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LA TORNADE DU 3 JUILLET 1975 A
MATHA (17) |
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Principales caractéristiques de
la tornade |
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● intensité
maximale : F1
soit des vents de 135 à 175 km/h
● distance
parcourue : 5 à 6 km
●
largeur maximale : 50 mètres
mais peut-être davantage
●
commune traversée : Matha
en CHARENTE
MARITIME (17)
●
altitude moyenne du terrain : 40 m
● type
de terrain : rural plat
● principaux
dégâts : une
personne blessée par une branche d’arbre transformée en projectile, arbres
retournés ou arrachés, toitures endommagées, un poids lourd renversé sur
la route d’Angoulême, une soixantaine de tombes fortement endommagées au
cimetière de Saint-Hérie (pierres tombales descellées), dégâts signalés
sur l’école.
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LOCALISATION GEOGRAPHIQUE |
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TRAJECTOIRE APPROXIMATIVE |
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Cartes d'analyse météorologique |
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ANALYSE DU 3 JUILLET
1975 A 12H TU |
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PRESSION REDUITE
& ISOHYPSES 500 hPa |
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500 hPa :
TEMPERATURES - ISOHYPSES |
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850 hPa :
TEMPERATURES - ISOHYPSES |
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700 hPa :
HUMIDITE - ISOHYPSES |
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Crédit photo : N. BOURGOIN
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● Témoignage de M. Raoul Tirat
recueilli le
7 février 2004
Cône renversé, avec une liaison entre le nuage et la terre. Des objets
assez lourds tournoyaient dans l’air. Des arbres ont été tordus par le
vent. Des cheminées ont été enlevées. La largeur de la bande qui a subi
des dégâts est d’environ 300 mètres sur une longueur d’environ 1500
mètres.
● Témoignage de Nicolas Baluteau
recueilli en mai 2004
J’ai moi-même déjà interrogé le responsable météo de la mairie, qui m’a
donné des détails intéressants, qui correspondent avec mon propre souvenir
et m’ont permis de m’assurer de la fiabilité de ce dernier en opérant
recoupements et vérifications :
Aspect : colonne « fumeuse » gris sombre, large en hauteur mais
rétrécie à la base (« en forme de corne » d’après certains témoins). Il
semble qu’elle ait gardé constamment cet aspect opaque et cette forme.
Largeur : 50 mètres (d’après le responsable météo actuel, qui m’a
emmené sur place à un endroit où il avait un repère précis). D’après lui
et également d’après mon propre souvenir, je pense que ce chiffre à 2-3
mètres près est beaucoup plus proche de la réalité que les 20 m annoncés
par l’article de journal.
Longueur du trajet (toujours d’après témoins) : au moins 1 km 500,
probablement davantage (peut-être 5, 6 km ?). En étudiant un peu le trajet
qu’elle a suivi, je me suis aperçu qu’elle aurait en fait longé tout le
bourg de Matha du sud-ouest au nord puis au nord-est, en évitant tout le
centre ville et les zones vraiment habitées.
D’après son « histoire » racontée par tous les témoins ainsi que ma
connaissance des lieux, j’estimerais sa durée à environ 5 minutes (mais
cela reste très subjectif bien sûr !). Un autre témoin m’a parlé de 10
minutes voire 15 minutes, la chose étant possible car la tornade aurait
été observée jusque dans le lointain, bien au-delà de Matha même.
Elle se serait formée sur Saint-Hérie (quartier de Matha) pendant un très
gros orage, aurait endommagé quelques constructions non habitables
(peut-être un hangar, je ne me souviens plus) avant de se diriger vers le
cimetière, en blessant une personne à vélo par projection d’une grosse
branche (blessé non rapporté par le journal mais qui m’a été rapporté à la
mairie). Un témoin qui se trouvait dans une maison en construction sans
vitre (et avait du se trouver une bonne planque !) aurait vu des planches
de bois soulevées en l’air par le seul vent environnant, au moment où la
tornade passait à proximité. On aurait aussi retrouvé un arbre au sommet
complètement « retourné » comme par une énorme main invisible. Au
cimetière, elle aurait saccagé en enfilade toutes les tombes situées sur
son trajet, projetant des pierres tombales verticales (200-300 kilos ?)
