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LA TORNADE DU 11 FÉVRIER 2007 A ÉQUEURDREVILLE-HAINNEVILLE (50)

 

Une tornade d'intensité modérée s'est abattue sur l'agglomération de Cherbourg-Octeville, à 8h30 TU, le 11 février 2007. La commune d'ÉQUEURDREVILLE-HAINNEVILLE a été la plus touchée. Le phénomène, qui a été vu, a été assez fortement médiatisé. Il fait partie des trois cas (dont deux EF2) qui ont frappé la France le même jour.

 

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  principales caractéristiques de la tornade

 

intensité maximale :  EF 2 soit des vents de 175 à 220 km/h

distance parcourue : 10 km

largeur maximale : 150 mètres (distance maximale observée à Equeurdreville)

 

communes traversées : SAINTE-CROIX-HAGUE (La Heuzellerie), QUERQUEVILLE (Les Maresquiers), TONNEVILLE (Val-d'Avril), EQUEURDREVILLE-HAINNEVILLE (plaine Mesline, Brécourt, Les Couplets, La Saline), CHERBOURG-OCTEVILLE (arsenal)

MANCHE (50)

altitude moyenne du terrain : 60 m

type de terrain : rural vallonné, semi-urbain

 

principaux dégâts : caravanes retournées ou déplacées sur plusieurs mètres, arbres (feuillus et résineux) déracinés ou troncs cassés net, toitures arrachées, mobil-homes retournés ou quasiment détruits, très nombreux projectiles (branches, tôles, bardages, tuiles) encastrés dans diverses infrastructures

LOCALISATION GEOGRAPHIQUE

 

 

  parcours de la tornade

 

fond de carte : Géoportail

 

 

  cartes d'analyse météorologique
Š

 

ANALYSE DU 29 MARS 2010 A 18H TU

     

FRONTS - ISOBARES

 

850 hPa : THETA

 
     

500 hPa : TEMPERATURES - ISOHYPSES

 

300 hPa : VENT - DIVERGENCE

 

 

 

  photographies des dégâts

 

 

Les clichés suivants, tirés de la presse, montrent l'ampleur des dégâts: 

 

Caravanes retournées, déportées et envolées sur plusieurs mètres:

 

Arbres déracinés ou cassés net:

 

 

Véhicules et tracteurs déplacés ou retournés:

 

Toitures arrachées:

 

Tôle projetée sur un pylône (gauche)         -                   Mobil-home retourné (droite)

 

 

 

  témoignages

 

Les témoignages suivants ont été recueillis par La Manche Libre dans son édition du 17 février 2007:

 

« La fin du monde … »

Joseph Guérard, un habitant de la rue du Val d’Avril, à Tonneville, témoigne : "Ma femme et moi sommes descendus dans notre cave. Il y avait un bruit terrible. La porte, la fenêtre, les murs…Tout bougeait et ma femme a cru que c’était la fin du monde. Pour moi, tout ceci a duré environ 5 minutes. Finalement nous avons eu beaucoup de chance. A part les arbres de notre jardin qui sont arrachés et le faîtage de notre toiture, nous n’avons pas beaucoup de dommages à déclarer. Surtout, pas de blessés, c’est çà le plus important et je vous promets qu’il aurait pu y en avoir avec tout ce qui volait..."

« beaucoup de chance »

S
elon le Lieutenant-colonel Lincheay : "Nous avons eu beaucoup de chance qu’il n’y ait eu que deux blessés légers car la violence des vents à littéralement soulevé les caravanes du camping jusqu’à en faire passer l’une par dessus l’autre. Cet événement a heureusement eu lieu un jour de faible affluence dans les rues. Si tel n’avait pas été le cas le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. La situation de l’antiquaire nous inquiète car une partie de son toit n’est plus là et étant donné l’âge du bâtiment, celui-ci risque de s’effondrer par la suite. Depuis les faits, les différentes équipes de secours ont sécurisé les voies, couper les arbres".

                                                         
L’après - tempête : les premiers témoignages

La tornade qui a frappé Equeurdreville – Hainneville a fait des dégâts matérielles et des soucis, au niveau logement humain. En cette journée du mardi 13 février, les gens pansent leurs plaies et les premiers assureurs et experts commencent leur parcours qui ne s’annoncent pas de tout repos.

