Des orages localisés liés à une forte descente froide en altitude

En raison d'une descente d'air très froid en altitude (jusqu'à -37°C vers 5500 m), la masse d'air s'est déstabilisée entre les côtes de la Manche et les régions de l'est.
De nombreuses averses se sont activées dès la fin de matinée et ont généré de fréquentes chutes de grésil, de petite grêle voire de la neige à assez basse altitude. Cette descente d'air froid est associée à un thalweg d'altitude modérément dynamique qui circule rapidement de la Manche vers la Suisse durant l'après-midi du 3 février.
 
Le champ de température à 500 hPa ci-dessous à gauche montre l'évolution de cet axe de thalweg auxquels les orages de masse d'air froid sont associés. On constate également durant l'après-midi une forte hausse des TTI (Total Totals Index) et donc une instabilité très marquée à l'étage moyen.
 
   
 
 
Outre une température très basse en altitude (-36.5°C à 500 hPa), le radiosondage de Trappes (tiré à 13h locales) confirme une instabilité très sensible à l'étage moyen avec un gradient thermique de près de 20°C entre 700 et 500 hPa.
Il en résulte des indices de soulèvement négatifs (-1K) et une CAPE de 236 J/kg, ce qui est suffisant pour supporter le développement d'orages de masse d'air froid.
 
 
 
 
L'activité orageuse est tout de même assez localisée mais plusieurs dizaines d'éclairs ont été détectés entre la Normandie, le Massif-Central, les Alpes et le nord-est du pays. Les cumulonimbus, de faible extension verticale (niveau d'équilibre vers 5600 m), produisent rafales de vent de 60 à 80 km/h, grésil et neige roulée :
 
   
Cellule convective de masse d'air froid à Clermont-Ferrand - (c) @stormsdreamer et chute de neige roulée abondante sur les hauteurs de Saint-Etienne - Keraunos