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La presse locale a fait très rapidement
part de ce phénomène, comme en témoigne ces articles issus de
La Presse de la
Manche du 12 février 2007:
De Tonneville à Equeurdreville
Tout a donc commencé à Tonneville. Une dizaine de maisons ont été
sérieusement endommagées, leurs occupants ayant pour la plupart dû être
relogés (souvent chez des amis ou dans la famille) à titre provisoire. La
tornade a poursuivi sa route du côté de Branville, occasionnant cette fois
assez peu de dégâts. A Vasteville, la RD 37 a été coupée jusqu’à 16
heures, en raison d’un câble électrique se balançant dangereusement au –
dessus de la voie. Les vents se sont abattus à nouveau à Querqueville,
autour de la rue d’Amfreville. Cette fois, c’est une ferme qui a été en
partie emportée.
Mais c’est assurément Equeurdreville–Hainneville
qui a été la plus touchée pour la tornade. Une bonne centaine de véhicules
garés dans le quartier Brécourt ont par exemple été endommagés. Les douze
bâtiments HLM du secteur ont aussi été étêtés, perdant tous un bout de
toiture. Une douzaine de famille ont dû quitter les lieux. A Hainneville,
c’est la Plaine–Mesline qui affronté les vents violents.
Puis la tornade s’est engouffrée dans
le centre du bourg, rue de la Paix (encore une cinquantaine de voitures
abîmées et même déplacées, des toits arrachés), est descendue vers la
Saline, avant de pénétrer dans l’arsenal de Cherbourg, entre la porte de
la Saline et la porte du Redan.
« Sur la base navale, nous avons une
cinquantaine de véhicules endommagés, le toit de laboratoire Lasem s’est
envolé, des vitres sont tombées, un bâtiment de la gendarmerie maritime a
été très endommagé, des clôtures sont couchées ». résume le capitaine de
vaisseau Benoît Copin, commandant de la base navale.
Puis la tornade a fini sa course dans
la mer, disparaissant aussi soudainement qu’elle était apparue.
Des crises de nerfs quartier de
Brécourt
A Equeurdreville, le quartier Brécourt,
qui compte 130 logements, a été l’un des secteurs les plus touchés.
«
Plusieurs personnes ont piqué une crise de nerf ». Hier matin, un peu
avant 10 heures, une bonne partie des habitants du quartier de Brécourt se
sont retrouvés au pied des immeubles et beaucoup n’ont pas pu maîtriser
leurs larmes en voyant leurs voitures cassées, en découvrant que les toits
des immeubles ont tous été endommagés, en s’approchant de grands arbres
déracinés.
C’est probablement ici que les dégâts
ont été les plus importants. Sur le parking, les vitres d’une centaine de
véhicules ont été transpercées par des tuiles ou ont été brisées par le
vent.
Dans les appartements, les fenêtres n’ont pas toujours résisté.
« Quelques
secondes avant le passage de la tornade, ma femme était dans le salon »,
raconte Eric Planque, qui vit depuis de nombreuses années au dernier étage
du bâtiment G.
« Heureusement elle venait de sortir ». Et l’Equeurdrevillais de
montrer tous les impacts provoqués dans la pièce par les vitres qui ont
explosé.
« Ma femme aurait pu être grièvement blessée ». souligne-t-il.
Une fois cette première peur surmontée, le couple devait également trouver
un endroit pour dormir.
Tous les appartements situés au dernier étage de chacun des immeubles ne
peuvent en effet plus être occupés pour l’instant, la toiture n’ayant pas
résisté.
« Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit et que de nouveaux vents
forts provoquent de nouveaux dégâts », commentaient des habitants.
La SA HLM du Cotentin, qui gère les 130 logements sociaux de ce secteur, a
évidemment pris contact avec tous les locataires devant être relogés ». "Dans notre parc, nous avons des chambres libres,
expliquait Fréderic Deloeuvre, le directeur de la SA HLM du Cotentin. Mais finalement, les
personnes concernées ont préféré se réfugier chez des amis ou dans leurs
familles. « Nous allons continuer à être à leurs côtés dans les prochains
jours ». promet Frédéric Deloeuvre. De la même, la société a fait venir un
vigile pour la nuit afin de surveiller notamment les véhicules et les
appartements.
