Un épisode méditerranéen sévère, aux conséquences hydrologique somme toute mesurées, a frappé le sud-est de la France dès la nuit du lundi 6 au mardi 7 septembre 2010 et s'est prolongé jusqu'en tout début de matinée du 8 septembre 2010. Des lames d'eau voisines de 350 mm ont été relevées sur le Gard et l'Ardèche. Plus au nord, les cumuls observés entre Loire et Rhône (sur le Lyonnais et le Stéphanois) sont exceptionnels.
 

Lames d'eau observées et cartographie

- lames d'eau observées sur l'épisode en 24h environ :

+ dans le Gard, c'est à Conqueyrac* qu'il faut aller chercher la plus grosse lame d'eau de l'épisode, qui s'élève à 371 mm (dont plus de 310 mm tombé en moins de 6h dans la nuit du lundi 6 au mardi 7). La station Météo-France de Cardet relève 336 mm (dont 116 mm en 1h mais 146 mm sur 1h glissante, valeurs rarement observées en France). La commune de Quissac*, bien touchée par les inondations enregistre 253 mm tandis que la lame d'eau atteint 286 mm au pluviomètre de la Rouvière*. Bien d'autres valeurs dépassent les 150 mm (Anduze, Saint-Hyppolite-du-Fort, Sénéchas,...). Nîmes*, balayée à deux reprises par de forts orages, enregistre un cumul total de 178 mm, alors que Saumane, au coeur des Cévennes, ne relève que 36 petits millimètres sur l'épisode.
+ en Ardèche, c'est surtout dans l'après-midi et la soirée du mardi 7 que les orages ont été les plus marqués en Cévennes et piémont. La station Météo-France de Barnas enregistre 287 mm dont 98 mm en 1h. A Rosières*, la lame d'eau atteint 330 mm (dont 95 mm en 1h). Notons également les 307 mm de La Souche* (dont 90 mm en 1h), les 260 mm d'Ucel* ou les 231 mm de Montpezat*. Sur l'extrême nord du département, surtout près du Pilat, les cumuls sont restés beaucoup plus modestes. Ainsi, Annonay enregistre une lame de 62 mm seulement.
+ dans la Drôme, les plus importants cumuls ont été observés en Drôme Provençale (78 mm à Taulignan). Le Vercors et les Baronnies ont reçu entre 50 et 70 mm de pluie en moyenne.
+ dans l'Hérault, l'importance de l'épisode a été moindre. Aucun relevé ne dépasse les 70 mm. La station Météo-France de Saint-Drézéry relève 61 mm.
+ en Lozère, l'épisode est resté plus modéré. Si, au pied du Mont-Lozère, Villefort relève 127 mm, les lames d'eau ne dépassent que très rarement les 100 mm ailleurs sur le département.
+ dans les Bouches-du-Rhône, c'est la région de Tarascon qui a été la plus touchée en matinée du mardi 7 puis la nuit suivante. Bien que les cumuls aient probablement atteint 200 mm localement, la valeur la plus élevée a été enregistrée à Tarascon : 120 mm
+ en Vaucluse, le passage orageux matinal a été diluvien dans la région de Cavaillon. Il est en effet tombé 215 mm sur l'épisode (dont 207 mm en 4h) entre 6h TU le 6 septembre et 6h TU le 7 septembre. Ceci constitue un record tous mois confondus de précipitations 24h depuis l'ouverture de la station en 1962 (ancien record 158 mm). Il est également tombé 185 mm à Avignon et 163 mm à Bonpas.
+ dans le Var, des lames d'eau de 30 à 60 mm en moyenne ont été observées, lors du passage orageux de la nuit du mardi 7 au mercredi 8.
+ en Haute-Loire, les lames d'eau relevées sont assez hétérogènes d'un point à l'autre du département. Si la station du Puy-Loudes ne relève que 48 mm, celle de Felines au nord-ouest du département récolte 133 mm. A noter également les 108 mm des Estables (malgré un début d'épisode plus tardif).
+ dans la Loire, c'est le sud du département qui a été le plus touché. Ainsi, la lame d'eau à la station Météo-France de Saint-Etienne Grand Clos (intra-muros) atteint 157 mm. La station synoptique d'Andrézieux-Bouthéon relève 95.2 mm. Un nouveau record 24h pour un mois de septembre est ainsi établi (l'ancien record datait de septembre 1958). De nombreuses autres stations ont relevé plus de 100 mm (Cellieu et Saint Chamond 141 mm, Firminy 148 mm...). En allant vers le nord du département, les lames d'eau deviennent moindres : 46 mm à Riorges, 41 mm à Villerest.
+ dans le Rhône, c'est à Soucieu-en-Jarrest que la lame d'eau, exceptionnelle, a été la plus élevée. Le pluviomètre de la station a récolté 170 mm. Il est tombé 113 mm à Lyon-Bron. Cette valeur constitue un record absolu, tous mois confondus, de précipitations en 24h. La station de Lyon-Bron a ouvert en 1921. Une station située à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon a relevé 164 mm.
+ en Isère, les lames d'eau sont finalement restées plus modérées que prévu. En effet, l'axe pluvio-orageux principal ne s'est pas incurvé comme attendu vers le nord-est, limitant de fait les cumuls sur ce département. Toutefois, la station Météo-France de Vienne-Reventin en vallée du Rhône relève 58 mm. Il est tombé 47 mm à Sainte Anne-sur-Gervonde (station ROMMA), 30 mm à Grenoble et 52 mm sur le plateau Matheysin à la Mure.
+ dans les Hautes-Alpes, le passage pluvio-orageux matinal, mal appréhendé, a contribué à gonfler les cumuls. Ainsi, Météo-France relève 87 mm à Gap. La station ROMMA d'Orcières dans le Champsaur récolte 80 mm. Il est tombé 63 mm à Arvieux mais seulement 34 mm à Ristolas dans le Queyras.
+ dans les Alpes de Haute-Provence, département le moins touché par l'épisode, il est généralement relevé 20 à 50 mm (mais 15 mm à Valensole et 54 mm à Sisteron).

