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LA TORNADE DU 19 NOVEMBRE
1996 A SEMUSSAC (17) |
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principales
caractéristiques de la tornade |
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● intensité
maximale : EF 2
soit des vents de 175 à 220 km/h
● distance
parcourue : 7 km
●
largeur maximale : 30 m
●
communes touchées : SAINT-GEORGES-DE-DIDONNE (Port, La Tache), SEMUSSAC
(Chênaumoine, Chantovent, Pré-Chardon, Fief du Petit Puits)
●
département :
CHARENTE-MARITIME (17)
●
altitude moyenne du terrain : 10 m
● type
de terrain : zone littorale urbanisée, rural plat, urbain discontinu
plat
● principaux
dégâts :
toitures partiellement ou entièrement arrachées, arbres déracinés ou
cassés net, vitres brisées, cabanon de jardin entièrement transporté sur
une distance de cinquante mètres
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LOCALISATION GEOGRAPHIQUE |
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fond de carte : Géoportail
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►
photographie
des dégâts |
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Cabanon de jardin propulsé à une
cinquantaine de mètres de son emplacement:

crédit photo : (c) Archives
SUD-OUEST
Arbres projetés en tous sens:

crédit photo : (c) Archives
SUD-OUEST
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Témoignage et
observation faits à 800 mètres de la plage de Saint-Georges-de-Didonne le
19 novembre 1996 vers 13h15 locales:
« Vue dégagée vers l’ouest et le sud, en direction de l’estuaire où le
phénomène prît naissance.
La matinée est très arrosée et tempétueuse, mais en ce début d’après midi,
ce sont des roulements de tonnerre lointains qui attirent mon attention.
Je me colle à la fenêtre de la cuisine pour y voir défiler à vive allure
un ciel bouché et tourmenté, mais plus particulièrement menaçant à l’ouest
où j’identifie la source du phénomène orageux. Les bases nuageuses sont
basses, très sombres et masquent les rares éclairs intranuageux aux
roulements étouffés.
Puis, tout se passe très vite, en tout cas, trop vite pour une prise de
conscience réelle. Une protubérance rabaissée prend de l’ampleur depuis la
base nuageuse, et semble plonger vers le sol, mais sans que je puisse
distinguer un quelconque mouvement rotatif.
En quelques secondes, le vent cesse totalement de souffler tandis que cet
entonnoir file du port vers la plage. La forme conique est distincte, mais
très évasée et relativement large même à la base.
Littéralement stupéfié, je vois le large entonnoir aspirer depuis le bas
en tourbillonnant des bribes nuageuses et autres débris dans un fond
sonore très impressionnant de train de marchandise qui passe au loin. Je
ne vois cependant pas de véritables jonctions base-nuage. A vrai dire,
j’ai cru au tonnerre, mais bien trop insistant et monocorde comme son, à
la manière d’un séisme de grande profondeur.
A ce moment là, je sais que j’assiste à une tornade et une angoisse
terrible m’étreint l’espace de quelques secondes : se dirige-t-elle sur
moi ?
Non, ma tornade (ce n’était pas une trombe puisque l'aspiration en surface
n'a débuté qu'en touchant la côte) disparaît de mon champs de vision vers
le SE, dans la forêt de Suzac.
Le temps de reprendre mes esprits, le ciel s’éclaircit et le vent reprend.
J’ai du mal à croire ce que je viens de voir, aussi, je décide de me
rendre sur le front de mer distant d’environ 800m.
La plage Saint-Georgeaise est une grande conche de sable fin de 3 km
orientée nord-sud et encadrée à chaque extrémité de corniches rocheuses.
Je constate ce que je n’osais croire ; des dégâts aussi insolites
qu’incroyables sur un couloir d’une vingtaine, voire une trentaine de
mètres de large.
La tornade a pris naissance au niveau de l’école de voile située près du
port, et les carrelets de pêcheurs en portent les stigmates. L’un d’entre
eux en particulier au ponton renforcé par des armatures métalliques est
littéralement replié à 90° sur lui-même!
Puis ce fut au tour de la crêperie du bord de plage de voir ses vitres
soufflées. Une voiture a même ses vitres explosées ! L’entrée dans la
forêt de pins maritimes est extraordinaire : les arbres sont étêtés et
décapités, mais à dix mètres en hauteur. Bien qu’aucun ne soit tombé, la
vision du "couloir" emprunté est nette.
Un peu plus tard encore, j’apprends le sinistre qui a frappé le
lotissement de Semussac, avec au passage des dégâts signalés au lieu-dit
Chênaumoine, soit dans l’axe ouest–est parcouru par la tornade sur une
distance d’environ 8 km ! »
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| Le
journal "Sud-Ouest"
fait part de l'épisode dans son édition du 21 novembre 1996:
Semussac et Saint Georges-de-Didonne.
Une trentaine de toitures arrachées
Une trentaine de toitures de maisons particulières arrachées, tel est le
premier bilan de la mini-tornade qui s’est déchaînée, mardi à la
mi-journée, sur la côte de Beauté.
Un avis de coup de vent de neuf Beaufort avait été lancé le matin même,
annonçant des rafales de vent de 70 nœuds. Il était conseillé à tous les
navires de la région de rester solidement amarrés à quai. Mais une tornade
plus forte a ravagé, à la mi-journée, les quartiers du port à
Saint-Georges-de-Didonne et plusieurs lotissements de villas de Semussac.
La violence du vent a emporté intégralement une dizaine de toitures
d’immeubles particuliers dans un secteur de Saint-Georges compris entre
les avenues de la mer, de Mecquerie et Cerdan.
De nombreuses glaces ont été cassées dans le bâtiment municipal du Relais
de Côte-de-Beauté. Notamment les vitres de la partie hébergement, du
bureau, du restaurant et de la façade du rez-de-chaussée. Bris de glace
encore aux différents magasins voisins : la Gourmandise et la Crêperie
bretonne, notamment. Les décorations de Noël déjà installées ont également
été emportées par une rafale. Enfin de nombreux arbres du littoral ont été
sectionnés et des branches cassées.
Suivant des couloirs relativement délimités, le vent semble s’être
particulièrement acharné sur plusieurs lotissements de Semussac, en
particulier ceux du Pré-Chardon et du Fief du Petit Puits et de Chantovent.
On a dénombré une vingtaine de toitures totalement ou partiellement
soulevées par les éléments furieux. Les tuiles ont été déplacées parfois
sur des distances étonnantes et plusieurs charpentes ont été gravement
endommagées. La pluie battante qui est tombée une bonne partie de la
journée a, par ailleurs, commis de nombreux dommages aux intérieurs des
domiciles ainsi mis à nu par le vent : certains habitants ont procédé à
des réparations de fortune pour la nuit mais d’autres villas n’ont pu être
recouvertes qu’avec des bâches.
Hier soir, on annonçait un nouveau coup de vent pour la nuit de mardi à
mercredi, d’une intensité de 9 à 10 Beaufort et des rafales de vent de 65
nœuds.
Les sapeurs-pompiers du Pays royannais ont été appelés en de multiples
endroits pour porter secours aux habitants victimes des intempéries mais
on ne déplorait heureusement pas de victimes humaines hier soir. |
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