|
DOSSIER D'ÉTUDE LA TORNADE D'EQUEURDREVILLE (50) DU 11 FÉVRIER 2007 |
|
|
cas documenté par Grégoire YVON |
|
|
CARTES |
LOCALISATION GÉOGRAPHIQUE ET TEMPORELLE |
||
|
|
|||
|
Jour : |
11 février 2007 |
||
|
Heure UTC : |
09h30 |
||
|
Communes touchées : |
Equeurdreville, Tonneville |
||
|
Département : |
Manche (50) |
||
|
Altitude : |
160 mètres à 0 m (niveau de la mer) |
||
|
Type de terrain : |
urbain, rural vallonné, maritime |
||
|
CARACTÉRISTIQUES DU PHÉNOMÈNE |
|||
|
Intensité : |
F 2 soit des vents de 175 à 220 km/h |
||
|
Largeur : |
50 à 200 m |
||
|
Distance parcourue : |
10 km (dont 5 km sur mer) |
||
|
Dégâts observés : |
arbres arrachés , tracteur déplacé, 600 sinistrés, toitures envolées, grands mobiles homes retournés, arbres dans les maisons, maisons en partie détruites |
||
|
CONTEXTE MÉTÉOROLOGIQUE |
|||
|
Contexte météorologique : |
Sur la France, dans un flux d’Ouest bien établi, les dépressions défilent les unes après les autres sur nos régions. Un vaste système dépressionnaire s’étend sur l’Atlantique, des îles Britanniques au Québec. Le front froid de la dépression centrée sur l’Angleterre balaye le Nord Est de la France en matinée du 11/02, associé à des pluies modérées et un vent parfois soutenu (gradient de pression resserré). La dépression s’accompagne d’une advection douce à l’avant avec des températures encore positives à 850 hPa. Au sol, elles avoisinent les 10°C à 13°C à la faveur d’éclaircies à l’arrière du front. Les Tx sont atteintes en mi-journée (12°C à Nancy Essey, 13°C à Strasbourg). Dès lors, une traîne active se met en place et en particulier sur les régions allant de l’Est du bassin parisien à l’Alsace. En effet, de l’air froid en altitude se confronte à des températures douces dans les basses couches. Ce gradient vertical de températures (-26°C à 500hPa, 0°C à 850hPa, 12°C au sol) va être le premier facteur d'instabilité.
Contexte local sur La Hague (50) : Dans la matinée du 11 dans le ciel de traîne s’opère un forçage sur la zone de la Hague, la tropopause est percée par un cumulonimbus au niveau des îles anglo-normandes. La violente averse de grêle qui a donné lieu à la tornade a pris naissance dans la zone littorale nord ouest du Cotentin sous une virgule de cumulonimbus. La tornade a pris naissance dans une vallée à Tonneville ce qui a vraisemblablement accru l’effet de cisaillement des vents. Mort du phénomène sur la commune de Fermanville.
|
|
|
| Autres phénomènes : | Orages et tornades ailleurs en France. | ||
|
TEMOIGNAGES |
|
La Manche Libre - Le17 février 2007
« La fin du monde … »
Joseph Guérard, un habitant de la rue du Val d’Avril, à Tonneville, témoigne : « Ma femme et moi sommes descendus dans notre cave. Il y avait un bruit terrible. La porte, la fenêtre, les murs…Tout bougeait et ma femme a cru que c’était la fin du monde. Pour moi, tout ceci a duré environ 5 minutes. Finalement nous avons eu beaucoup de chance. A part les arbres de notre jardin qui sont arrachés et le faîtage de notre toiture, nous n’avons pas beaucoup de dommages à déclarer. Surtout, pas de blessés, c’est çà le plus important et je vous promets qu’il aurait pu y en avoir avec tout ce qui volait…
« beaucoup de chance »
Selon le Lieutenant-colonel Lincheay : « Nous avons eu beaucoup de chance qu’il n’y ait eu que deux blessés légers car la violence des vents à littéralement soulevé les caravanes du camping jusqu’à en faire passer l’une par dessus l’autre. Cet événement a heureusement eu lieu un jour de faible affluence dans les rues. Si tel n’avait pas été le cas le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. La situation de l’antiquaire nous inquiète car une partie de son toit n’est plus là et étant donné l’âge du bâtiment, celui-ci risque de s’effondrer par la suite. Depuis les faits, les différentes équipes de secours ont sécurisé les voies, couper les arbres.
* * *
L’après - tempête : les premiers témoignages
La tornade qui a frappé Equeurdreville – Hainneville a fait des dégâts matérielles et des soucis, au niveau logement humain. En cette journée du mardi 13 février, les gens pansent leurs plaies et les premiers assureurs et experts commencent leur parcours qui ne s’annoncent pas de tout repos. En témoignage ce jeune homme dont la caravane de ses parents a été très abîmée.
* M Guyot, comment avez-vous appris la nouvelle de cette tornade ?Une personne du camping m’a appelé juste après et je suis parti le plus vite possible afin de voir si cela s’était réellement passé. Quand j’ai commencé à voir les pompiers, j’ai eu très peur.
* Qu’avez-vous fait une fois arrivé sur place ?Je me suis rendu tout de suite dans ma caravane et je n’ai pu constater les nombreux dégâts mais comparé à mes voisins, j’ai eu de la chance car certaines caravanes été couchées. Ensuite j’ai appelé mes parents qui étaient en vacances au Maroc afin de les prévenir de la situation et de les rassurer sur le fait que je n’avais pas été blessé.