Des entreprises sont attendues dès aujourd’hui pour commencer les
réparations. L’addition promet d’être salée.
A l’ouest de Cherbourg, une tornade
provoque de gros dégâts
Hier matin, une tornade a provoqué
d’importants dégâts dans la Hague, à Querqueville et surtout à
Equeurdreville – Hainneville, endommageant des dizaines de maisons, plus
de deux cents voitures… Par miracle, seules deux personnes ont été
légèrement blessées.
« Pour faire autant de dégâts, il faut des vents soufflant à 170 ou 180
km/h ». Le colonel Jean –Marie Lincheneau, qui a pourtant connu toutes les
grandes tempêtes touchant le Cotentin depuis des années, avoue être étonné
par la puissance de la tornade qui s’est abattue hier matin sur une partie
ouest de la presqu’île.
« Nous avons entendu une grosse averse de grêle,
puis il y a eu quelques secondes de silence absolu… avant que tout
s’envole dans l’appartement » raconte un Equeurdrevillais. Un autre
explique qu’il a vu voler sur plus de 30 mètres une caravane du camping de
la Saline. D’autres encore, à Querqueville, ont aperçu un hangar se
promenant dans les airs !
« Cela n’a pas duré plus d’une minute, mais
c’était apocalyptique », commente une femme, encore sous le coup de
l’émotion plusieurs heures après ce coup de tabac. Le phénomène fut
heureusement très localisé.
« Cet énorme coup de vent, très violent, a été
ressenti sur une bande de 5 kilomètres de long et guère plus de 50 à 150
mètres de large », résume le sous – préfet Raymond Cervelle, à l’issue
d’une réunion de crise organisée dans l’après – midi avec les élus et les
autorités concernées.
Quatre communes ont eu le malheur de se trouver sur la route de cette
tornade : Branville – Hague, Tonneville, Querqueville et surtout
Equeurdreville–Hainneville. Et il y a eu de la casse !
« Une tornade sauteuse »
« C’est une tornade sauteuse, explique
un salarié de la Cogema passionné de ce genre d’événement météorologique.
Elle a fait des bonds successifs entre Tonneville et la mer. Là où elle a
rebondi, les dégâts sont considérables. Mais quelques mètres plus loin, il
n’y a absolument rien ». Effectivement, alors que le camping d’Equeurdreville
a été très sérieusement secoué, tout comme le local de l’antiquaire juste
à côté, le rôtisseur placé quelques mètres plus loin a quant à lui pu
continuer à vendre ses épaules d’agneau !
Compte tenu de la violence et de la soudaineté du phénomène, c’est un
miracle que le bilan humain ne soit pas plus lourd. Il n’y avait
heureusement personne sous tous ces toits qui se sont affaissés. Il n’y
avait pas davantage de monde à proximité de toutes ces vitres qui ont volé
en éclats. A plusieurs reprises, on est sûrement passé à côté de drames !
Finalement, seuls deux résidents du camping de la Saline ont été
transportées à l’hôpital Pasteur, sous le choc. L’un d’eux est ressorti
dès le début de l’après–midi, l’autre étant toujours en observation dans
la soirée, pour des traumatismes au thorax et à la face.
Les sapeurs–pompiers n’ont cependant pas chômé.
« Nous avons dû faire
venir des renforts de tout le département » explique le colonel Lincheneau.
Pas moins de cent sapeurs–pompiers et une cinquantaine de marins pompiers
sont intervenus toute la journée pour sécuriser les lieux les plus
touchés, pour poser des bâches sur les toitures.. Les équipes d’astreinte
d’EDF ont également reçu des renforts pour intervenir sur un réseau
évidemment fragilisé par ces violentes rafales.
4 000 familles privées d’électricité
Au cours de la journée d’hier, EDF a
constaté que 4 000 de ses clients étaient privés d’électricité. En fait,
les premières pannes se sont déclarées à partir de 5 heures du matin quand
le vent a commencer à souffler, surtout dans la Hague. Evidemment, la
tornade a aggravé la situation et EDF a enregistré cinq pannes sur le
réseau intercommunal moyenne tension et de nombreuses pannes sur le réseau
de basse tension qui distribue localement les habitations.