* pluviomètres hydroreel

- réactions hydrologiques sur le Gard et l'Ardèche :
L’épisode pluvieux qui a sévi n’a pas généré de réaction exceptionnelle des cours d’eau principaux.

Les principales réactions ont été observées :

+ sur le Vidourle avec une crue modérée liée aux forts cumuls enregistrés sur l’amont du bassin (Conqueyrac, Saint-Hippolyte-du-Fort) dans la nuit du 6 au 7. Les côtes atteintes sont assez classiques sur ce fleuve. La décrue n’a pas été régulière puisque les pluies diluviennes du 7 au soir sur le bassin moyen ont provoqué une nouvelle réaction, moins forte.

+ sur les Gardons, il est à noter que l’amont n’a été que peu arrosé ce qui n’a pas permis le déclenchement d’une crue dès le piémont. Ainsi, malgré les forts cumuls et les intensités exceptionnelles relevées en aval du piémont, près de la confluence Gardon d’Anduze / Gardon d’Alès, la réaction s’est avérée faible à modérée avec des débits ne dépassant pas 600 mètres cube par seconde à Russan.

+ sur la Cèze : elle n’a fourni qu’une légère réaction. Les cumuls sur l’amont, bien qu’en apparence conséquents, étaient assez communs dans ces zones et le barrage de Sénéchas a absorbé une partie des eaux de l’extrême amont.