sur les dalles voire en soulevant ces dernières qui se seraient brisées en
retombant et mettant certains cercueils à nu. Le détail des dalles
soulevées m’a été rapportée par mon père et quelques témoins (celles qui
étaient simplement posées sur terre et non scellées ?). L’article du
journal, quant à lui, parle des pierres verticales qui auraient été
descellées et seraient tombées sur les dalles, ce qui pourrait peut-être
avoir été suffisant pour les briser, au moins pour certaines d’entre
elles… En tout cas, je me suis bien rendu compte à quel point ça pouvait
être difficile d’évaluer la force d’une tornade pour la classer et combien
l’échelle de Fujita pouvait être subtile malgré sa simplicité apparente !
On aurait retrouvé dans les champs alentour des morceaux de pierre,
crucifix, pots de fleurs… Puis elle aurait traversé les champs pour passer
devant notre maison (c’est là que je l’ai moi-même vue) en nous raflant au
passage nos deux grosses poubelles de jardin (que l’on a retrouvées à
plusieurs centaines de mètres de là, dans la campagne alentour). Des
témoins auraient vu ainsi de loin la tornade passer devant chez nous. Mon
père m’a dit qu’elle nous aurait endommagé un peu le toit et détruit notre
cheminée (probablement des projectiles). Elle aurait ensuite traversé
encore les champs au-delà de chez nous jusqu’à l’école de Matha où elle
aurait là encore causé des dégâts (matériels uniquement, il ne devait y
avoir personne à l’école ; je n’ai pas plus de détails). Sur la route
d’Angoulême, elle aurait renversé un poids lourd qui avait eu le tort de
se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, puis on l’aurait vue
s’éloigner encore au-delà dans la campagne. Tous les autres dégâts
inévitables (arbres cassés, champs de blé ou autres cultures un peu hautes
aplatis d’après le journal…) auraient permis de la suivre et de
reconstituer son trajet. J’ai l’impression que sa force a dû fluctuer au
cours de son trajet, et que c’est surtout sur la partie sud de Matha
qu’elle aurait été la plus importante.
Heureusement, il semble qu’elle soit ainsi passée essentiellement à des
endroits peu habités (champs, cimetière) ou temporairement déserts
(école). Jamais directement sur une maison d’habitation en tout cas. La
nôtre n’aura été que simplement « frôlée ».
J’ignore enfin si quelqu’un l’a vue se dissiper et à quel endroit cela a
fini par se produire.
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Cyclone sur
Matha : Les tombes dévastées dans le cimetière
Une formation cyclonique de forte puissance a fait de nombreux ravages,
jeudi soir, vers 19 heures, en s’abattant sur la calme cité de Matha
(Charente-Maritime).
Le phénomène qui, dans ses circonvolutions, avait choisi un axe est-ouest,
se déployait en forme de cône noirâtre sur une hauteur de trois cents
mètres environ et sur cinq cents mètres de diamètre. On relève des dégâts
matériels sur un passage d’une largeur de vingt mètres environ. De mémoire
saintongeoise, c’est la première fois qu’un tel phénomène se produit dans
la région et la frayeur qu’il a suscitée rejoint, dans les esprits, les
impressions laissées par la tornade d’il y a six ans, ou la secousse
tellurique de 1972.
A Matha, l’endroit le plus durement touché est sans nul doute le
cimetière. Soixante tombes environ ont été dévastées et les lourdes
pierres tombales verticales, descellées par le souffle du cyclone, se sont
abattues sur les dalles. Avec une telle violence, que, depuis hier, deux
ou trois tombes laissent voir les cercueils qu’elles abritaient.
Par chance, la longue file des coureurs du Tour de France était passée
trois heures plus tôt sur cette route d’Angoulême, où même un poids lourd
a été renversé par la tornade. Cela dit, on ne déplore aucune victime et
sept ou huit maisons seulement ont été endommagées. Des arbres déracinés,
divers objets envolés, des champs de blé et des vignes couchés, complètent
le bilan de cette trombe qui a été suivie par une violente chute de grêle.
Source : La France, édition du 5 juillet 1975 |
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