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Coup de tabac lundi en soirée sur le
Sud-Charente. Le village de chez Soulice à Lachaise a été particulièrement
secoué pendant une minute
Lundi, jour de l'an. « Anne-Marie Rol,
notre voisine était venue nous présenter ses vœux, raconte, encore
très émue, Georgette Renon qui habite le village de chez Soulice à
Lachaise. Il était 17 h 30. La nuit commençait à tomber. Puis on a
entendu l'orage qui approchait. Anne-Marie s'est dépêchée de rentrer. Tout
à coup, le vent s'est mis à souffler très fort ». Georgette Renon se
rappellera le spectacle qui a suivi. Une mini tornade passait sur le
hameau.
Comme une explosion. Tout le village s'est embrasé. Michel Debien, le
compagnon de Georgette, n'en revient pas : « On a entendu comme une
explosion ». Le hangar d'Alban Maillet, 50 mètres plus loin, venait de
s'effondrer. La charpente métallique s'est tordue dans tous les sens, les
tôles se sont envolées. Le matériel agricole était prisonnier de l'amas de
ferraille et de béton.
"Il a fait très noir. La pluie s'est
mise à tomber fortement. Le marronnier en face dans le jardin, s'est
transformé en sapin de Noël. Il était tout illuminé. Les tôles avaient du
atterrir sur les fils électriques. »
Georgette revit la scène : « On était
figé. On ne disait pas un mot. On avait l'impression de revivre 99. Mais
en pire. Les tuiles volaient de partout. La tornade n'a duré qu'une
minute. Une minute à peine. Peut-être trente secondes. Et tout est
redevenu calme."
En danger de mort
De l'autre côté de la rue, les tôles,
comme les projectiles, ont coupé les fers forgés. Au moment de la mini
tornade, la famille de Jean-Michel Poitevineau se trouvait à Barbezieux. «
Les voisins nous ont appelés.
Quand nous sommes arrivés, tout un pan de la toiture avait disparu. Ce
sont les sapeurs-pompiers qui ont posé des bâches pour protéger la maison
». Sapeurs-pompiers de Barbezieux, Segonzac et Archiac qui auront fort
à faire. Heureusement, uniquement pour des biens matériels.
Par
bonheur, à ce moment-là, dans le village qui compte cinq foyers, aucune
personne, aucun animal, ne s'est trouvé à l'extérieur. Ils auraient été en
danger de mort. Joseph Marchive montre la vigne : « Regardez, les tôles
de bardage de mon hangar ont coupé les jeunes ceps. Il y en a jusqu'à cent
mètres ». Sa mère, Denise Marchive, 86 ans, a eu la sagesse de ne pas
sortir : le conduit de cheminée s'est effondré dans le jardin, sur le pas
de la porte.
A quelques centaines de mètres, la maison de Marcel Chataigner, au village
de la Ménarde a été touchée. Surtout au niveau de la toiture.
Trois kilomètres plus loin
A Lagarde sur
le Né, au lieu-dit Chez Rochard, Bernard Chauvin, transporteur, constate
lui aussi les dégâts sur sa maison et celle de son beau-frère : portails,
tuiles, conduits de cheminée ont fait les frais du vent. « Pire encore,
une de mes citernes de transport qui pèse cinq tonnes a été déplacée,
touchant le matériel à côté ».
Dans la ferme avicole voisine de Christian Normandin, ce sont les poulets
qui ont été les victimes. « La couverture des bâtiments s'est envolée,
explique Michèle Normandin, les poulets ont paniqué. Ils se sont
entassés. 80 sont morts étouffés ».
Mardi matin, comme en 99, voisins, famille et amis sont venus donner un
coup de main. Seuls Georgette et Michel étaient encore privés de courant :
« les fils étaient en travers de la route. Les agents EDF ont du les
couper ».
Quant au maire de la commune, Dominique Lefoulon qui est aussi assureur il
était submergé d'appels.
(Sud Ouest Charente, 3 janvier 2007). |