* Ensuite, qu’avez-vous fait ?Je suis parti discuter avec mes voisins et voir l’étendue des dégâts. L’après-midi je suis allé travailler à l’arsenal. J’avais dans mon esprit des visions apocalyptique. Cette personne a eu de la chance car selon l’avis de son assureur qui était sur les lieux, la caravane est réparable ce qui n’est pas le cas de la plupart des occupants du camping de la Saline.
* * *
Michèle, la miraculée de la Saline
Une bonne étoile veille sur cette Equeurdrevillaise de 51 ans victime de la mini – tornade. Dans la tourmente, son mobile-home et sa voiture ont été détruits. Elle s’en tire avec une belle frayeur et une blessure au pied.
Sept points de suture au pied. Michèle, 51 ans, résidente depuis avril 2005 du camping de la Saline est, ce qu’ont peut appeler, une miraculée. Vingt – quatre heures seulement après la mini – tornade qui a ravagé l’Ouest de Cherbourg et détruit son mobile-home et sa voiture, elle relate avec émotion comment cette matinée dominicale s’est en quelques minutes transformées en cauchemar absolu. Elle raconte : « je venais à peine de me réveiller. Il était 9 h 20. J’ai entendu le vent monter. Mon mobile-home a alors commencé à trembler, à bouger. Je me suis positionnée devant la porte, je m’agrippais aux montants. J’avais peur… » La quinquagénaire était charriée par un courant d’air super puissant qui arrachait tout sur son passage. « Et puis tout d’un coup, un mouvement d’une violence inouïe. Le mobile-home s’est couché. Je suis passée au travers de la porte vitrée et me suis retrouvée, je ne sais comment, sous la terrasse en bois ». La résidente ne devait finalement son salut qu’à sa voiture. « Sous le choc, elle a complètement été écrasée. Je n’avais que quelques centimètres de vide au-dessus de ma tête. Dans ces cas-là, on se pose pleins de questions… ». Après quelques minutes, la quinquagénaire reprend ses esprits et parvient finalement à s’extirper de son piège d’acier. « Je ne pensais plus qu’à une seule chose : soigner mon pied entaillé ». Michèle est allée demander de l’aide chez quelques voisins, sans regarder ce qui l’entourait. Droit devant….Quelqu’un m’a ouvert et m’a immédiatement conduit à l’hôpital Pasteur. Ce n’est que vers midi, au sortir des urgences de l’hôpital que j’ai pu réellement me rendre compte de l’étendue des dégâts. J’ai remercié Dieu d’être vivante ». Hier matin, entourée de sa fille venue de Paris, Michèle ne pouvait que contempler le funeste spectacle en attendant le passage des experts. « J’espère que l’état de catastrophe naturelle sera vite reconnu. J’ai tout perdu dans cette tempête.
* * * Le contre – la – montre de l’antiquaire
L’antiquaire de la Saline a été touché de plein fouet par la tornade. Hier, le propriétaire et ses employés ont procédé à l’évacuation des meubles, le bâtiment menaçant de s’effondrer.
"Bernard Garbe est désabusé. Depuis dimanche matin, l’antiquaire de la Saline se bat lui aussi pour sauver tout ce qui peut encore l’être. Mais à une plus grande échelle. Avec quelques amis, il évacue les meubles et objets d’arts stockés dans son entrepôt et multiplie les allers et venues. Dans l’urgence. « Le pignon est fissuré. La toiture est éventrée et menace de s’effondrer. On a rafistolé avec les moyens du bord, pour nous permettre de déménager au mieux les meubles », explique le propriétaire qui a toutefois été étonné de devoir mettre lui-même en sécurité son bâtiment de 360 m². « On a dégotté quelques étais et sanglé les poutres métalliques qui posaient problèmes. Mais il va falloir faire très vite. Le plafond de l’atelier commence à se gorger d’eau. Et il nous reste encore beaucoup à faire »…).
|
|
ARTICLES DE PRESSE |
|
|
Ouest France - lundi 12 février 2007
Tornade dévastatrice sur le Cotentin
Un coup de vent rageur, estimé à plus de 180 km/h, a provoqué des dégâts considérables hier matin près de Cherbourg. Deux personnes ont même été blessées.
« On a entendu un grand bruit. J’ai ouvert la fenêtre et j’ai vu une tuile voler ». Cette habitante d’un pavillon sur les hauts de Brécourt, à Equeurdreville – Hainneville, est effarée. « ça a duré une minute, pas plus ». Mais quelle minute ! Dans un couloir de 150 m sur 5 km de long, le vent s’est déchaîné vers 9 h du matin. Sur ce sillon, règne la désolation. « Vous imaginez la force qu’il faut pour casser net un panneau de signalisation ? ». Des panneaux qui ont pris la bourrasque de plein fouet. Il en traîne un peu partout. Un lampadaire brisé coupe le boulevard Jacques – Prévert. Un peu partout, des tuiles, des ardoises, des branches, des morceaux de bois ou de tôles jonchent la chaussée. « La tornade a démarré à Tonnevile, dans la Hague. Elle a soufflé jusqu’à la pointe du Homet, dans la rade de Cherbourg. Dans l’enceinte militaire, une vingtaine d’appartements et cinquante voitures ont été abîmées », signale le commandant de la base navale. Stationnées sur le parking des immeubles HLM, des dizaines de voitures sont endommagées. Les vitres ont éclaté. Leurs propriétaires s’activent pour poser des bâches en plastique pour les protéger. Le bardage d’un garage n’a pas résisté, il est littéralement plié. Même punition pour plusieurs immeubles ou maisons qui ont vu des pans de toitures arrachés. Les arbres aussi ont payé le prix fort ! Pins, peupliers acacias sont arrachés, brisés, sectionnés. Certains sont tombés sur les maisons.
