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LA TORNADE DU 23 AOUT 2010 A
HUMBERT (62) |
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►
principales caractéristiques de la
tornade |
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● intensité
maximale : EF 2
soit des vents de 175 à 220 km/h
● distance
parcourue : 4,5 km
●
largeur maximale : 50 m
●
communes traversées : SEMPY (La Bataille), HUMBERT (Le Camp
d'Artois, Les Marnières, Le Mont-Hermel, Fond des Huches, Le Feutel),
SAINT-MICHEL-SOUS-BOIS
●
département : PAS-DE-CALAIS (62)
●
altitude moyenne du terrain : 120 m
● type
de terrain : rural vallonné
● principaux
dégâts :
une toiture d'habitation endommagée à plus de 20%, plusieurs toitures
faiblement endommagées, arbres de taille respectable
déracinés ou cassés net à la base (parfois des bouquets entiers),
grosses branches cassées et envolées, destruction d'un hangar de 200 m² en bois et tôle (ancré dans des fondations en
béton), moissonneuse-batteuse déplacée, engin agricole de plusieurs tonnes retourné, deux
pylônes électriques en béton cassés net, projection de tôles à plus de 500
m de distance, meules de foin (300 à 500 kg/pièce) déplacées ou projetées
à plus de 100 mètres de leur lieu d'origine
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LOCALISATION GEOGRAPHIQUE |
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fond de carte : Géoportail
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►
contexte
météorologique de la nuit du 22 au 23 août 2010 |
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La tornade de Humbert et la
tornade d'Avesnes-lès-Aubert
se sont formées au sein d'une configuration météorologique
dynamique, fortement barocline, caractérisée sur le Nord - Pas de Calais
par la circulation nocturne d'une onde de thêta élevées en basses
couches (langue d'air à la fois chaud et humide près du sol), dans un
rapide flux d'ouest/sud-ouest piloté par un minimum d'altitude
positionné entre Ecosse et Islande. La crête d'onde s'est formée en amont
immédiat d'un front ondulant évoluant en front froid par la Manche. Les
cisaillements de vent associés à ce type de configuration ont été accrus
par le creusement d'une dépression en Manche au même moment (rotation
accentuée des vents de surface au secteur SE sur le Nord - Pas de Calais).
La situation était également dynamique en altitude, grâce notamment à une
forte ondulation du courant-jet (voir ci-contre), induisant une
puissante divergence dans les couches supérieures de l'atmosphère. |
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Le
modèle WRF en résolution 8 km, utilisé
par l'Observatoire en prévision opérationnelle, permet de saisir certaines
composantes essentielles de cette situation propice aux tornades. Les
champs ci-dessous sont issus du run initialisé le 22 août 2010 à 00Z.
Ils présentent la situation telle que prévue par le modèle pour le 23 août
à 00Z (02h locales), soit à l'heure moyenne de formation des tornades d'Avesnes-lès-Aubert
et de Humbert.
Le champ de tourbillon absolu à
500 hPa témoigne d'une configuration se dynamisant sensiblement par la
Manche, avec de fortes advections de tourbillon dans le flux, en
association avec la circulation d'un axe de thalweg relativement resserré.
Dans le même temps, la masse d'air présente sur le nord de la France une
instabilité suffisante pour autoriser une convection profonde (MUCAPE
de 600 J/kg et MULI de -1°K), celle-ci ne devant pas être associée à une
forte production de courants descendants (Downdraft CAPE inférieure à 200
J/kg). Or ces configurations présentant conjointement une instabilité
modérée et une DCAPE limitée ont montré leur capacité à supporter des
développements de tornades, comme cela avait déjà été le cas à Hautmont le
3 août 2008. Dans ces situations, l'élément capital est la présence
conjointe de puissants cisaillements, notamment en basses couches. Le
champ de LCL / SRH 0-1km montre des basses couches à la fois très
humidifiées (niveaux de condensation à moins de 300 mètres du sol) et
fortement cisaillées (puissant noyau de SRH 0-1 km à 300 m²/s² sur le
secteur de Humbert). Ces cisaillements de très basses couches sont doublés
de cisaillements moyens et profonds également sévères (SRH 0-3 km > 400
m²/s² et BRN Shear de 200 m²/s²). On note que l'ensemble de ces éléments
favorables se sont rassemblés simultanément sur le Nord et le Pas-de-Calais entre 00h
et 04h du matin, produisant ainsi une situation fortement propice à la
survenue d'une tornade. |
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L’image radar ci-contre présente
l'organisation des systèmes précipitants, à 03h45 locales, sur le Nord -
Pas de Calais. Elle met en évidence un système orageux multicellulaire
actif sur l’ouest du Pas-de-Calais. En queue de système se distingue
une petite entaille, positionnée sur son flanc sud-est. Ce signal
radar passe au zénith de la région de Humbert à l'heure de la tornade et
indique une possible formation mésocyclonique. On ne peut donc
exclure dans le cas présent que la tornade soit de nature mésocyclonique,
mais cette hypothèse demanderait à être confortée par l'analyse d'une
image de radar à effet Doppler, indisponible à ce jour.
On notera par ailleurs qu'un seul
impact de foudre a été détecté par
Météorage à proximité de la trajectoire
de la tornade (un impact positif à environ 3 km au nord-est de Humbert, à
03h51 locales). |
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►
photographies
des dégâts |
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Une enquête de
terrain a été effectuée par P. MAHIEU et E. WESOLEK, de
l'Observatoire. Elle fait apparaître un couloir de dégâts très net
sur une longueur de plus de 4 kilomètres et une largeur maximale de
50 mètres. Si les dommages aux habitations demeurent faibles, ceux
occasionnés sur la végétation sont en revanche plus spectaculaires.
Dans la trajectoire de la tornade figure également un hangar qui a
été entièrement soufflé. |
HUMBERT - Premiers dégâts visibles
dans un champ de maïs - Déplacement de meules de foin
émanant d'un champ de blé de la
commune de SEMPY - début de convergence (flèches bleues):

