Une tornade de très faible intensité (EF0) traverse la Picardie Verte le 7 juillet 2012, vers 15h30 locales, soit dix minutes à peine après un premier phénomène tourbillonnaire observé dans le Calvados. Deux autres tornades suivront en Normandie le même jour: l'une en Seine-Maritime, l'autre à nouveau dans le Calvados. Une telle occurrence n'avait pas été observée en France depuis le 1er janvier 2007. 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF0, soit des vents estimés de 105 km/h à 135 km/h
* distance parcourue : 4,7 kilomètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne :  100 mètres

* communes traversées :  VERDEREL-LES-SAUQUEUSE, JUVIGNIES, LUCHY
* département : OISE (60)
* altitude moyenne du terrain : 150 mètres
* type de terrain : terres arables hors périmètre d'irrigation, systèmes culturaux et parcellaires complexes, forêts de feuillus

* principaux dégâts : arbres ébranchés ou couchés, mobilier de jardin déplacé ou partiellement détruit, couvertures d'habitations en dur faiblement enlevées (20%), couverture de dépendances agricoles davantage endommagées, tôles de hangars envolées, nombreux débris légers emmenés dans la colonne

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)

Vidéo de la tornade

Les photographies suivantes sont tirées d'une vidéo prise à environ 500 mètres au sud-ouest du hameau de Guehengnies (commune de Verderel-lès-Sauqueuse). La tornade s'apparente à une grosse masse nuageuse abaissée et évasée, dont la rotation cyclonique est parfaitement visible. En témoignent, notamment, un certain nombre de débris qui circulent en périphérie du tourbillon, de gauche à droite par rapport à la prise de vue.
 
 

Photographies des dégâts

En l'absence d'enquête de terrain, la trajectoire de la tornade de Verderel-lès-Sauqueuse n'a pu être que partiellement reconstituée à l'appui d'articles parus dans la presse locale. Une distance parcourue minimale de près de 5 kilomètres peut être retenue sur ces bases. 

D'après les illustrations des dommages, le phénomène peut être classé en intensité EF0. Si plusieurs toitures semblent avoir subi des dégâts dignes d'une intensité EF1, il convient de préciser que ces toitures appartiennent à des habitations en plain-pied ou à des dépendances agricoles dont la prise au vent est très importante et dont la résistance est moindre comparativement à celle des toitures des habitations modernes. Dans le cas d'habitations plus récentes et/ou plus solides, seules quelques faibles portions ont été touchées (tuiles délogées principalement). Par ailleurs, les arbres de haute futaie n'ont eu que de grosses branches cassées.
 
 
 
 
 
 
 

Contexte météorologique

La situation météorologique qui prévalait ce 7 juillet 2012 a permis le développement d'orages ponctuellement forts. Le détail de la configuration météorologique est présenté sur cette page.
 

Coupure de presse

De nombreux articles de presse ont rapidement fait part du phénomène. Le Parisien du 9 juillet 2012 est notamment riche en témoignages visuels:

Une vingtaine de maisons touchées par la mini-tornade
 
Des dizaines de maisons endommagées, des tuiles envolées, des arbres déracinés et des champs entiers complètement couchés. Les habitants de Luchy et de Verderel-lès-Sauqueuse se souviendront longtemps des caprices du ciel. Samedi après-midi, les deux communes, situées à une quinzaine de kilomètres au nord de Beauvais, ont été traversées, à quelques minutes d’intervalle, par un violent coup de vent.

Les pompiers se sont rendus sur place pour mettre en sécurité les habitations touchées.
Au total, une vingtaine de maisons et une dizaine de bâtiments agricoles ont été endommagés. « C’était plus qu’un coup de vent, c’était une petite tornade comme celles que l’on voit à la télé », assure une habitante de Rougemaison, hameau de Luchy traversé d’un bout à l’autre par les rafales de vent. « C’était un véritable tourbillon de poussière noire. Tout s’envolait sur son passage. » D’autres témoins évoquent, eux aussi, une « mini-tornade » circulant « très vite comme si elle suivait un rail ».

Alors, que s’est-il passé dans le ciel de cette partie de la Picardie verte? « Il faut être prudent avec le terme de tornade, indique-t-on du côté de Météo-France. Un coup de vent violent, intense et très localisé n’en est pas forcément une. » Souvent ces épiphénomènes sont effectivement dus à ce qu’on appelle une rafale descendante, un courant aérien intense qui se forme sous un orage et dont l’écrasement en surface produit des vents violents, divergents et turbulents. En France, les régions Centre et Nord sont les plus touchées par le phénomène. Les spécialistes estiment que la saison la plus propice à l’apparition de ces coups de vent s’étale de mai à septembre. Cette période concentrerait 70% des cas répertoriés, avec deux mois particulièrement concernés : juin et août.