Deux blessés : En descendant sur la Saline qui longe la mer, le spectacle est hallucinant. Le hangar d’un magasin d’antiquités a perdu la moitié de son toit. Un camping municipal est dévasté. Un grand mobile home s’est retourné sur une voiture en l’écrasant. Plusieurs caravanes sont retournées. L’une d’elle gît sur le toit. Les pompiers ont relevé, ici, deux blessés légers, transportés à l’hôpital de Cherbourg. Hier après – midi, l’un d’eux y était encore, victime de traumatismes à la face et au thorax. « C’est incroyable qu’il n’y ait pas eu plus de blessés. Les gens commençaient tout juste à se réveiller ». Le standard des pompiers est submergé d’appels. Un peu partout, divers objets menacent de tomber. On se préoccupe de ceux qu’il faudra reloger. Combien exactement ? En milieu d’après-midi, le sous- préfet de Cherbourg, Raymond Cervelle, tente de faire le point : « Cinq familles dans les immeubles de Brécourt. Il y aura peut – être aussi des particuliers qui demanderont dans la soirée. Tous les moyens sont mobilisés.
Thierry DUBILLOT
4000 coupures de courant
Le coup de vent a aussi balayé le département du Calvados dimanche. Il a provoqué 57 interventions des sapeurs – pompiers pour des arbres, des cheminées et des tuiles tombés. Des coupures de courant ont été enregistrées, jusqu’à 4000 au plus fort des intempéries, en fin de matinée. Un nouveau coup de tabac est annoncé pour ce lundi entre 4 h et 18 h, avec des rafales à 110 à 130 km/h sur les côtes, 90 à 110 km/h dans les terres. EDF conseille aux usagers de ne pas toucher aux fils tombés à terre et incite à prévenir les pompiers ou ses propres services en appelant le 0 810 33 014
* * *
La Presse de la Manche – lundi 12 février 2007
De Tonneville à Equeurdreville
Tout a donc commencé à Tonneville. Une dizaine de maisons ont été sérieusement endommagées, leurs occupants ayant pour la plupart dû être relogés (souvent chez des amis ou dans la famille) à titre provisoire. La tornade a poursuivi sa route du côté de Branville, occasionnant cette fois assez peu de dégâts. A Vasteville, la RD 37 a été coupée jusqu’à 16 heures, en raison d’un câble électrique se balançant dangereusement au – dessus de la voie. Les vents se sont abattus à nouveau à Querqueville, autour de la rue d’Amfreville. Cette fois, c’est une ferme qui a été en partie emportée. Mais c’est assurément Equeurdreville – Hainneville qui a été la plus touchée pour la tornade. Une bonne centaine de véhicules garés dans le quartier Brécourt ont par exemple été endommagés. Les douze bâtiments HLM du secteur ont aussi été étêtés, perdant tous un bout de toiture. Une douzaine de famille ont dû quitter les lieux. A Hainneville, c’est la Plaine – Mesline qui affronté les vents violents. Puis la tornade s’est engouffrée dans le centre du bourg, rue de la Paix (encore une cinquantaine de voitures abîmées et même déplacées, des toits arrachés), est descendue vers la Saline, avant de pénétrer dans l’arsenal de Cherbourg, entre la porte de la Saline et la porte du Redan. « Sur la base navale, nous avons une cinquantaine de véhicules endommagés, le toit de laboratoire Lasem s’est envolé, des vitres sont tombées, un bâtiment de la gendarmerie maritime a été très endommagé, des clôtures sont couchées ». résume le capitaine de vaisseau Benoît Copin, commandant de la base navale. Puis la tornade a fini sa course dans la mer, disparaissant aussi soudainement qu’elle était apparue.
Des crises de nerfs quartier de Brécourt
A Equeurdreville, le quartier Brécourt, qui compte 130 logements, a été l’un des secteurs les plus touchés.
« Plusieurs personnes ont piqué une crise de nerf ». Hier matin, un peu avant 10 heures, une bonne partie des habitants du quartier de Brécourt se sont retrouvés au pied des immeubles et beaucoup n’ont pas pu maîtriser leurs larmes en voyant leurs voitures cassées, en découvrant que les toits des immeubles ont tous été endommagés, en s’approchant de grands arbres déracinés. C’est probablement ici que les dégâts ont été les plus importants. Sur le parking, les vitres d’une centaine de véhicules ont été transpercées par des tuiles ou ont été brisées par le vent. Dans les appartements, les fenêtres n’ont pas toujours résisté. « Quelques secondes avant le passage de la tornade, ma femme était dans le salon », raconte Eric Planque, qui vit depuis de nombreuses années au dernier étage du bâtiment G. « Heureusement elle venait de sortir ». Et l’Equeurdrevillais montrer tous les impacts provoqués dans la pièce par les vitres qui ont explosé. « Ma femme aurait pu être grièvement blessée ». souligne-t-il. Une fois cette première peur surmontée, le couple devait également trouver un endroit pour dormir. Tous les appartements situés au dernier étage de chacun des immeubles ne peuvent en effet plus être occupés pour l’instant, la toiture n’ayant pas résisté. « Pourvu qu’il ne pleuve pas cette nuit et que de nouveaux vents forts provoquent de nouveaux dégâts », commentaient des habitants. La SA HLM du Cotentin, qui gère les 130 logements sociaux de ce secteur, a évidemment pris contact avec tous les locataires devant être relogés ». Dans notre parc, nous avons des chambres libres, expliquait Fréderic Deloeuvre, le directeur de la SA HLM du Cotentin. Mais finalement, les personnes concernées ont préféré se réfugier chez des amis ou dans leurs familles. « Nous allons continuer à être à leurs côtés dans les prochains jours ». promet Frédéric Deloeuvre. De la même, la société a fait venir un vigile pour la nuit afin de surveiller notamment les véhicules et les appartements. Des entreprises sont attendues dès aujourd’hui pour commencer les réparations. L’addition promet d’être salée.