En témoignage ce jeune homme dont la caravane de ses parents a été très abîmée.

* M Guyot, comment avez-vous appris la nouvelle de cette tornade ?

Une personne du camping m’a appelé juste après et je suis parti le plus vite possible afin de voir si cela s’était réellement passé. Quand j’ai commencé à voir les pompiers, j’ai eu très peur.

* Qu’avez-vous fait une fois arrivé sur place ?

Je me suis rendu tout de suite dans ma caravane et je n’ai pu constater les nombreux dégâts mais comparé à mes voisins, j’ai eu de la chance car certaines caravanes été couchées. Ensuite j’ai appelé mes parents qui étaient en vacances au Maroc afin de les prévenir de la situation et de les rassurer sur le fait que je n’avais pas été blessé.

* Ensuite, qu’avez-vous fait ?

Je suis parti discuter avec mes voisins et voir l’étendue des dégâts. L’après-midi je suis allé travailler à l’arsenal. J’avais dans mon esprit des visions apocalyptique. Cette personne a eu de la chance car selon l’avis de son assureur qui était sur les lieux, la caravane est réparable ce qui n’est pas le cas de la plupart des occupants du camping de la Saline.

Michèle, la miraculée de la Saline

Une bonne étoile veille sur cette Equeurdrevillaise de 51 ans victime de la mini–tornade. Dans la tourmente, son mobile-home et sa voiture ont été détruits. Elle s’en tire avec une belle frayeur et une blessure au pied.

Sept points de suture au pied. Michèle, 51 ans, résidente depuis avril 2005 du camping de la Saline est, ce qu’ont peut appeler, une miraculée. Vingt – quatre heures seulement après la mini – tornade qui a ravagé l’Ouest de Cherbourg et détruit son mobile-home et sa voiture, elle relate avec émotion comment cette matinée dominicale s’est en quelques minutes transformées en cauchemar absolu.

Elle raconte : « Je venais à peine de me réveiller. Il était 9 h 20. J’ai entendu le vent monter. Mon mobile-home a alors commencé à trembler, à bouger. Je me suis positionnée devant la porte, je m’agrippais aux montants. J’avais peur… » La quinquagénaire était charriée par un courant d’air super puissant qui arrachait tout sur son passage. « Et puis tout d’un coup, un mouvement d’une violence inouïe. Le mobile-home s’est couché. Je suis passée au travers de la porte vitrée et me suis retrouvée, je ne sais comment, sous la terrasse en bois ». La résidente ne devait finalement son salut qu’à sa voiture. « Sous le choc, elle a complètement été écrasée. Je n’avais que quelques centimètres de vide au-dessus de ma tête. Dans ces cas-là, on se pose pleins de questions… ». Après quelques minutes, la quinquagénaire reprend ses esprits et parvient finalement à s’extirper de son piège d’acier. « Je ne pensais plus qu’à une seule chose : soigner mon pied entaillé ». Michèle est allée demander de l’aide chez quelques voisins, sans regarder ce qui l’entourait. Droit devant….Quelqu’un m’a ouvert et m’a immédiatement conduit à l’hôpital Pasteur. Ce n’est que vers midi, au sortir des urgences de l’hôpital que j’ai pu réellement me rendre compte de l’étendue des dégâts. J’ai remercié Dieu d’être vivante ».

Hier matin, entourée de sa fille venue de Paris, Michèle ne pouvait que contempler le funeste spectacle en attendant le passage des experts. « J’espère que l’état de catastrophe naturelle sera vite reconnu. J’ai tout perdu dans cette tempête".

Le contre–la–montre de l’antiquaire

L’antiquaire de la Saline a été touché de plein fouet par la tornade. Hier, le propriétaire et ses employés ont procédé à l’évacuation des meubles, le bâtiment menaçant de s’effondrer.

