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"La
Presse de la Manche" évoque le phénomène dans son édition du 10
décembre 2000:
Lundi matin vers 7h30, la commune de
Saint-Rémy-des-Landes a fait les frais d’un phénomène météorologique
assimilable à une tornade très localisée qui a provoqué des dégâts
matériels spectaculaires.
Le jour n’était pas encore levé lorsque le gardien de la colonie de
vacances appartenant à la ville de Carrières-sous-Poissy (Val d’Oise) a
soudain vu trembler le pavillon où il réside. Une petite maison située
dans l’enceinte d’un château désaffecté, qui abritait autrefois un centre
de vacances. Sa fille qui se trouvait avec lui a constaté le même
phénomène, lequel a duré environ une minute.
Une minute durant laquelle ni l’un ni l’autre n’ont vraiment compris ce
qui se passait. Ce n’est qu’ensuite qu’ils ont pu constater les dégâts à
l’extérieur. Dans le parc, des branches cassées jonchaient le sol ici et
là, des arbres avaient été arrachés, et plusieurs fenêtres du château
avaient été soufflées, projetées sur plusieurs dizaines de mètres.
Ailleurs, dans la petite commune, et principalement sur les villages de la
Bergerie et de la Roulanderie, d’autres qu’eux étaient plongés dans la
même perplexité, voire dans une réelle inquiétude, face à une mini
-tornade en provenance de la mer. Un phénomène météorologique qui s’est
montré plutôt dévastateur sur un couloir d’environ 150 mètres de large et
quelques kilomètres de long.
Bizarrement, ni les pompiers ni la gendarmerie ne semblent avoir été
alerté alors que, selon Michèle Brochard, maire de Saint-Rémy-des Landes,
« les dégâts sont spectaculaires ».
D’ailleurs, les dommages ne sont probablement pas encore évalués dans leur
totalité.
L’édile lui-même n’a été avisé que dans l’après-midi de lundi, et ce
qu’elle a pu constater en divers endroits l’a impressionnée.
« Cela s’est produit sur un couloir où plusieurs maisons et
exploitations agricoles ont été touchées. Il y a eu pas mal d’arbres soit
très endommagés, soit abattus par la force du vent, notamment des chênes.
Il y en a un qui est tombé sur le toit d’une maison neuve. Ailleurs, c’est
la cheminée d’une maison qui a été arrachée. Un peu plus loin, dans une
exploitation, des cultures ont souffert et des hangars de tôle se sont
envolés ».
Dans une exploitation maraîchère et d’élevage, des plaques de fibrociment
servant de toiture ont été soufflées sur plusieurs bâtiments, laissant des
installations techniques, telle la laverie de carottes, à ciel ouvert.
Un jeune couple durement touché
Le propriétaire a dû prendre des mesures dès lundi pour que ce soit réparé
sans délai. Sur d’autres bâtisses de pierre, ce sont les tuiles du toit
qui se sont partiellement volatilisées.
Mais c’est sans doute un jeune couple d’éleveurs qui a été le plus
gravement touché semble-t-il. La jeune femme était en train de s’occuper
de ses bêtes dans l’un des bâtiments. Hier, d’après un témoin, « on a
retrouvé de la laine de verre provenant du bâtiment à une dizaine de
kilomètres de là … ».
La jeune femme a d’ailleurs été légèrement blessée et surtout choquée.
Un incident ni banal ni anodin que personne n’avait prévu apparemment.
Selon Météo-France, qui n’a pas enregistré le phénomène, les conditions
étaient cependant tout à fait réunies pour qu’il puisse se produire. Il
s’agirait vraisemblablement d’une « trombe marine » qui survient
lorsque la mer est encore chaude et subit le contrecoup d’une arrivée
d’air froid, ce qui provoque une instabilité. Or lundi matin, une arrivée
de fronts froids secondaires conjointement à la présence de cumulo-nimbus
et d’un temps orageux ont effectivement pu être à l’origine de cet
épiphénomène. Reste à savoir comment les victimes pourront être
indemnisées, et s’il est envisageable ou non qu’il puisse y avoir une
déclaration de catastrophe naturelle, même si elle n’a été que très
localisées.
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