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Le Camp d'Artois - Champ
de maïs couché sur une largeur de 50 mètres -
Déplacement de la tornade (flèches
rouges) - Convergence établie (flèches bleues):

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - D 153 - Meules de foin
projetées à plus de 100 mètres de leur lieu d'origine -
Tour en briques et croix de la
Chapelle Saint-Sylvestre brisées et projetées à distance

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Descente du Fond des
Huches - Bouquets d'arbres cassés net à 3 mètres du sol:

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Panorama sur le Fond des
Huches - Tôles transportées à plusieurs centaines de mètres:

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Panorama sur le Fond des
Huches - Arbres étêtés - Déplacement du vortex (flèches rouges):

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Fond des Huches - Tracteur
retourné - Moissonneuse-batteuse déplacée:

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Fond des Huches - Vue
générale d'un hangar dont il ne reste que les fondations -
Convergence des dégâts définie par les
flèches bleues - Projection d'une poutre à l'arrière de son lieu d'origine

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
HUMBERT - Fond des Huches - Tôles
enroulées dans des arbres:

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
SAINT-MICHEL-SOUS-BOIS - Toiture
endommagée:

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents
SAINT-MICHEL-SOUS-BOIS - Grosses
branches cassées - Tornade en fin de vie ne provoquant que des
dégâts diffus et peu significatifs:

crédit photo : (c) MAHIEU-WESOLEK /
KERAUNOS / Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents |
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►
prévision du
phénomène (bulletin KERAUNOS du 22 août à 06hTU) |
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Le bulletin de prévision émis le 22
août à 08h locales indiquait un risque de tornade pour la nuit du 22 au 23
août 2010, sur les régions des frontières du nord et du nord-est de façon
générale, et plus particulièrement sur le Nord - Pas de Calais et les
Ardennes. On peut donc considérer que les tornades de Humbert et d'Avesnes-lès-Aubert
ont été correctement
anticipés.
C'est la seconde fois, depuis le 1er
janvier 2010, que l'Observatoire émettait une prévision de risque tornade
de niveau 3/4.
Extrait du bulletin :
** RISQUE DE NIVEAU 2/4 POUR RAFALES DE
VENT POUVANT DEPASSER 90 KM/H SOUS ORAGE, RISQUE DE TORNADE,
ET PLUS MARGINALEMENT PRECIPITATIONS LOCALEMENT FORTES ET CHUTES DE GRELE
**
[...]
La tête d'onde circulera en début et
milieu de nuit sur le Nord - Pas de Calais et les Ardennes, y générant des
profils modérément instables (MULI < -3°K), très humidifiés (LCL < 300 m
AGL) et sévèrement cisaillés en très basses couches (SRH 0-500 m > 180 m²/s²,
SRH 0-1 km > 250 m²/s²). Les orages susceptibles de se développer au sein
de cette tête d'onde seront par ailleurs
dynamisés par la circulation d'une forte ondulation du courant-jet
(configuration simultanée d'entrée droite et de sortie gauche de
courant-jet). Dès lors, même si le déclenchement d'orages nombreux n'y est
pas certain à cette heure, le potentiel orageux y est significatif et en
mesure de générer de fortes précipitations ainsi que des rafales de vent
supérieures à 90 km/h, l'ensemble étant accompagné d'un risque modéré de tornade, en fin de soirée et début de
nuit notamment. Ce risque de tornade concernera également l'ensemble des
frontières du nord-est.
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Un témoin de SAINT-MICHEL-SOUS-BOIS
nous fait part du phénomène:
"Il devait être environ 4 heures du
matin. Beaucoup de gens du village l'ont entendue arriver. Une personne
âgée de 90 ans n'avait jamais vu cela ici. On a retrouvé des meules de
foin projetées sur la route [à HUMBERT]. Il faut une sacrée force, parce
que ça pèse 300 kg. Et le hangar! Il avait été refait il y a quatre ou
cinq ans; il était en bois et en tôles, et avec des fondations solides en
béton. On voit des traces du passage de la tornade sur des champs de maïs,
plus haut, vers SEMPY. Ensuite elle a pris la direction de SAINT-MICHEL,
et passée derrière l'église, et puis plus rien".
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La Voix du Nord
a rapidement fait part du phénomène dans ses éditions des 23 et 24 août
2010. Ces dernières reprennent les propos de notre communiqué de presse:
Montreuillois : une tornade détruit
un hangar agricole et de nombreux arbres
Ce matin, vers 4 heures, un hangar agricole d'environ 200 m² appartenant à
Jean-Claude Avisse, maire d'Humbert, a été détruit par la tempête qui
souffle sur le Montreuillois.
De nombreux arbres ont été touchés dans un bois situé à proximité, des
ballots de paille (pesant plusieurs centaines de kilos) ont été déplacés,
une moissonneuse-batteuse a été retournée.
Deux poteaux électriques ont été mis à terre [...] privant d'électricité
une centaine d'habitations. Les techniciens d'ERDF sont actuellement sur
place pour rétablir le courant.
Aucun blessé n'est à déplorer.
D'après l'Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents, le
« phénomène tourbillonnaire » a atteint le stade EF 2 (soit des vents
de 175 à 220 km/h). Le couloir de dégâts est estimé à 5 km de long
environ, précise-t-il dans un communiqué. « Cette tornade est la plus
forte ayant touché la France depuis 2008 et la tornade de Hautmont ».
* * *
Montreuillois : Une tornade sème la
pagaille dans le secteur d'Humbert
Un peu plus de deux ans après Hautmont, une nouvelle tornade a frappé
le Nord-Pas de Calais. En rase campagne, cette fois : elle a frôlé le
village d'Humbert (près de Montreuil) dans la nuit de dimanche à lundi. Au
petit matin, les habitants ont découvert stupéfaits les dégâts dans les
champs. Un hangar agricole a volé en morceaux.
« Si elle était passée sur le village, c'est sûr, on aurait eu des morts !
» Jean-Claude Avisse, le maire d'Humbert, n'en revient toujours pas.
Les maisons les plus proches sont situées à moins de 200 mètres. Et là,
sous ses yeux, il ne reste plus rien du hangar agricole de 200 m² où il
rangeait son matériel. Seules ses deux moissonneuses ont résisté, au
milieu de l'amas de tôles et de poutres. Mais la plus ancienne - qui pèse
« entre quatre et cinq tonnes » selon lui - a été littéralement couchée
par le souffle.
Les arbres décapités
Ce spectacle de désolation est l'œuvre d'une tornade, « la plus forte
ayant touché la France depuis 2008 et (celle d') Hautmont », d'après
l'Observatoire français des tornades et des orages violents. Elle s'est
formée dans la nuit de dimanche à lundi vers 3h45 et s'est déplacée sur
plus de trois kilomètres de long, entre Sempy et Saint-Michel-sous-Bois.
Petit miracle : aucune habitation ne se trouvait sur sa trajectoire, alors
que les vents tourbillonnants ont frôlé les 220 km/h, selon les
évaluations.
Les champs alentours en témoignent. La tornade a décapité des dizaines
d'arbres, couché les maïs et joué avec les ballots de paille comme avec de
vulgaires billes. « Un ballot, ça pèse pourtant plusieurs centaines de
kilos, rappelle le maire. Certains ont été déplacés de 300 mètres
et se sont retrouvés dans les champs de betteraves. » Hier, les
riverains étaient nombreux à parcourir la campagne pour découvrir les
dégâts. Dans la nuit, la tornade était passée inaperçue. Mais pas la
tempête, qui s'est déchaînée d'un seul coup. « On a entendu un bruit
sourd pendant environ un quart d'heure, et ensuite il a plu très fort,
témoigne Fabrice, qui habite Saint-Michel-sous-Bois avec sa femme.
C'est seulement quand le jour s'est levé qu'on s'est rendu compte que
l'arbre était tombé... » Un imposant tronc s'est couché à quelques
mètres du mobile home dans lequel ils dormaient, sur le terrain où ils
construisent leur maison. C'est là que la tornade est venue « mourir ».
Panne de courant
Chez leur voisin, c'est le toit du hangar qui s'est envolé. « Les tôles
sont retombées sur mes serres », constate Christophe Treunet. Il a
rapidement songé à une tornade. « Les dégâts sont très localisés, il
n'y a aucune branche ailleurs sur les routes », souligne-t-il.
Le réseau électrique a particulièrement souffert. À côté du hangar de
Jean-Claude Avisse, deux poteaux d'une ligne moyenne tension ont été
pliés. Les agents de GRDF sont intervenus. « J'ai connu pire, mais
c'était dans les Landes, après la tempête de 1999 », confie un
technicien. Hier soir, une centaine d'habitations étaient toujours privées
d'électricité à Humbert et dans les environs.
La région a également été traversée par un coup de vent, hier matin. On ne
déplore que des tuiles arrachées et des arbres déracinés, mais pas de
victimes.
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►
autres
tornades ayant frappé le Nord - Pas de Calais récemment |
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