Bernard Garbe est désabusé. Depuis dimanche matin, l’antiquaire de la Saline se bat lui aussi pour sauver tout ce qui peut encore l’être. Mais à une plus grande échelle. Avec quelques amis, il évacue les meubles et objets d’arts stockés dans son entrepôt et multiplie les allers et venues. Dans l’urgence. « Le pignon est fissuré. La toiture est éventrée et menace de s’effondrer. On a rafistolé avec les moyens du bord, pour nous permettre de déménager au mieux les meubles », explique le propriétaire qui a toutefois été étonné de devoir mettre lui-même en sécurité son bâtiment de 360 m². « On a dégotté quelques étais et sanglé les poutres métalliques qui posaient problèmes. Mais il va falloir faire très vite. Le plafond de l’atelier commence à se gorger d’eau. Et il nous reste encore beaucoup à faire »…).

 

 

  coupures de presse

 

La presse locale a fait très rapidement part de ce phénomène, comme en témoigne ces articles issus de La Presse de la Manche du 12 février 2007:

 

De Tonneville à Equeurdreville


Tout a donc commencé à Tonneville. Une dizaine de maisons ont été sérieusement endommagées, leurs occupants ayant pour la plupart dû être relogés (souvent chez des amis ou dans la famille) à titre provisoire. La tornade a poursuivi sa route du côté de Branville, occasionnant cette fois assez peu de dégâts. A Vasteville, la RD 37 a été coupée jusqu’à 16 heures, en raison d’un câble électrique se balançant dangereusement au – dessus de la voie. Les vents se sont abattus à nouveau à Querqueville, autour de la rue d’Amfreville. Cette fois, c’est une ferme qui a été en partie emportée.
 

Mais c’est assurément Equeurdreville–Hainneville qui a été la plus touchée pour la tornade. Une bonne centaine de véhicules garés dans le quartier Brécourt ont par exemple été endommagés. Les douze bâtiments HLM du secteur ont aussi été étêtés, perdant tous un bout de toiture. Une douzaine de famille ont dû quitter les lieux. A Hainneville, c’est la Plaine–Mesline qui affronté les vents violents.

 

Puis la tornade s’est engouffrée dans le centre du bourg, rue de la Paix (encore une cinquantaine de voitures abîmées et même déplacées, des toits arrachés), est descendue vers la Saline, avant de pénétrer dans l’arsenal de Cherbourg, entre la porte de la Saline et la porte du Redan. « Sur la base navale, nous avons une cinquantaine de véhicules endommagés, le toit de laboratoire Lasem s’est envolé, des vitres sont tombées, un bâtiment de la gendarmerie maritime a été très endommagé, des clôtures sont couchées ». résume le capitaine de vaisseau Benoît Copin, commandant de la base navale.
 

Puis la tornade a fini sa course dans la mer, disparaissant aussi soudainement qu’elle était apparue.
 

Des crises de nerfs quartier de Brécourt
 

A Equeurdreville, le quartier Brécourt, qui compte 130 logements, a été l’un des secteurs les plus touchés. « Plusieurs personnes ont piqué une crise de nerf ». Hier matin, un peu avant 10 heures, une bonne partie des habitants du quartier de Brécourt se sont retrouvés au pied des immeubles et beaucoup n’ont pas pu maîtriser leurs larmes en voyant leurs voitures cassées, en découvrant que les toits des immeubles ont tous été endommagés, en s’approchant de grands arbres déracinés.

C’est probablement ici que les dégâts ont été les plus importants. Sur le parking, les vitres d’une centaine de véhicules ont été transpercées par des tuiles ou ont été brisées par le vent.
Dans les appartements, les fenêtres n’ont pas toujours résisté. « Quelques secondes avant le passage de la tornade, ma femme était dans le salon », raconte Eric Planque, qui vit depuis de nombreuses années au dernier étage du bâtiment G. « Heureusement elle venait de sortir ». Et l’Equeurdrevillais de montrer tous les impacts provoqués dans la pièce par les vitres qui ont explosé. « Ma femme aurait pu être grièvement blessée ». souligne-t-il.
Une fois cette première peur surmontée, le couple devait également trouver un endroit pour dormir. Tous les appartements situés au dernier étage de chacun des immeubles ne peuvent en effet plus être occupés pour l’instant, la toiture n’ayant pas résisté. « Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit et que de nouveaux vents forts provoquent de nouveaux dégâts », commentaient des habitants. La SA HLM du Cotentin, qui gère les 130 logements sociaux de ce secteur, a évidemment pris contact avec tous les locataires devant être relogés ». "Dans notre parc, nous avons des chambres libres, expliquait Fréderic Deloeuvre, le directeur de la SA HLM du Cotentin. Mais finalement, les personnes concernées ont préféré se réfugier chez des amis ou dans leurs familles. « Nous allons continuer à être à leurs côtés dans les prochains jours ». promet Frédéric Deloeuvre. De la même, la société a fait venir un vigile pour la nuit afin de surveiller notamment les véhicules et les appartements.
Des entreprises sont attendues dès aujourd’hui pour commencer les réparations. L’addition promet d’être salée.
 

