).

 Dès lors, une traîne active se met en place et en particulier sur les régions allant de l’Est du bassin parisien à l’Alsace. En effet, de l’air froid en altitude se confronte à des températures douces dans les basses couches. Ce gradient vertical de températures (-26°C à 500hPa, 0°C à 850hPa, 12°C au sol) va être le premier facteur d'instabilité.

 

 

 

 
Autres phénomènes : orages, autres tornades ailleurs en France  

 

TÉMOIGNAGES

 

"Des toitures se sont envolées. Des murs se sont abattus. Des lignes électriques ont été coupées. C'est très spectaculaire"

 

"On était à l'intérieur de la maison et soudain, ma soeur s'est mise à crier: Vite, au sous-sol ! Les vitres ont commencé à exploser et le vent s'est engouffré dans les fenêtres et sous la toiture" 

 

Une voiture garée le long du trottoir n'est plus là : elle se trouve à une dizaine de mètres, contre une haie, dans le jardin de son propriétaire !

 

ARTICLE DE PRESSE

 

La Liberté de l'Est - édition du lundi 14 mai 2007

 

Une tornade s'abat sur Soulosse-sous-Saint-Elophe

 

Un Hameau de la plaine dévasté

 Quatre-vingt maisons touchées, dont certaines dévastées, sept blessés dont deux gravement... Le hameau de Brancourt, sur la commune de Soulosse, aura du mal à se remettre de la tornade aussi subite que dévastatrice qui l'a frappé hier vers 16h. Il a fallu trouver des hébergements en urgence, alors que 2 600 abonnés étaient privés de courant, et que déblayer les routes était nécessaire pour acheminer les secours.

 

Hier peu après 16h, une tornade aussi violente qu'imprévisible a frappé la commune de Soulosse-sous-Saint-Elophe, près de Neufchâteau. Sept personnes ont été blessées, dont deux grièvement. Près de quatre-vingt maisons ont été sérieusement endommagées, dont une cinquantaine dans le hameau de Brancourt tout proche. Au milieu de débris de toitures, les riverains se sont entraidés pour dégager les accès et faciliter le passage des secours. Hier soir, 144 sapeurs pompiers venus de tout le département à bord d'une cinquantaine de véhicules ont commencé à bâcher les toitures arrachées. Les agents d'EDF ont, pour leur part, apporté les premiers groupes électrogènes pour pallier l'absence d'éléctricité. Enfin, les gendarmes de la compagnie de Neufchâteau ont quadrillé le secteur afin de prévenir tout risque de pillage.

 

Sept blessés dont deux graves

 J'étais en train de discuter avec un ami dehors devant ma maison, explique un habitant de Soulosse-sous-Saint-Elophe. "Il était environ 16 h 10, 16 h 15", précise-t-il encore sous le choc.

"On a entendu un grondement. On s'est demandé si c'était un orage qui arrivait. Cela faisait un vacarme ! Puis on a vu les arbres bouger, se plier, devant nous." L'homme âgé de 34 ans assiste alors impuissant à une scène ahurissante : une tornade défile sur son village en passant à une cinquantaine de mètres de lui, ravageant tout sur son passage.

'Cela a duré moins d'une minute, on n'a pas eu le temps de réagir", ajoute-t-il en décrivant le tourbillon de débris passer devant ses yeux. Mais il n'est pas resté longtemps immobile.

"J'ai entendu des cris, des cris d'enfant qui provenaient d'une maison toute proche."

L'homme dont la maison a été miraculeusement épargnée s'est alors précipité pour porter secours aux deux enfants, indemnes mais terrifiés par le passage de la tornade. "Je l'ai ai sortis de chez eux pour les mettre à l'abri chez une de leurs voisines", confie-t-il, presque en s'excusant. D'autres ont eu moins de chance. Hier en fin de journée, le sous-préfet de Neufchâteau, Wassim Kamel, dénombrait sept blessés, dont deux étaient dans un état grave. Tous ont été rapidement transportés à l'hôpital de Neufchâteau par les sapeurs-pompiers.