A l’ouest de Cherbourg, une tornade provoque de gros dégâts
Hier matin, une tornade a provoqué d’importants dégâts dans la Hague, à Querqueville et surtout à Equeurdreville – Hainneville, endommageant des dizaines de maisons, plus de deux cents voitures… Par miracle, seules deux personnes ont été légèrement blessées.
« Pour faire autant de dégâts, il faut des vents soufflant à 170 ou 180 km/h ». Le colonel Jean –Marie Lincheneau, qui a pourtant connu toutes les grandes tempêtes touchant le Cotentin depuis des années, avoue être étonné par la puissance de la tornade qui s’est abattue hier matin sur une partie ouest de la presqu’île. « Nous avons entendu une grosse averse de grêle, puis il y a eu quelques secondes de silence absolu… avant que tout s’envole dans l’appartement » raconte un Equeurdrevillais. Un autre explique qu’il a vu voler sur plus de 30 mètres une caravane du camping de la Saline. D’autres encore, à Querqueville, ont aperçu un hangar se promenant dans les airs ! « Cela n’a pas duré plus d’une minute, mais c’était apocalyptique », commente une femme, encore sous le coup de l’émotion plusieurs heures après ce coup de tabac. Le phénomène fut heureusement très localisé. « Cet énorme coup de vent, très violent, a été ressenti sur une bande de 5 kilomètres de long et guère plus de 50 à 150 mètres de large », résume le sous – préfet Raymond Cervelle, à l’issue d’une réunion de crise organisée dans l’après – midi avec les élus et les autorités concernées. Quatre communes ont eu le malheur de se trouver sur la route de cette tornade : Branville – Hague, Tonneville, Querqueville et surtout Equeurdreville – Hainneville. Et il y a eu de la casse !.
« Une tornade sauteuse » « C’est une tornade sauteuse, explique un salarié de la Cogema passionné de ce genre d’événement météorologique. Elle a fait des bonds successifs entre Tonneville et la mer. Là où elle a rebondi, les dégâts sont considérables. Mais quelques mètres plus loin, il n’y a absolument rien ». Effectivement, alors que le camping d’Equeurdreville a été très sérieusement secoué, tout comme le local de l’antiquaire juste à côté, le rôtisseur placé quelques mètres plus loin a quant à lui pu continuer à vendre ses épaules d’agneau ! Compte tenu de la violence et de la soudaineté du phénomène, c’est un miracle que le bilan humain ne soit pas plus lourd. Il n’y avait heureusement personne sous tous ces toits qui se sont affaissés. Il n’y avait pas davantage de monde à proximité de toutes ces vitres qui ont volé en éclats. A plusieurs reprises, on est sûrement passé à côté de drames ! Finalement, seuls deux résidents du camping de la Saline ont été transportées à l’hôpital Pasteur, sous le choc. L’un d’eux est ressorti dès le début de l’après – midi, l’autre étant toujours en observation dans la soirée, pour des traumatismes au thorax et à la face. Les sapeurs – pompiers n’ont cependant pas chômé. « Nous avons dû faire venir des renforts de tout le département » explique le colonel Lincheneau. Pas moins de cent sapeurs – pompiers et une cinquantaine de marins pompiers sont intervenus toute la journée pour sécuriser les lieux les plus touchés, pour poser des bâches sur les toitures.. Les équipes d’astreinte d’EDF ont également reçu des renforts pour intervenir sur un réseau évidemment fragilisé par ces violentes rafales.
4 000 familles privées d’électricité
Au cours de la journée d’hier, EDF a constaté que 4 000 de ses clients étaient privés d’électricité. En fait, les premières pannes se sont déclarées à partir de 5 heures du matin quand le vent a commencer à souffler, surtout dans la Hague. Evidemment, la tornade a aggravé la situation et EDF a enregistré cinq pannes sur le réseau intercommunal moyenne tension et de nombreuses pannes sur le réseau de basse tension qui distribue localement les habitations. Au cours de la journée, les vingt-deux agents mobilisés, soit le double de l’effectif de garde le dimanche, soutenus par une entreprise d’électricité, ont réussi à rétablir le courant chez la plupart des clients. A 19 h 30, hier soir, il en restait encore 500 privés d’électricité. EDF espérait dépanner la plupart d’entre eux dans la soirée. Textes et photos : Sophie JEANNE & Laurent GOUHIER
Querqueville : une ferme en partie détruite
La ferme des Maresquiers a subi, elle aussi, des dégâts considérables
La ferme des Maresquiers, situé rue d’Amfreville à Querqueville, a été partiellement détruite. La toiture de l’habitation principale s’est envolée et les violentes averses ont pu s’abattre à l’intérieur, inondant tout. Des meubles ont bougé, des bibelots ont été fracassés et des cadres ont été arrachés.