+ sur l’Ardèche qui a montré une réaction rapide mais modérée. Les débits atteints sont assez classiques. On n’a pas atteint 1600 mètres cube par seconde à Vallon Pont d’Arc, ce qui reste une valeur faible. Plus en amont, les valeurs sont restées en dessous des périodes de retour de cinq ans, malgré des montées assez rapides.
Ces faibles réactions sont à attribuer au manque de stationnarité des principales phases pluvieuses. De fait, les deux zones où les fortes pluies ont le plus stationné (l’amont du Vidourle et l’amont de l’Ardèche durant quelques heures) sont les deux zones qui ont généré les plus fortes crues. Avec une durée de station des pluies plus longue, il est évident que les quatre cours d’eau précités auraient fortement réagi en conséquence. Il apparait, et ce n’est plus à démontrer après les épisodes passés, que les réactions les plus fortes dans les drains principaux sont observées quand les reliefs de l’amont sont frappés par les fortes pluies pendant une période suffisamment longue. Il y a fort à parier que la sécheresse normale de fin d’été n’aurait pas empêché de réaction majeure si ce cas s’était présenté.
Concernant le réseau secondaire, des réactions fortes ont été observées partout où l’on a dépassé les 150 mm avec de fortes intensités associées. La Gagnières, affluent de la Cèze a par exemple fourni une forte crue. Là aussi, le manque de continuité des précipitations n’a pas permis d’atteindre des niveaux très préjudiciables à ces petits bassins versants. On peut citer l’Auzonnet qui n’a pas atteint des niveaux problématiques en termes d’inondations.
Les réseaux très secondaires ont, eux, rapidement et fortement réagi, comme à Nimes dans la nuit du 6 au 7 ou dans les secteurs frappés par les intensités très fortes dans la zone de Quissac, Cardet ou Deaux, posant rapidement des problèmes de circulation.
Par accumulation et ruissellement, les zones à faible relief du nord des Bouches-du-Rhône et du sud du Vaucluse ont connu des inondations locales sans sévérité exceptionnelle. Là aussi, il est heureux que les pluies diluviennes ne se soient pas plus attardées. Enfin, partout où l’artificialisation des sols est suffisamment développée, des ruissellements urbains ont été observés. Cela a par exemple été le cas à Nimes ou à Alès. Comme toujours, la situation est critique en raison de la circulation automobile et de l’accumulation des ruissellements dans les points bas. Mais là encore, la non stationnarité des très fortes intensités n’a pas provoqué de situation catastrophique.

- réactions hydrologiques sur la Haute-Loire, la Loire et le Rhône :
Comme sur les bassins situés plus au sud, les réactions hydrologiques viennent surtout de cours d'eau secondaires et très secondaires, essentiellement sur le sud de la Loire et le sud du Rhône. La Haute-Loire, davantage habituée à recevoir des précipitations supérieures à 100 mm en 24h, n'a pas connu de réactions hydrologiques marquées.
Les principales réactions ont été observées :
+ sur le Furan, affluent de la Loire rive droite, qui prend sa source sur les hauteurs de Saint-Etienne pour aller se jeter dans la Loire au niveau d'Andrézieux-Bouthéon, a fortement réagi sur sa partie moyenne et aval. La tête de bassin a été finalement moins affectée par les gros cumuls de pluie que la partie médiane et aval. Ainsi, le débit maximal enregistré à Andrézieux-Bouthéon a dépassé 120 m3/s, ce qui place la crue à un niveau vingtenal. Les communes de la Fouillouse et d'Andrézieux ainsi que des bretelles de l'autoroute A72, situées à l'aval, ont été partiellement inondées (en bordure du cours d'eau). Il faut noter que le Furan a été fortement alimenté par ses affluents dès sa partie médiane.
+ sur l'Onzon, sous-affluent de la Loire, affluent du Furan, qui a débordé au niveau de Sorbiers, où plusieurs habitations ont été inondées.
+ sur l'Yzeron, affluent du Rhône qui prend sa source dans les Monts du Lyonnais, une crue vingtenale a été observée à Craponne (pic de crue vers 00h loc. le 8 septembre à 19m3/s). Quelques débordements ont été signalés sur son linéaire.
+ sur le Gier, affluent du Rhône, qui prend sa source dans le massif du Pilat, et qui a dépassé sa côte de crue décennale à 145 m3/s à Givors. Aucune inondation n'a été signalée. Le débit du Gier a été limité, fort heureusement, par l'apport en précipitations bien moins important sur le massif du Pilat qu'à proximité de la vallée du Rhône. La partie amont a de fait été peu sollicitée.
+ sur la Loire amont, une crue faible à modérée a été observée à Feurs (côte à 1.70 m). Pour information, la côte enregistrée lors de la crue de novembre 2008 était d'environ 4 m. L'amont de la Loire (en Haute-Loire) n'a été que faiblement sollicité. L'ensemble des affluents entre Bas-en-Basset et Feurs ont contribué à alimenter le fleuve, qui a ainsi vu ses niveaux croître sur le département de la Loire puis s'amortir dès le barrage de Villerest.
Il convient de préciser que l'ensemble de ces cours d'eau étaient à l'étiage avant l'épisode pluvio-orageux, les barrages implantés sur le Furan et le Gier étaient pratiquement vides.
Un apport moindre dans leur partie amont a sans doute contribué a éviter des scénarii d'inondations majeures, préjudiciables aux enjeux (sur le Furan ou le Gier notamment).

