Le 17 juin 1745, une tornade d'intensité modérée (EF2) traverse la campagne des Pennes-Mirabeau, dans les Bouches-du-Rhône. Le phénomène s'est distingué par une très faible vitesse de translation.
 
Il est à noter qu'une autre tornade a touché la commune des Pennes-Mirabeau le 14 octobre 2012. D'une intensité EF1, le phénomène a traversé une partie de la zone commerciale du Plan de Campagne.
 
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade des Pennes-Mirabeau (13) du 17 juin 1745intensité maximale : EF2 soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 3 kilomètres
* largeur moyenne : 80 mètres

* commune traversée : LES PENNES-MIRABEAU
* département : BOUCHES-DU-RHÔNE (13)
* altitude moyenne du terrain : 120 mètres
* type de terrain : territoires agricoles

* principaux dégâts : gros arbres déracinés (nature non précisée) ; gros arbres brisés (nature non précisée) ; toiture entièrement arrachée sur une petite maison et débris portés à distance ; une cinquantaine de volailles disparues
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen. 
  

Trajectoire de la tornade

Cliquer sur la carte suivante pour l'agrandir :
 
Tornade EF2 des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) du 17 juin 1745. Plage rouge : emplacement présumé de la tornade. © Keraunos (fond de carte : Carte de Cassini du XVIIIe siècle)
© Keraunos (fond de carte : Carte de Cassini du XVIIIe siècle)
 
A ce jour, les informations disponibles sur cette tornade ne permettent pas d'établir une localisation et une trajectoire précises.
 
 

Une tornade multi-vortex à faible déplacement

Dans son récit sur la tornade de Rome, survenue dans la nuit du 11 au 12 juin 1749 [Sopra il turbine (Che la notte tra gli XI, e XII Giugno del MDCCXLIX danneggio une gran parte di Roma)], Giuseppe Boschovich consacre quatre pages sur la tornade des Pennes-Mirabeau. La version française du texte, résumée par Peltier en 1840, nous éclaire sur le phénomène. 
 
La structure de la tornade est résumée comme suit : "A cet instant, on vit à l'horizon une sorte de grande pyramide, composée de feu et de fumée et offrant diverses couleurs. Son sommet touchait aux nuages et sa base couvrait un espace d'environ 80 mètres. Elle changea plusieurs fois de forme, elle était tantôt cylindrique, tantôt en cône aminci ; elle se divisa une fois en trois colonnes différentes, qui ensuite se réunirent en une seule. On voyait dans son milieu une espèce de noyau (nucho), qui tantôt montait, tantôt descendait avec impétuosité." Tout porte à croire que la tornade des Pennes-Mirabeau a présenté une structure à mutli-vortex, caractéristique que l'on retrouve d'ailleurs dans la tornade du 14 octobre 2012.
 
La tornade des Pennes-Mirabeau est marquée par une très faible vitesse de déplacement, si l'on en croit les propos de Boschovich : "Elle s'avançait très lentement, et parcourut conséquemment fort peu de pays ; elle ne fit que 3 000 mètres en une heure et demie. Les nuages qui s'avançaient au dessus d'elle retardaient encore sa marche, et la soulevant à quelques décamètres de terre, ils s'incorporaient avec elle et y restaient absorbés." La durée mentionnée dans ce récit, qui peut paraître exagérée, montre toutefois que la tornade a présenté un caractère quasi stationnaire plutôt remarquable.
 
Les dégâts observés après le passage de cette tornade relèvent d'une intensité EF2, compte-tenu des projections de débris à distance : "Elle arracha et déchira les plus gros arbres [...] ; on vit que les arbres très voisins de la trombe étaient aussi bien lacérés que ceux qu'elle embrassait directement. [...] Ils oscillaient d'abord, puis ils paraissaient se débattre, enfin ils tombaient, ou brisés ou déracinés. Une maison habitée par de pauvres paysans eut le malheur d'être sur la route de ce météore ; dix personnes y étaient renfermées, regardant de temps en temps par une fenêtre avec anxiété, en voyant approcher le danger. Aussitôt que la trombe l'atteignit, toute la maison trembla, des ouvertures se firent dans les murs, le toit vola en l'air de telle manière, qu'on en retrouva les débris aux environs. Un petit enfant qui avait couru pour aller fermer la fenêtre, sautilla malgré lui, au milieu de la chambre, comme un pantin électrique. Dans la chambre contiguë, il se fit au plancher plusieurs trous, et on en remarqua un fort petit, large de trois doigts environ, dans l'âtre d'une cheminée."
 
Enfin, il est à noter que le souffle de la tornade a entraîné la disparition d'une cinquantaine de poules.
 
 

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