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Le phénomène est repris par le
quotidien
"La Nouvelle République" dans son édition du 30 juillet 2005:
Toitures envolées, maisons
soufflées, arbres déracinés : la tornade de jeudi soir a dévasté toute une
partie de Jars et Ivoy-le-Pré. Hier, les habitants, encore sous le choc,
tentaient de réparer les dégâts.
« On était avec les enfants sur la terrasse et, soudain, le vent s'est
mis à souffler très fort, raconte Fabienne Navarro. On s'est abrité
dans la véranda et on a vu le portique, les chaises, emportés dans une
puissante bourrasque. D'un coup, la véranda a éclaté, le toit de
l'appentis et des pans de murs en briques se sont écroulés sur ma voiture.
Ça a duré dix minutes mais c'était terrible ! » Au 2, rue Sainte-Anne,
à Ivoy-le-Pré, les dégâts sont considérables. Les pompiers ont bâché,
jeudi soir, le toit de la maison de Fabienne, et hier, toute la famille
était à pied d'œuvre pour enlever les briques, les branches et les
morceaux de verre éparpillés sur des mètres à la ronde.
« Une vraie tornade s'est abattue sur la commune et ses proches
alentours », déclare Étienne de Saporta, maire d'Ivoy. « Rien que
pour cette zone, nous avons reçu plus de cent appels, précise Alain
Ygnace, commandant des opérations de secours. Les tuiles – parfois, des
toits entiers – d'une quarantaine de maisons se sont envolées. » La
rue Sainte-Anne est certainement la plus touchée.
« Sur près de 800 m, la route de La Chapelotte a été bouchée par des
arbres brisés et, au total, 500 hectares de forêt ont été détruits. »
Toujours à Ivoy, la bergerie du Moulin-Blanc est dévastée. « Mon
atelier de 120 m2 s'est effondré, explique Christian Bardin,
propriétaire de l'exploitation. Les tôles du hangar – qui abritait
quatre silos à céréales – ont été soufflées. Il y a des morceaux de
ferraille et de poutre partout dans les champs environnants. Le toit de la
salle de traite et de la fromagerie a tout simplement disparu. » Des
destructions qui fragilisent l'avenir de la bergerie : « Toute
l'alimentation que j'avais stockée pour nourrir mes 240 chèvres et
chevrettes a été réduite en poussière… ».
A Jars, des tas de ruines entourent le château de Nancray. « Là, cet
amas de pierres, c'était un hangar, indique Jacky Chuard, agriculteur
qui loue le château et ses dépendances. A l'intérieur, il y avait trois
veaux : deux ont été tués ». Et un tracteur est toujours sous les
décombres. Un deuxième hangar a été détruit et « cette benne a été
poussée par la tornade sur plus de 500 m », raconte Sébastien, l'un
des fils de Jacky.
Hier, les pompiers – grâce aux grandes échelles de Sancerre et Saint-Amand
– ont pu bâcher le toit du château. « La quasi-totalité des tuiles ont
été projetées alentour », continue Sébastien.
A Ivoy-le-Pré, comme à Jars, les voisins, les amis ont tous mis la main à
la pâte pour faciliter le travail des sapeurs-pompiers. « On a constaté
un fort élan de solidarité », précise Étienne de Saporta qui a conduit
le sous-préfet, Philippe Lévesque, sur les lieux du désastre. Malgré
l'ampleur du sinistre et le désarroi des victimes, l'état de catastrophe
naturelle n'est pas déclaré. « Mais vous pouvez déposer un dossier pour
l'obtenir, a indiqué le représentant de l'État au maire. Un
conseil, en revanche : pour les assurances, il vaut mieux – pour être bien
indemnisé – parler de pluie torrentielle plutôt que de grêle ou de vent
violent. »
Un miracle que cette tornade n'a blessé personne.
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