Pour donner une idée de la violence du vent, un billard français au poids considérable a même été déplacé par la tornade et le marbre est éclaté. A l’extérieur, les véhicules, remorques, bateau, tracteur ont été déplacés sur plusieurs dizaines de mètres et se sont imbriqués sous un grand chêne déraciné. Les dépendances ont également été frappées de plein fouet. Un hangar s’est envolé et des tôles de la toiture auraient été retrouvées….au Bigard ! Toutes les voies d’accès à la propriété étaient encombrées par des arbres déracinés, couchés sur la chaussée.
Albert Lefèbvre et Michel Magne, tous deux maires adjoints de la commune, se sont rendus sur place. Ils ont promis de contacter ce lundi l’Office HLM pour reloger provisoirement les occupants sinistrés. Par ailleurs, un élan de solidarité a mis un peu de baume au cœur des propriétaires. M. Mme Himen. Tous les membres de leurs familles mais aussi des particuliers de Sainte - Croix – Hague ont immédiatement accouru pour les aider à rétablir les accès, remettre quelques tuiles et installer des bâches provisoires.
« C’est effrayant ! » Mme Himen est la propriétaire de la ferme des Maresquiers, sérieusement touchée par la tornade. Son témoignage est édifiant : « Toute la nuit, la tempête a fait rage. La pluie tombait à verse et les éclairs étaient nombreux. Ce matin, vers 9 h 15 environ, le ciel est devenu sombre, puis tout noir. Un grondement sourd au début puis tournant à l’aigu m’a inquiété car jamais je n’avais entendu çà. C’est effrayant. Dehors, il faisait toujours très sombre et tout volait, même les objets les plus lourds. Barricadés dans la maison, nous avions peur. Nous nous sommes tous abrités derrière le canapé serré dans l’endroit qui nous semblait le moins exposé. La lumière a clignoté puis s’est éteinte. La tornade nous est passée dessus et cela n’a duré que quelques minutes, paraît-il. Mais pour nous, cela a duré un siècle. Tout bougeait, tout tremblait, le grondement sourd persistait, c’était effrayant. Nous avons cru que la maison allait s’effondrer sur nous. La chambre de mon fils Alexandre, située au deuxième étage, a été carrément soufflée. Des poutres se sont effondrées et je tremble encore quand je pense à ce qui aurait pu lui arriver s’il avait été là. Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu ce matin ! ».
R. C. T
Du vent violent et des averses attendus aujourd’hui
Pour ne rien arranger Météo France a diffusé hier un bulletin de vigilance orange annonçant un violent coup de vent. Il devait frapper la Basse - Normandie au cours de la nuit dernières vers 4 heures. Jusqu’à ce soir, un vent fort de sud-ouest de 110 à 130 km/h en rafales doit souffler sur la côte et de 90 à 110 km/h dans les terres. De violentes averses accompagneront ces rafales ainsi que des vents tourbillonnants. Cette tempête frappera le Nord Cotentin dans des conditions un peu particulières. La tornade a hier endommagé de nombreux toits et des voitures qu’il sera difficile de protéger aujourd’hui sous la pluie et le vent. Le travail des couvreurs sera rendu particulièrement difficile et l’on craint évidemment que le vent emporte les bâches de protection et achève de détruire les toitures fragilisées.
Un hangar et des toits s’envolent à Tonneville
La tornade a balayé le Val – Avril à Tonneville et endommagé sur son passage les toitures de sept maisons ainsi qu’un hangar qui a volé à 200 mètres
« Je dormais. J’ai senti que tout vibrait. J’ai eu le temps d’attraper mon copain Jérémy qui dormait par terre sous le Velux et la vitre a explosé. On s’est caché sous les couvertures. J’ai vu des tuiles voler à travers la pièce. Et puis la cloison de la chambre est partie d’un coup ». La chambre de Kilian, 18 ans, est dévastée, jonchée de morceaux de verre, de tuiles, et inondée par la pluie. Même la moquette s’est soulevée sous l’effet du vent. Heureusement, ni lui, ni Jérémy n’ont été blessés. Sa mère, Barbara Lequertier, dormait elle aussi quand la tornade est passée sur la maison. « On a été réveillé par le vent qui s’est engouffré sous le toit et dans les chambres ». En quelques minutes, une grande partie de sa toiture s’est envolée et les pare-brise de sa voiture ont volé en éclat. « On se sent tellement, impuissant. C’était tellement violent et tellement rapide ! » expliquait hier midi, Barbara visiblement choquée.
Des arbres au milieu du salon
Le colonel Jean – Marie Lincheneau, qui a commandé l’intervention des pompiers confirme la violence du vent. « Dans certaines maisons, nous avons retrouvé des arbres au milieu du salon ». « Un hangar a volé sur 200 mètres. Il est passé au-dessus de plusieurs maisons. C’était phénoménal ! » Barbara a reçu le soutien de nombreux amis qui ont tenté de replacer des tuiles avant la nuit. Mais sans électricité et sans toit, elle se demandait si elle pourrait dormir chez elle au cours des prochains jour. Trois autres familles du Val – Avril étaient dans son cas hier soir et ont été accueillies chez des proches. Au total, les toitures de sept maisons qui se trouvaient sur le passage de la tornade ont été endommagées, dans la commune. Des arbres sont tombés, le bardage d’un hangar a été arrêté par une haie après donc une course folle de 200 mètres ; les lignes électriques ont été arrachées, pendant lamentablement sur la route.