Au cours de la journée, les vingt-deux agents mobilisés, soit le double de
l’effectif de garde le dimanche, soutenus par une entreprise
d’électricité, ont réussi à rétablir le courant chez la plupart des
clients. A 19h30, hier soir, il en restait encore 500 privés
d’électricité. EDF espérait dépanner la plupart d’entre eux dans la
soirée.
Querqueville : une ferme en partie détruite
La ferme des Maresquiers a subi, elle
aussi, des dégâts considérables. La ferme des Maresquiers, situé rue d’Amfreville
à Querqueville, a été partiellement détruite. La toiture de l’habitation
préncipale s’est envolée et les violentes averses ont pu s’abattre à
l’intérieur, inondant tout. Des meubles ont bougé, des bibelots ont été
fracassés et des cadres ont été arrachés. Pour donner une idée de la
violence du vent, un billard français au poids considérable a même été
déplacé par la tornade et le marbre est éclaté.
A l’extérieur, les véhicules, remorques, bateau, tracteur ont été déplacés
sur plusieurs dizaines de mètres et se sont imbriqués sous un grand chêne
déraciné. Les dépendances ont également été frappées de plein fouet. Un
hangar s’est envolé et des tôles de la toiture auraient été retrouvées….au
Bigard !
Toutes les voies d’accès à la propriété étaient encombrées par des arbres
déracinés, couchés sur la chaussée. Albert Lefèbvre et Michel Magne, tous
deux maires adjoints de la commune, se sont rendus sur place. Ils ont
promis de contacter ce lundi l’Office HLM pour reloger provisoirement les
occupants sinistrés. Par ailleurs, un élan de solidarité a mis un peu de
baume au cœur des propriétaires. M. Mme Himen. Tous les membres de leurs
familles mais aussi des particuliers de Sainte - Croix – Hague ont
immédiatement accouru pour les aider à rétablir les accès, remettre
quelques tuiles et installer des bâches provisoires.
« C’est effrayant ! »
Mme Himen est la propriétaire de la ferme des Maresquiers, sérieusement
touchée par la tornade. Son témoignage est édifiant :
« Toute la nuit, la tempête a fait rage. La pluie tombait à verse et les
éclairs étaient nombreux. Ce matin, vers 9 h 15 environ, le ciel est
devenu sombre, puis tout noir. Un grondement sourd au début puis tournant
à l’aigu m’a inquiété car jamais je n’avais entendu çà. C’est effrayant.
Dehors, il faisait toujours très sombre et tout volait, même les objets
les plus lourds. Barricadés dans la maison, nous avions peur. Nous nous
sommes tous abrités derrière le canapé serré dans l’endroit qui nous
semblait le moins exposé. La lumière a clignoté puis s’est éteinte. La
tornade nous est passée dessus et cela n’a duré que quelques minutes,
paraît-il. Mais pour nous, cela a duré un siècle. Tout bougeait, tout
tremblait, le grondement sourd persistait, c’était effrayant. Nous avons
cru que la maison allait s’effondrer sur nous. La chambre de mon fils
Alexandre, située au deuxième étage, a été carrément soufflée. Des poutres
se sont effondrées et je tremble encore quand je pense à ce qui aurait pu
lui arriver s’il avait été là. Je ne souhaite à personne de vivre ce que
nous avons vécu ce matin ! ».
Du vent violent et des averses attendus aujourd’hui
Pour ne rien arranger Météo France a diffusé hier un bulletin de vigilance
orange annonçant un violent coup de vent. Il devait frapper la
Basse-Normandie au cours de la nuit dernières vers 4 heures. Jusqu’à ce
soir, un vent fort de sud-ouest de 110 à 130 km/h en rafales doit souffler
sur la côte et de 90 à 110 km/h dans les terres. De violentes averses
accompagneront ces rafales ainsi que des vents tourbillonnants. Cette
tempête frappera le Nord Cotentin dans des conditions un peu
particulières. La tornade a hier endommagé de nombreux toits et des
voitures qu’il sera difficile de protéger aujourd’hui sous la pluie et le
vent. Le travail des couvreurs sera rendu particulièrement difficile et
l’on craint évidemment que le vent emporte les bâches de protection et
achève de détruire les toitures fragilisées.