A l’ouest de Cherbourg, une tornade provoque de gros dégâts
 

Hier matin, une tornade a provoqué d’importants dégâts dans la Hague, à Querqueville et surtout à Equeurdreville – Hainneville, endommageant des dizaines de maisons, plus de deux cents voitures… Par miracle, seules deux personnes ont été légèrement blessées.
« Pour faire autant de dégâts, il faut des vents soufflant à 170 ou 180 km/h ».
Le colonel Jean –Marie Lincheneau, qui a pourtant connu toutes les grandes tempêtes touchant le Cotentin depuis des années, avoue être étonné par la puissance de la tornade qui s’est abattue hier matin sur une partie ouest de la presqu’île. « Nous avons entendu une grosse averse de grêle, puis il y a eu quelques secondes de silence absolu… avant que tout s’envole dans l’appartement » raconte un Equeurdrevillais. Un autre explique qu’il a vu voler sur plus de 30 mètres une caravane du camping de la Saline. D’autres encore, à Querqueville, ont aperçu un hangar se promenant dans les airs ! « Cela n’a pas duré plus d’une minute, mais c’était apocalyptique », commente une femme, encore sous le coup de l’émotion plusieurs heures après ce coup de tabac. Le phénomène fut heureusement très localisé. « Cet énorme coup de vent, très violent, a été ressenti sur une bande de 5 kilomètres de long et guère plus de 50 à 150 mètres de large », résume le sous – préfet Raymond Cervelle, à l’issue d’une réunion de crise organisée dans l’après – midi avec les élus et les autorités concernées.
Quatre communes ont eu le malheur de se trouver sur la route de cette tornade : Branville – Hague, Tonneville, Querqueville et surtout Equeurdreville–Hainneville. Et il y a eu de la casse !
 

« Une tornade sauteuse »
 

« C’est une tornade sauteuse, explique un salarié de la Cogema passionné de ce genre d’événement météorologique. Elle a fait des bonds successifs entre Tonneville et la mer. Là où elle a rebondi, les dégâts sont considérables. Mais quelques mètres plus loin, il n’y a absolument rien ». Effectivement, alors que le camping d’Equeurdreville a été très sérieusement secoué, tout comme le local de l’antiquaire juste à côté, le rôtisseur placé quelques mètres plus loin a quant à lui pu continuer à vendre ses épaules d’agneau !
Compte tenu de la violence et de la soudaineté du phénomène, c’est un miracle que le bilan humain ne soit pas plus lourd. Il n’y avait heureusement personne sous tous ces toits qui se sont affaissés. Il n’y avait pas davantage de monde à proximité de toutes ces vitres qui ont volé en éclats. A plusieurs reprises, on est sûrement passé à côté de drames !
Finalement, seuls deux résidents du camping de la Saline ont été transportées à l’hôpital Pasteur, sous le choc. L’un d’eux est ressorti dès le début de l’après–midi, l’autre étant toujours en observation dans la soirée, pour des traumatismes au thorax et à la face.
Les sapeurs–pompiers n’ont cependant pas chômé. « Nous avons dû faire venir des renforts de tout le département » explique le colonel Lincheneau. Pas moins de cent sapeurs–pompiers et une cinquantaine de marins pompiers sont intervenus toute la journée pour sécuriser les lieux les plus touchés, pour poser des bâches sur les toitures.. Les équipes d’astreinte d’EDF ont également reçu des renforts pour intervenir sur un réseau évidemment fragilisé par ces violentes rafales.