La tornade, une furie tombée du ciel
La tornade (si c’est bien une tornade qui est passée hier sur le Cotentin) est le phénomène météorologique le plus violent, destructeur et sournois qui existe. C’est une toute petite tempête qui concentre énormément d’énergie et détruit tout sur son passage. La ligne de démarcation entre la zone dévastée et la zone voisine est très nette. La tornade se caractérise par sa soudaineté, sa brièveté et sa violence. Elle est toujours accompagnée, comme c’était le cas hier, d’un orage violent, précédée de pluie et souvent de grêle et ordinairement suivie de fortes averses. Les tornades sont fréquentes dans certaines régions du monde comme aux Etats-Unis, mais plutôt rares en France. Leur diamètre est en moyenne d’une centaine de mètres et d’une longueur moyenne de 10 kilomètres. En général, elle se déplace du sud – est vers le nord – ouest comme c’était aussi le cas hier à Equeurdreville. Les dégâts qu’elle provoque sont dû à l’effet combiné de la vitesse incroyablement élevée du vent et de la pression centrale extrêmement basse. Les pires dégâts viennent surtout des débris qui sont transportés à la vitesse d’un missile. La chute brusque de pression associée au passage d’une tornade crée une énorme différence de pression entre l’extérieur et l’intérieur des bâtiments qui peut entraîner une véritable explosion des bâtiments, des portes, des vitres. Sur l’échelle de Fujita qui détermine l’intensité des tornades, on peut considérer que celle qui est passée sur Equeurdreville hier, si c’en est une, est une F1 (moyen, vents de 116 à 179 km/h ou une F2 (fort vents de 180 à 251 km/h).
La Presse de la Manche – mardi 13 février 2007
La base navale n’a pas été épargnée par la mini-tornade
La mini-tornade qui a dimanche matin traversé plusieurs communes du Nord-Cotentin, a également effleuré la base navale de Cherbourg, occasionnant d’importants dégâts matériels.
Une cinquantaine de véhicules civils et militaires ont été endommagés ainsi qu’une partie des infrastructures situées dans la zone nord de la base navale. Un blessé léger est à dénombrer. «Un fusilier-marin patrouillant dans l’enceinte de la base a été blessé par l’implosion d’une vitre de son véhicule », explique le capitaine Vincent Laffont, commandant le groupement de gendarmerie maritime de Cherbourg, en charge des premières constatations d’usage. « La caserne de gendarmerie Proteau n’a pas été épargné. Nous avons nous aussi enregistré de nombreux dégâts au niveau des toitures ainsi que des bris de vitres ». Inauguré en octobre 2006, le laboratoire d’analyse de surveillance et d’expertise de la marine (LASEM) a subi quelques dégâts au niveau de sa toiture, de ses plafonds et de ses accès. « Sous l’effet de la pression, la baie vitrée qui se situe à l’entrée du bâtiment a littéralement explosé, quelques faux plafonds ont été aspirés ou endommagés…. » A quelques dizaines de mètres du LASEM, des arbres ont été couchés ou sectionnés par le vent. Des baraques de chantier ont été soulevées. « Il a fallu une puissance phénoménale pour soulever ce mobile-home et le projeter à plus d’une trentaine de mètres », explique cet ouvrier croisé su le chantier. « Il a fini son vol plané sur cette rangée de cyprès. Quelques baraques on tenu le coup ».
Le bâtiment de l’Ecole des Applications Militaires de l’Energie Atomique, la caserne des fusiliers marins, plusieurs hangars étaient également sur le passage de la mini tornade. Ils ont subi quelques dommages. Les moyens nautiques de la base navale ainsi que les différents bâtiments de la marine nationale basée à Cherbourg n’ont pas été affectés par ce phénomène. Idem pour les installations du Homet. Des dispositions ont de même été prises pour renforcer les conditions d’amarrage et de protection des navires ainsi que des véhicules de service. Un appel à la prudence a également été lancé vers l’ensemble du personnel civil et militaire. Une zone est désormais interdite à la circulation des personnes et des véhicules. Le commandement de la marine, en relation avec le sous-préfet de Cherbourg et l’état-major de zone de défense de Rennes, a étudié par ailleurs les possibilités de prise en charge de personnes sans abris dans l’agglomération au sein des installations de la défense.
L.A
La Manche Libre - Le17 février 2007
De Tonneville à Equeurdreville, une tornade à 180 km/h
Le 11 février, une mini tornade a parcouru l’ouest de l’agglomération cherbourgeoise. Triste dimanche.