- cartographie :

Voici deux cartes, mettant en évidence les cumuls de précipitations enregistrés sur l'épisode par les stations Météo-France, Hydroreel et ROMMA.
L'échelle, quelque peu différente, ainsi que la méthode d'élaboration peuvent conduire à d'infimes différences entre les deux supports.

 

Contexte météorologique

Un thalweg d'altitude s'étire le lundi 6 septembre en soirée entre le sud-ouest de l'Islande et la pointe de la Bretagne. Il redresse le flux au secteur sud-ouest en altitude, tandis qu'un vent marin s'établit sur le Golfe du Lion.
Lundi après-midi, la masse d'air advectée est chaude et potentiellement bien instable, surtout sur le sud-ouest. Un premier forçage d'altitude périphérique (visible sur le champ de tourbillon absolu à 500 hPa disponible ci-dessous) remonte d'Espagne en fin d'après-midi puis se décale vers les régions cévenoles.
Une convergence humide de basse couche (moisture convergence, "MOCON") se met alors en place et stationne sur l'ouest du Gard. Parallèlement, les cisaillements s'accentuent nettement en seconde partie de nuit du 6 au 7 septembre. Les vents près du sol sont orientés au sud vers le Gard alors que le flux général est de secteur sud-ouest en altitude. Ce cisaillement directionnel est favorable au développement d'orages stationnaires, à régénération rétrograde.
Dans ce contexte potentiellement instable (MUCAPE d'environ 800 J/kg, MULI de -4°K), l'activité orageuse n'a aucun mal à se déclencher dès la soirée du lundi 6 septembre. Les lames d'eau générées par cette première offensive s'avèrent particulièrement importantes près du Vidourle, où un multicellulaire à régénération rétrograde se positionne durant plusieurs heures.
En fin de nuit et début de matinée, l'ensemble s'évacue vers les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, et se met à nouveau à stationner. De fortes lames d'eau sont ainsi relevées sur la plaine de la Crau et le Lubéron.

