Les orages supercellulaires des 8 et 9 juin 2014 ont été scrutés par les satellites. Des images capturées par METEOSAT 10 et traitées par EUMETSAT et le CIMSS donnent d'intéressantes informations.
 
Supercellule sur l'ouest de la Champagne - Max CONRAD
 Supercellule sur l'ouest de la Champagne - Max CONRAD
 
 

Un système convectif étendu dans la nuit du 8 au 9 juin

L'animation satellite METEOSAT 10, sur le canal infra-rouge 12.0 µm capturée à 02h15 TU le 9 juin, montre l'évolution des supercellules qui ont balayé la Gironde puis la région Poitou-Charente dans la nuit du 8 au 9 juin, dévastant plus d'un millier d'hectares de vignes en raison de fortes chutes de grêle.
 
Cette imagerie haute résolution met en évidence une structure typique des systèmes convectifs matures et sévères, à savoir un vaste système nuageux avec les sommets les plus froids organisés en U ou en V ("cold U/V shape") et des sommets pénétrants dont la température atteint -75 à -78°C. On note un réchauffement sensible des sommets nuageux juste au nord des sommets les plus froids. 

Image satellite du 9 juin 2014 à 02h15 TU - METEOSAT 10     Image satellite du 9 juin 2014 à 02h15 TU - METEOSAT 10
Images satellite IR haute résolution METEOSAT 10 du 9 juin à 02h TU - EUMETSAT

 

Supercellules du 9 juin 2014

Les animations visible (résolution 1 km) et infra-rouge (résolution 3 km) présentées ci-dessous illustrent l'évolution de la convection profonde sur la journée du 9 juin. On y voit très clairement en fin de journée l'éclosion des supercellules sur l'Eure-et-Loir et le Loiret, celles là même qui ont produit des grêlons géants.
 
L'imagerie visible ci-dessous à gauche montre une alimentation de la convection par le flanc sud-est du système, là où la circulation mésocyclonique est positionnée. Un train d'ondes de cirrus apparaît par ailleurs au coucher du soleil. 
La même signature que la veille est observée sur l'animation infra-rouge (à droite), à savoir une organisation en U avec des sommets pénétrants particulièrement froids (-70 à -73°C) côtoyant des sommets bien moins froids.
 
Ce type d'organisation des sommets nuageux n'est pas encore compris dans le détail et est soumis à débat au sein de la communauté scientifique spécialisée dans l'interprétation des images satellite.
L'explication considérée à ce jour comme la plus solide consiste à attribuer ces structures nuageuses à une perturbation du flux d’altitude liée aux sommets pénétrants. Ces derniers viennent faire barrage aux vents de très haute altitude, ce qui génère des ondes en aval dans le flux. Ce sont ces trains d’ondes que l’on voit apparaître en lumière visible, surtout rasante (cf. animation visible). En infrarouge, la zone nuageuse « sous le vent » des sommets pénétrants, qui est plus basse et donc moins froide, ressort nettement, d’où ces signatures en U.

(cf. Conférence de Vienne des 29 et 30 avril 2014 et A-Train observations of deep convective storm tops, Martin Setvák, Kristopher Bedka, Daniel T. Lindsey, Alois Sokol, Zden?k Charvát, Jind?ich Š?ástka, Pao K. Wang - Atmospheric Research (Impact Factor: 2.2). 04/2013)).
 
 
Animation satellite visible du 9 juin au matin - METEOSAT 10 - CIMSS   Animation satellite visible du 9 juin au matin - METEOSAT 10 - CIMSS
Images satellite visible et IR haute résolution METEOSAT 10 du 9 juin - EUMETSAT / CIMSS