4 000 familles privées d’électricité
 

Au cours de la journée d’hier, EDF a constaté que 4 000 de ses clients étaient privés d’électricité. En fait, les premières pannes se sont déclarées à partir de 5 heures du matin quand le vent a commencer à souffler, surtout dans la Hague. Evidemment, la tornade a aggravé la situation et EDF a enregistré cinq pannes sur le réseau intercommunal moyenne tension et de nombreuses pannes sur le réseau de basse tension qui distribue localement les habitations.
Au cours de la journée, les vingt-deux agents mobilisés, soit le double de l’effectif de garde le dimanche, soutenus par une entreprise d’électricité, ont réussi à rétablir le courant chez la plupart des clients. A 19h30, hier soir, il en restait encore 500 privés d’électricité. EDF espérait dépanner la plupart d’entre eux dans la soirée.

Querqueville : une ferme en partie détruite
 

La ferme des Maresquiers a subi, elle aussi, des dégâts considérables. La ferme des Maresquiers, situé rue d’Amfreville à Querqueville, a été partiellement détruite. La toiture de l’habitation préncipale s’est envolée et les violentes averses ont pu s’abattre à l’intérieur, inondant tout. Des meubles ont bougé, des bibelots ont été fracassés et des cadres ont été arrachés. Pour donner une idée de la violence du vent, un billard français au poids considérable a même été déplacé par la tornade et le marbre est éclaté.
A l’extérieur, les véhicules, remorques, bateau, tracteur ont été déplacés sur plusieurs dizaines de mètres et se sont imbriqués sous un grand chêne déraciné. Les dépendances ont également été frappées de plein fouet. Un hangar s’est envolé et des tôles de la toiture auraient été retrouvées….au Bigard !
Toutes les voies d’accès à la propriété étaient encombrées par des arbres déracinés, couchés sur la chaussée. Albert Lefèbvre et Michel Magne, tous deux maires adjoints de la commune, se sont rendus sur place. Ils ont promis de contacter ce lundi l’Office HLM pour reloger provisoirement les occupants sinistrés. Par ailleurs, un élan de solidarité a mis un peu de baume au cœur des propriétaires. M. Mme Himen. Tous les membres de leurs familles mais aussi des particuliers de Sainte - Croix – Hague ont immédiatement accouru pour les aider à rétablir les accès, remettre quelques tuiles et installer des bâches provisoires.
 

« C’est effrayant ! »


Mme Himen est la propriétaire de la ferme des Maresquiers, sérieusement touchée par la tornade. Son témoignage est édifiant :
« Toute la nuit, la tempête a fait rage. La pluie tombait à verse et les éclairs étaient nombreux. Ce matin, vers 9 h 15 environ, le ciel est devenu sombre, puis tout noir. Un grondement sourd au début puis tournant à l’aigu m’a inquiété car jamais je n’avais entendu çà. C’est effrayant. Dehors, il faisait toujours très sombre et tout volait, même les objets les plus lourds. Barricadés dans la maison, nous avions peur. Nous nous sommes tous abrités derrière le canapé serré dans l’endroit qui nous semblait le moins exposé. La lumière a clignoté puis s’est éteinte. La tornade nous est passée dessus et cela n’a duré que quelques minutes, paraît-il. Mais pour nous, cela a duré un siècle. Tout bougeait, tout tremblait, le grondement sourd persistait, c’était effrayant. Nous avons cru que la maison allait s’effondrer sur nous. La chambre de mon fils Alexandre, située au deuxième étage, a été carrément soufflée. Des poutres se sont effondrées et je tremble encore quand je pense à ce qui aurait pu lui arriver s’il avait été là. Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu ce matin ! ».

Du vent violent et des averses attendus aujourd’hui


Pour ne rien arranger Météo France a diffusé hier un bulletin de vigilance orange annonçant un violent coup de vent. Il devait frapper la Basse-Normandie au cours de la nuit dernières vers 4 heures. Jusqu’à ce soir, un vent fort de sud-ouest de 110 à 130 km/h en rafales doit souffler sur la côte et de 90 à 110 km/h dans les terres. De violentes averses accompagneront ces rafales ainsi que des vents tourbillonnants. Cette tempête frappera le Nord Cotentin dans des conditions un peu particulières. La tornade a hier endommagé de nombreux toits et des voitures qu’il sera difficile de protéger aujourd’hui sous la pluie et le vent. Le travail des couvreurs sera rendu particulièrement difficile et l’on craint évidemment que le vent emporte les bâches de protection et achève de détruire les toitures fragilisées.


