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"La Voix du Nord"
fait part du phénomène dans son édition du 22 décembre 2004:
Grogne. Après la mini tornade, vendredi après-midi, à Nielles-lès-Bléquin,
Jean-Paul Paque «soufflé» par les pompiers
Jean-Paul Paque et son épouse ne sont pas prêts d'oublier la date du
vendredi 17décembre 2004. Ce jour-là, à 15h10, «je me souviens
parfaitement de l'heure», précise-t-il, l'adjoint au maire de
Nielles-lès-Bléquin sort sa voiture du garage pour partir passer le
week-end au marché de Noël à Strasbourg, où des chambres d'hôtel sont
réservées. Mais, avant de prendre la route de l'Alsace, Jean-Paul Paque
revient, à pied, par la rue Lucien-Vidor pour rentrer Onyx, son chien,
dans sa niche. La suite, c'est lui qui la raconte: «Tout à coup, j'ai
entendu un bruit intense, une sorte de mini-tornade est arrivée de l'autre
côté de la rue. En passant sur le toit de la maison de Léonce Ducrocq,
notre voisin d'en face, elle a fait s'envoler les tuiles sur une surface
de deux mètres sur deux. Les tuiles volaient et se sont abattues dans la
rue, sur la voiture neuve de l'aide ménagère qui travaille chez lui»,
ajoute encore le retraité niellois.
Mais, la tornade traverse la rue et s'abat cette fois sur la toiture du
pavillon que Jean-Paul et Jocelyne, son épouse ont fait construire en
1968.
«Comme un mixeur»
«Ça faisait un bruit d'enfer, témoigne Jean-Paul Paque, encore sous
le choc. On aurait dit, comme un mixeur. J'étais pris dedans, je me
suis recroquevillé pour me protéger. Ça me fait penser à une hélice qui
tournait très vite et qui projetait les ardoises dans tous les sens.
Certaines ont atterri sur le tas de bois, à une dizaine de mètres de là».
La tornade poursuit son chemin, passe dans le jardin, arrache toutes les
branches d'un arbre «mais d'un seul côté», précise Jean-Paul Paque,
avant de partir plus loin. Le tout en à peine trente secondes. Ma femme,
était à l'intérieur de la maison, elle est encore traumatisée, ça vibrait
de partout», conclut l'ingénieur à la retraite.
La tornade passée, il faut songer à réparer le toit, surtout que le vent
souffle toujours et que la pluie redouble.
«Appelez un couvreur»
«J'ai téléphoné aux pompiers de Lumbres, explique Jean-Paul. Ces
derniers m'ont demandé d'appeler directement Arras, "parce qu'ils sont
mieux équipés"». Au 18, le centre de traitement des appels pour tout
le département, on répond à Jean-Paul: «Appelez un couvreur». «J'ai été
soufflé.»
Une réponse qui scandalise l'élu niellois, également délégué à la
communauté de communes du pays de Lumbres. «Nous payons de plus en plus
pour les pompiers, indique-t-il. Nous avons à Nielles-lès-Bléquin,
un centre de première intervention (CPI) et des pompiers volontaires. On
passe son temps à les embêter pour qu'ils se forment. On veut le supprimer
pour ne traiter qu'avec Lumbres et Arras. Et voyez, quand on les appelle,
ils nous répondent de nous débrouiller tout seul. On voit ça, à la
télévision, quand ça arrive dans d'autres régions de France, les pompiers
n'interviennent, pas dans le Pas-de-Calais.»
Finalement, deux pompiers volontaires niellois et Léon Stoppe, un retraité
de 68 ans, vont aider Jean-Paul. «Mais surtout, si ma maison n'est pas
inondée aujourd'hui, c'est grâce à Jean-François Ducrocq, le PDG de
Ducrocq TP, insiste Jean-Paul Paque. Il était en costume, il est
venu avec son ouvrier pour m'aider à poser la bâche sur le toit et à
porter des bordures de trottoir pour la maintenir. Ça soufflait tellement
fort que j'ai été emporté par la bâche, prise par le vent. C'était
l'apocalypse.»
«Détresse vitale»
Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS), joint par nos
soins, confirme que, désormais, les sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais
n'interviennent que lorsqu'il «existe une détresse vitale».
C'est-à-dire quand la vie des personnes est en jeu, «Par exemple, nous
n'intervenons sur les nids de guêpes que lorsqu'ils se trouvent à
proximité de la voie publique. Notre service du traitement de l'alerte,
sous les ordres du commandant Degrande, décide de l'opportunité
d'intervenir. Cette mesure a été prise, il y a un an, précise le
porte-parole du SDIS, en même temps que l'appel unique centralisé à
Arras.» Et de conclure: « Nous avons édité une brochure à 20000
exemplaires à destination des élus pour qu'ils relaient l'information dans
le public .» A priori, tous ne l'ont pas eue...
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