 

Quatre-vingt maisons endommagées 

"Sur le plan matériel, deux sites ont été touchés ; le hameau de Brancourt et une partie de la commune de Soulosse-sous-saint-Elophe", détaille le sous-préfet, assis avec les responsables des pompiers et des gendarmes autour d'une table dans la mairie de la commune, éclairés à la lueur de quelques bougies.

"Au total, près de quatre-vingt maisons ont été endommagées par cette tornade aussi localisée qu'imprévisible", ajoute-t-il.  

   

Très vite, une soixantaine de sapeurs-pompiers et une quinzaine de gendarmes se sont rendus sur les lieux pour porter secours aux victimes. Mais il a d'abord fallu dégager les accès, encombrés de débris divers, de tuiles, de poteaux électriques et d'arbres couchés sur la chaussée.

Dans le noir total après la tombée de la nuit, les riverains des deux zones concernées ont commencé à évaluer les dégâts.



L'entreprise Tuffigo a eu une bonne partie de sa toiture arrachée par la puissance du vent.

Six entreprises et deux maisons d'habitation de Saint-Évarzec ont été décoiffées par un énorme coup de vent. Il n'a fait que des dégâts matériels.
« J'ai d'abord entendu une grosse averse. C'était tellement bruyant que je me suis approchée de ma porte-fenêtre. Je pensais à la foudre. Et là, j'ai vu des trucs qui volaient dans les airs, à plusieurs mètres du sol. J'étais sidérée, je me serai crue dans un film. » Ce qu'a vu Cathy, hier après-midi, elle n'est pas près de l'oublier. Il est 14 h, quand une mini-tornade s'abat sur la Cornouaille, touchant exclusivement la zone artisanale de Troyalac'h, à Saint-Évarzec, près de Quimper.

Le vent, déchaîné, s'attaque d'abord à l'entreprise Tuffigo, spécialisée dans les automatismes pour bâtiments d'élevage. La toiture de 2 500 m2 est arrachée sur 300 m2. Des dalles du plafond tombent dans l'une des salles de travail. « Heureusement que c'est arrivé un dimanche, confie Jean-Luc Martin, son directeur. En semaine, 35 salariés travaillent à l'intérieur. C'est désolant de voir ça... Heureusement, il n'y a pas eu de victime. »

« Du jamais vu ! »
Très vite, on s'organise. La circulation est déviée. Il faut sécuriser les lieux en coupant l'électricité, en faisant tomber ce qui menace de choir et en empêchant le passage des particuliers. Des salariés sont appelés pour venir prêter main-forte aux pompiers. Ensuite, il faut rassembler dans un coin de l'entrepôt marchandises et machines, puis bâcher le tout. Plusieurs heures de travail en perspective.

À quelques mètres de là, l'entreprise de transport routier Kieffer a aussi souffert de la mini-tornade. Le toit est sérieusement endommagé, ainsi que les portes des garages. Moindre mal pour Actuaplast, spécialisée en matière plastique, pour l'agence Crit Intérim et pour ALT (levage et manutention). En revanche, le Troyalac'h bar n'a pas échappé au sinistre. La toiture du restaurant routier a été complètement arrachée.

La mini-tornade a achevé sa course en s'attaquant à deux maisons d'habitation dont une encore en construction. « Je dormais quand j'ai entendu ce bruit sourd. Après, j'ai vu ce qui volait dans les airs. » Christian Mathieu n'en revient pas lui non plus. Sa voiture a eu la vitre brisée et le capot rayé par un tube de cheminée de ventilation, propulsé par le vent. Sur sa maison, des ardoises ont été emportées. « Même un renfort en acier a été tordu. Du jamais vu ! »

Sentiment partagé par André Guillou, le maire de Saint-Évarzec, dépêché sur les lieux avec son adjoint Pierre Lannurien. « Nous allons faire le tour des entreprises sinistrées. » Les dégâts matériels n'avaient pas été chiffrés, hier soir.

À 17 h, pendant que les pompiers s'affairaient et qu'on déblayait la route, tous n'avaient en tête qu'une pensée : « Heureusement, il n'y a pas eu de victime... »

   
   

LES DÉGÂTS

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* * *

 
 

dernière mise à jour : 10 juin 2007

© 2006-2007 KERAUNOS - Tous droits réservés