Dimanche 11 février à 10 h, moins d’une demi – heure après le passage de la mini tornade, rue de la Paix à Equeurdreville est sous le choc. Au sol, des centaines d’ardoises ou de tuiles brisées. En l’air, des fils électriques arrachés et des morceaux de tôles encastrés sur les pylônes. On ne compte plus les toitures pleines de trous, les véhicules aux vitres brisées. Alors que le vent souffle encore très fort, une enseigne de l’hôtel Kyriad achève sa chute en venant agonir sur une voiture en stationnement. Plus loin aux abords du camping de la Saline, le spectacle est encore plus sinistre. Une quinzaine de caravanes ou de mobil-homes sont endommagés. Certaines se retrouvent les roues en l’air, d’autres sont renversées sur une voiture…C’est ici semble-t-il, que la tornade a été la plus violente. Trois personnes en état de choc ont été évacuées sur l’hôpital Pasteur. Certaines d’entre elles se trouvaient dans leur habitation sur roue quand elles ont été soulevées et retournées par la tempête. Sur ce camping de 76 places, l’émotion est grande tant la peur a été intense. Certains occupants parlent de quitter les lieux le plus vite possible. En bordure du camping, le grand hangar qui abrite l’antiquaire « Les puces de Cherbourg » n’a plus de toiture. Cette dernière, sous les coups d’un vent tournoyant à plus de 180 km/h a été pulvérisée. Partout, les habitants des quartiers balayés par la tornade, privés d’électricité, se retrouvent sur le trottoir, la mine défaite. « Ce qu’on a vécu était impressionnant ». On a vraiment cru que c’était la fin explique une mère de famille les yeux encore rougis par la peur et l’émotion. Déjà, nombreux sont ceux qui, avec l’aide d’un voisin, grimpent un peu partout sur les toits pour commencer à « nettoyer » ce qui peut l’être. Petit à petit, les pompiers et les policiers qui arrivent sur place constatent avec stupeur les dégâts. Des dégâts extrêmement localisés sur la rue de la Paix, le quartier du camping de la Saline, les hauts d’Equeurdreville (les résidences Brécourt et les Couplets) et la rue du Val d’Avril à Tonneville, une commune limitrophe (lire par ailleurs). Pour autant, devant l’ampleur, devant l’importance et le nombre des sinistres, des renforts venus de tout le département vont très vite être commandités sous l’autorité dus sous-préfet de Cherbourg Mr Cervelle, qui se rend sur les lieux dans la matinée. Les premiers chiffres tombent. Officiellement, les pompiers dénombrent une soixantaine de véhicules endommagés. Le nombre de toitures abîmées est quant à lui beaucoup plus important.
Un long travail de sécurisation et de bâchage des toits a commencé dès dimanche et s’est poursuivi lundi 12 février.
* * *
La Manche Libre - le 17 février 2007
Catastrophe naturelle ??
La rue du Val d’Avril à Tonneville est un quartier tranquille et propret, fait de solides pavillons entourés de jardin bien tenus. De là, les habitants du quartier bénéficient pour la plupart d’une belle vue sur Equeurdreville et la rade de Cherbourg. C’est pourtant ici que la mini tornade a débuté sa course folle. Tournoyant à plus de 180 km/h, elle s’en est prise à neuf pavillons. Tous dénombrent des toitures, des vitres cassées. Dans tous les jardins, les arbres sont par terre. Certains ont même volé d’un jardin à l’autre. Le réseau électrique aérien n’est plus qu’un amas de nœuds inquiétants…des câbles arrachés sillonnent les pelouses et franchissent les haies. « J’étais descendu en ville faire une course, je n’ai rien entendu. C’est ma femme qui m’a appelé en me disant de rentrer vite, que c’était l’horreur » explique un habitant du quartier qui a découvert avec stupeur le désastre. Dans la maison de son voisin, la toiture s’est soulevée et les murs internes de la maison se sont déplacés. « C’était l’horreur, croyez-moi. Il n’y a pas de mots » explique un autre habitant qui n’a plus un arbre debout dans son jardin. Lundi 12 février, le préfet de la Manche invitait dans un communiqué « les population concernées à se rapprocher de leur compagnie d’assurance, l’épisode de dimanche relève d’un phénomène météorologique pris en compte par les assurances personnelles ». Aussi, l’indemnisation n’est pas liée à la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle » explique la préfecture. En effet, l’état catastrophe naturelle est pris en compte lorsque les vents soufflent à plus de 215 km/h. Dimanche 11 février au matin, les vents n’auraient soufflé qu’à 170 – 180 km/h.
* * *
La Presse de la Manche – mardi 13 février 2007
L’Etat ne reconnaît pas la procédure de catastrophe naturelle
Se référant aux lois en vigueur dans ce domaine, la préfecture de la Manche a averti les sinistrés que l’état de catastrophe naturelle n’était pas reconnu pour les énormes dégâts causés dans le Nord-Cotentin par la tempête de dimanche matin.
Pour que la procédure de reconnaissance de catastrophe naturelle soit enclenché par l’Etat, il aurait fallu que la vitesse du vent enregistrée officiellement ait atteint ou dépassé 145km/h en moyenne pendant 10 minutes, ou 215 km/h en rafales. Ce qui n’a pas été le cas. Les sinistrés, suivant leur contrat d’assurance, devront donc payer une franchise. « J’ai 200 € de franchise à payer pour les dégâts causés à ma voiture. Pour mon fils, c’est 250 € » explique, catastrophée, une habitante du quartier HLM de Brécourt d’Equeurdreville, particulièrement touché par la mini tornade de dimanche matin. Deux voitures endommagées comme tant d’autres, par des chutes d’ardoises d’arbres, ou autres. « Chacun doit donc gérer son propre sinistre avec son assurance » indique Bernard Mahaud, maire-adjoint d’Equeurdreville. Cependant, dans l’éventualité d’une procédure de reconnaissance de catastrophe naturelle toujours espérée, la municipalité d’Euqueurdreville, a mis en place une cellule d’accueil des sinistrés. « Cela va permettre d’évaluer le nombre de foyers touchés par la tempête dans la commune et de leur apporter toute l’aide public ».