Un hangar et des toits s’envolent à Tonneville
 

La tornade a balayé le Val – Avril à Tonneville et endommagé sur son passage les toitures de sept maisons ainsi qu’un hangar qui a volé à 200 mètres


« Je dormais. J’ai senti que tout vibrait. J’ai eu le temps d’attraper mon copain Jérémy qui dormait par terre sous le Velux et la vitre a explosé. On s’est caché sous les couvertures. J’ai vu des tuiles voler à travers la pièce. Et puis la cloison de la chambre est partie d’un coup ».
La chambre de Kilian, 18 ans, est dévastée, jonchée de morceaux de verre, de tuiles, et inondée par la pluie. Même la moquette s’est soulevée sous l’effet du vent. Heureusement, ni lui, ni Jérémy n’ont été blessés. Sa mère, Barbara Lequertier, dormait elle aussi quand la tornade est passée sur la maison. « On a été réveillé par le vent qui s’est engouffré sous le toit et dans les chambres ». En quelques minutes, une grande partie de sa toiture s’est envolée et les pare-brise de sa voiture ont volé en éclat.
« On se sent tellement, impuissant. C’était tellement violent et tellement rapide ! »
expliquait hier midi, Barbara visiblement choquée.
 

Des arbres au milieu du salon
 

Le colonel Jean–Marie Lincheneau, qui a commandé l’intervention des pompiers confirme la violence du vent. « Dans certaines maisons, nous avons retrouvé des arbres au milieu du salon ». « Un hangar a volé sur 200 mètres. Il est passé au-dessus de plusieurs maisons. C’était phénoménal ! »
Barbara a reçu le soutien de nombreux amis qui ont tenté de replacer des tuiles avant la nuit. Mais sans électricité et sans toit, elle se demandait si elle pourrait dormir chez elle au cours des prochains jour. Trois autres familles du Val – Avril étaient dans son cas hier soir et ont été accueillies chez des proches. Au total, les toitures de sept maisons qui se trouvaient sur le passage de la tornade ont été endommagées, dans la commune. Des arbres sont tombés, le bardage d’un hangar a été arrêté par une haie après donc une course folle de 200 mètres ; les lignes électriques ont été arrachées, pendant lamentablement sur la route.
 

La tornade, une furie tombée du ciel
 

La tornade (si c’est bien une tornade qui est passée hier sur le Cotentin) est le phénomène météorologique le plus violent, destructeur et sournois qui existe. C’est une toute petite tempête qui concentre énormément d’énergie et détruit tout sur son passage. La ligne de démarcation entre la zone dévastée et la zone voisine est très nette. La tornade se caractérise par sa soudaineté, sa brièveté et sa violence. Elle est toujours accompagnée, comme c’était le cas hier, d’un orage violent, précédée de pluie et souvent de grêle et ordinairement suivie de fortes averses. Les tornades sont fréquentes dans certaines régions du monde comme aux Etats-Unis, mais plutôt rares en France. Leur diamètre est en moyenne d’une centaine de mètres et d’une longueur moyenne de 10 kilomètres. En général, elle se déplace du sud – est vers le nord – ouest comme c’était aussi le cas hier à Equeurdreville. Les dégâts qu’elle provoque sont dû à l’effet combiné de la vitesse incroyablement élevée du vent et de la pression centrale extrêmement basse. Les pires dégâts viennent surtout des débris qui sont transportés à la vitesse d’un missile. La chute brusque de pression associée au passage d’une tornade crée une énorme différence de pression entre l’extérieur et l’intérieur des bâtiments qui peut entraîner une véritable explosion des bâtiments, des portes, des vitres. Sur l’échelle de Fujita qui détermine l’intensité des tornades, on peut considérer que celle qui est passée sur Equeurdreville hier, si c’en est une, est une F1 (moyen, vents de 116 à 179 km/h ou une F2 (fort vents de 180 à 251 km/h).