Un hangar et des toits s’envolent à Tonneville
La tornade a balayé le Val – Avril à
Tonneville et endommagé sur son passage les toitures de sept maisons ainsi
qu’un hangar qui a volé à 200 mètres
« Je dormais. J’ai senti que tout vibrait. J’ai eu le temps d’attraper mon
copain Jérémy qui dormait par terre sous le Velux et la vitre a explosé.
On s’est caché sous les couvertures. J’ai vu des tuiles voler à travers la
pièce. Et puis la cloison de la chambre est partie d’un coup ». La chambre
de Kilian, 18 ans, est dévastée, jonchée de morceaux de verre, de tuiles,
et inondée par la pluie. Même la moquette s’est soulevée sous l’effet du
vent. Heureusement, ni lui, ni Jérémy n’ont été blessés. Sa mère, Barbara Lequertier, dormait elle aussi quand la tornade est passée sur la maison.
« On a été réveillé par le vent qui s’est engouffré sous le toit et dans
les chambres ». En quelques minutes, une grande partie de sa toiture s’est
envolée et les pare-brise de sa voiture ont volé en éclat.
« On se sent tellement, impuissant. C’était tellement violent et tellement
rapide ! » expliquait hier midi, Barbara visiblement choquée.
Des arbres au milieu du salon
Le colonel Jean–Marie Lincheneau, qui a
commandé l’intervention des pompiers confirme la violence du vent.
« Dans
certaines maisons, nous avons retrouvé des arbres au milieu du salon ». «
Un hangar a volé sur 200 mètres. Il est passé au-dessus de plusieurs
maisons. C’était phénoménal ! »
Barbara a reçu le soutien de nombreux amis qui ont tenté de replacer des
tuiles avant la nuit. Mais sans électricité et sans toit, elle se
demandait si elle pourrait dormir chez elle au cours des prochains jour.
Trois autres familles du Val – Avril étaient dans son cas hier soir et ont
été accueillies chez des proches. Au total, les toitures de sept maisons
qui se trouvaient sur le passage de la tornade ont été endommagées, dans
la commune. Des arbres sont tombés, le bardage d’un hangar a été arrêté
par une haie après donc une course folle de 200 mètres ; les lignes
électriques ont été arrachées, pendant lamentablement sur la route.
La tornade, une furie tombée du ciel
La tornade (si c’est bien une tornade
qui est passée hier sur le Cotentin) est le phénomène météorologique le
plus violent, destructeur et sournois qui existe. C’est une toute petite
tempête qui concentre énormément d’énergie et détruit tout sur son
passage. La ligne de démarcation entre la zone dévastée et la zone voisine
est très nette. La tornade se caractérise par sa soudaineté, sa brièveté
et sa violence. Elle est toujours accompagnée, comme c’était le cas hier,
d’un orage violent, précédée de pluie et souvent de grêle et ordinairement
suivie de fortes averses. Les tornades sont fréquentes dans certaines
régions du monde comme aux Etats-Unis, mais plutôt rares en France. Leur
diamètre est en moyenne d’une centaine de mètres et d’une longueur moyenne
de 10 kilomètres. En général, elle se déplace du sud – est vers le nord –
ouest comme c’était aussi le cas hier à Equeurdreville. Les dégâts qu’elle
provoque sont dû à l’effet combiné de la vitesse incroyablement élevée du
vent et de la pression centrale extrêmement basse. Les pires dégâts
viennent surtout des débris qui sont transportés à la vitesse d’un
missile. La chute brusque de pression associée au passage d’une tornade
crée une énorme différence de pression entre l’extérieur et l’intérieur
des bâtiments qui peut entraîner une véritable explosion des bâtiments,
des portes, des vitres. Sur l’échelle de Fujita qui détermine l’intensité
des tornades, on peut considérer que celle qui est passée sur
Equeurdreville hier, si c’en est une, est une F1 (moyen, vents de 116 à
179 km/h ou une F2 (fort vents de 180 à 251 km/h). |