Une tornade de faible intensité (EF1) a brièvement touché le sol à l'ouest de Jallais (Maine-et-Loire), le 10 mars 2013 à 17h10 locales. Le phénomène a été vu par un témoin situé à proximité, et n'a provoqué que de faibles dégâts matériels.

Principales caractéristiques de la tornade

intensité maximale :  EF1, soit des vents estimés de 135 à 175 km/h
* distance parcourue : 1 kilomètre
* largeur moyenne : 20 mètres

* commune traversée : JALLAIS (la Chaperonnière, l'Evre)
* département : MAINE-ET-LOIRE (49)
* altitude moyenne du terrain : 67 mètres
* type de terrain : prairies

* principaux dégâts : couverture en tôles d'une stabulation enlevée (certaines plaques retrouvées à plusieurs centaines de mètres), plusieurs arbres déracinés, un prunier brisé net avec projection de la partie supérieure à plusieurs dizaines de mètres, haie brisée sur une largeur de quelques mètres, projection des eaux de la rivière Evre
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Une exploitation agricole faiblement atteinte

La tornade de Jallais du 10 mars 2013 a été vue, photographiée et filmée par un certain nombre de témoins. Sous forme de tuba durant plusieurs minutes, le tourbillon s'est brièvement prolongé pour toucher une exploitation agricole, ainsi que quelques prairies et un cours d'eau. Il semblerait que la partie inférieure du vortex se soit dédoublée quelques instants avant de se dissiper. La durée du contact au sol est évaluée à quelques minutes à peine.

A l'appui d'une enquête de terrain effectuée par P. Duval, la trajectoire de la tornade a pu être reconstituée sur une distance brève d'environ 1 kilomètre à l'Ouest de la commune. Les dommages sont limités mais non négligeables : plusieurs arbres déracinés, un prunier brisé net avec projection de la partie supérieure à plusieurs dizaines de mètres, une haie brisée sur une largeur de quelques mètres, projection des eaux de la rivière Evre.

Le domaine de la Chaperonnière, traversé par la tornade sur sa partie Ouest, a également subi quelques dommages. La majeure partie des matériaux de couverture d'une stabulation a été soufflée et projetée à distance, et la structure elle-même inclinée (certaines plaques ont été retrouvées à plusieurs centaines de mètres).

Les photographies suivantes illustrent les dommages causés par la tornade à la Chaperonnière :
 
© P. DUVAL
 

Vidéos et photos du phénomène

 
 
 
 
 
 
Capture vidéo prise au moment de la phase tornade :
 
 

Situation météorologique

La journée du 10 mars est dominée par la présence d'une vaste zone dépressionnaire d'altitude qui couvre l'ensemble de l'Europe. Un minimum est calé au large de la Bretagne et dirige un flux cyclonique sur l'ouest et le sud de la France. De l'air modérément froid circule à l'étage moyen (environ -27°C à 500 hPa), en surplomb de basses couches très douces et bien humidifiées.

Au sol, une dépression progresse lentement en direction de la Bretagne. Elle pilote un faible flux près du sol sur la France, qui converge le long d'un axe étiré depuis la Bretagne et les Pays de la Loire jusqu'au Centre et au Massif Central.

Cette configuration est associée à une instabilité très significative pour une première décade de mars, avec des valeurs de MUCAPE qui dépassent localement 1.000 J/kg. La situation est propice à des développements orageux parfois vigoureux en cours d'après-midi, et un risque isolé de tuba voire de faible tornade est identifié pour cette journée sur cette zone. De fait plusieurs tubas sont observés consécutivement sur le Maine-et-Loire, ainsi qu'en Côte-d'Or.

     
 Tourbillon relatif et isohypses 500 hPa   /   Pression réduite au niveau de la mer et vent 10 m   /   MUCAPE
Modèle WRF-Europe 24 km. Run du 09.03.2013 06Z.

 
Le profil vertical reconstitué pour le secteur de Jallais à l'heure de formation de la tornade confirme une situation fortement instable, avec une MUCAPE de 866 J/kg et un MULI de -3 K. Le niveau de condensation est positionné vers 700 mètres d'altitude, soit une valeur basse, qui témoigne de la présence d'un air favorablement humidifié près du sol.
 
On note un cisaillement directionnel marqué dans les très basses couches, mais beaucoup plus modeste en terme de vitesse, sans cisaillements profonds prononcés. L'essentiel de l'hélicité relative est concentrée dans le premier kilomètre de l'atmosphère (62 m²/s²).