A Querqueville, le maire Maurice Grimal est aussi « étonné » que la procédure de catastrophe naturelle ne soit pas enclenchée. Pour Pierre Mesnil, maire de Tonneville, où de nombreux dégâts sont à déplorer, il faut « s’en consoler en pensant qu’il n’y a ni blessés, ni morts ».
Maryse BELLEUX
* * *
La Presse de la Manche – mardi 13 février 2007
Equeurdreville – Hainnville panse ses plaies
Vingt quatre heures après le passage de la mini tornade, les opérations de déblaiement ont commencé sur Equeurdreville – Hainneville, la commune la plus touchée.
Avec seulement trois blessés légers et une dizaine de sans-abri, le bilan humain aurait pu être plus lourd. Les dégâts matériels occasionnés par cette mini-tornade sont eux très élevés. Difficile toutefois pour l’heure pour les compagnies d’assurances d’avancer un quelconque coût. Trop tôt. Les rafales de vent d’une exceptionnelle violence qui ont soufflé dimanche matin, ont laissé des traces. Des traces bien visibles qu’il faut s’empresser d’effacer. Pour se faire, de nombreux corps de métiers étaient dès hier matin à pied d’œuvre pour redonner un visage humain aux nombreux quartiers sinistrés aux côtés du personnel municipal (NDLR : à noter la présence d’agents de la commune de Tourlaville venus prêter main-forte à leurs voisins. Un beau geste de solidarité). Dans le quartier de Brécourt où une centaines de voitures avaient été endommagées et les toits de la résidence Brécourt soufflés, vitriers, couvreurs et bûcherons étaient en ordre de marche pour de multiples réparations…sous les yeux médusés de quelques badauds. Appareils photos en bandoulière. « C’est vraiment impressionnant. Le vent a coupé comme une lame » nous dit cet ouvrier des espaces verts. « Depuis ce matin, on n’arrête pas. La tâche est d’importance. Du personnel a même été rappelé. Il faut dégager au plus vite les arbres qui sont une menace et déblayer les abords des habitations couverts de branchages ». Le tout dans des conditions météorologiques déplorables. Plus loin, un ballet incessant de dépanneuses évacue les véhicules endommagés par les vents violents. « Toutes les vitres de ma voiture ont explosé » raconte cet habitant du quartier de la Saline. « C’est en allant faire mon tiercé que je me suis rendu compte de l’importance des dégâts. Mon voisin n’a pas eu cette chance. Sa voiture a été écrasée par un arbre. Il s’en est fallu finalement de quelques mètres ». Sur les hauteurs, quelques couvreurs s’activent pour bâcher entre deux grains une toiture fragilisée. Une véritable « course contre la montre » pour sauver ce qui peut encore l’être. Il faudra sans doute de longues semaines avant que ces quartiers ne retrouvent tout leur cachet.
Camping sans dessus dessousAu camping de la Saline, sous une pluie persistante, du personnel tente de remettre un semblant d’ordre dans les allées chamboulées, au moyen d’une grue de levage. Jean-Marc Deglave, 47 ans, photographie sa caravane…sur le point d’être relevée. « Je m’en souviendrais de la Normandie ! » dit-il écœuré. « C’est un collègue qui m’a appelé pour me dire que ma caravane était sur le toit. J’étais en week-end en famille à Troyes. Je suis arrivé ce matin, je n’en croyais pas mes yeux », explique ce chef d’équipe tuyauterie, en chantier de sous-traitance à DCN. « J’y tiens à ma caravane, j’y ai mes habitudes. Je l’ai depuis seulement deux ans. C’est en quelque sorte mon chez moi. Je m’en sers sur touts mes chantiers. Elle a l’air pourtant d’avoir résisté…malgré qu’elle se soit retournée. Par chance, cela ne s’est pas passé un lundi. On a évité le pire ! ».
Ludovic AMELINE
* * *
La Manche Libre – 17 février 2007
Mini – tornade : une situation préoccupante
A la suite de mini – tornade qui a frappé plusieurs quartiers d’Equeurdreville – Hainneville, dimanche 11 février, au matin, une réunion a eu lieu le lundi après-midi pour faire le point sur la situation. En présence de Louis Mahaud, Ismaël Chenina, des élus, du capitaine Lurton et des différents responsables de la situation, un premier bilan a été établi. Tout d’abord, M. Mahaud, le maire ajdoint, a tenu à informer que M Cauvin, n’étant pas dans la région, n’a pas pu se rendre sur les lieux du sinistre mais fera au plus vite pour revenir auprès des concitoyens ; puis il a tenu à rassurer la population sur le fait qu’il n’y a eu seulement que deux blessés légers. En effet, les vents de plus de 180 km à l’heure ont littéralement tout balayé sur leur passage. Il a aussi tenu à féliciter les services techniques de la ville ainsi que ceux de la communauté urbaine de Cherbourg pour leur rapidité de mise en action et la bonne coordination avec les services de secours. Les pompiers ont fait pendant cette journée plus de cent cinquante interventions et toutes ont été effectuées dans les temps grâce en partie à l’aide apportée par les différents centres de secours de la Manche. En tout, ce fut plus de cent pompiers et vingt-sept véhicules de secours qui ont sillonné la ville.
|
|
|
LES DÉGÂTS |
|
|
|
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
![]()
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
![]()
|
![]()
|
|
|
|
|
* * * |
|
dernière mise à jour : 10 septembre 2007 |
|
© 2006-2007 KERAUNOS - Tous droits réservés |
|
|