Dans l'après-midi du 7 septembre, une accalmie toute relative gagne l'est du Languedoc, même si quelques orages persistent en Cévennes (entre Gard et Ardèche, apportant plus de 100 mm sur les Cévennes ardéchoises). Par ailleurs, les précipitations convectives sont régulières et ponctuellement orageuses de l'ouest de la Haute-Loire à la Loire et au Rhône (de l'ordre de 5 à 20 mm/h).
Il faut attendre l'approche du forçage principal en fin d'après-midi, pour observer partout, du Languedoc à Rhône-Alpes, un net regain d'activité.
La convergence humide (MOCON) se décale de quelques dizaines de kilomètres vers l'ouest, libérant le Gard, très temporairement, des précipitations les plus soutenues. La reprise des développements convectifs s'opère donc de l'est de Midi-Pyrénées au Massif-Central, à l'avant du forçage d'altitude (voir champ de TA500 et de Divergence 300 hPa).
La convection profonde s'organise de manière linéaire, le long de la convergence. Le potentiel en eau précipitable est alors à son maximum (jusqu'à 45 mm), alors que les profils verticaux sont dotés d'une instabilité significative (MUCAPE d'environ 1300 J/kg, voire davantage près du littoral, MULI de -5°K).
Si le déplacement dudit forçage est rapide de l'Aude à l'Hérault, il marque le pas sur le Gard et l'Ardèche, en raison du pivotement de l'anomalie de tropopause. Les cisaillements de vent sont importants, mais la dynamique semble s'avérer trop rapide pour autoriser la formation d'un orage type "V" durable.

Dans le même temps, une faiblesse d'altitude secondaire se présente dans le Golfe de Gascogne (configuration d'entrée droite de courant-jet). Elle se met en phase avec une advection d'air doux et participe à creuser un minimum de surface particulièrement dynamique. Dans un contexte là aussi instable, des orages s'organisent et revêtent un potentiel venteux non négligeable (voir champ de vent 10m ci-dessous).
En première partie de nuit, la convergence de basse couche commence à se décaler vers l'ouest de la Provence, les vents tournent à l'ouest dans le Golfe du Lion. Les pluies cessent sur l'ouest de la région Rhône-Alpes. L'activité orageuse balaie alors en deuxième partie de nuit l'ensemble de la Provence avec une activité moindre que celle observée sur le Languedoc.

Prévisibilité et comportement des modèles de prévision :

La prévisibilité de ce premier épisode méditerranéen de la saison s'est révélée plus que correcte. Les premières simulations long terme ont envoyé un premier signal dès le 27 août 2010, avec possible mise en place d'une configuration synoptique favorable à de fortes pluies dans le sud de la France.
La stabilité des runs quotidiens (aussi bien au niveau des modèles américains qu'européens) s'est elle aussi révélée surprenante. C'est d'ailleurs ce qui a permis à l'Observatoire d'émettre un communiqué dès le samedi 3 septembre 2010, dans la mesure où les faisceaux d'indices plaidant en faveur d'un épisode pluvio-orageux de grande ampleur présentaient déjà une convergence remarquable.
Les modèles à haute résolution (dont le modèle WRF 8 km utilisé par l'Observatoire), ont apporté de nombreux signaux intéressants, dont la mise en place probable de phénomènes stationnaires sur le Gard en deuxième partie de nuit du lundi 6 au mardi 7 septembre puis le passage d'un système convectif linéaire et lent dans son déplacement en soirée du 7 septembre.
Le risque de lames d'eau tri-horaires extrêmes (possiblement proches de 100 mm) a également bien été appréhendé. C'est sans doute ce dernier élément qui a constitué le fait marquant de cet épisode.

 

Coupures de presse

Trombes d'eau et alerte en Rhône-Alpes et Cévennes
source : Le Progrès

Hier matin une partie de la France s'est réveillée sous la pluie. Dans la soirée la vigilance était de mise dans le Gard et l'Ardèche placés par Météo France en alerte rouge jusqu'à ce matin 6 heures. La montée des cours d'eau et des rivières inquiétaient particulièrement les pompiers. Hier soir en Ardèche la préfecture a ordonné l'évacuation de quatre campings et la mise en sécurité d'un hôpital. Dans certaines communes, l'eau atteignait les 70 cm et la pluie continuait à tomber. Les écoliers ne devraient pas aller ce matin les transports scolaires ne pouvant circuler.
De violents orages se sont abattus sur Nîmes et ses environs dans la nuit de lundi à mardi causant quelques dégâts matériels, comme l'effondrement d'un mur de soutènement. Quelque 1 500 foyers ont été privés d'électricité vers Uzès. Prudent, le préfet du Gard avait décidé de fermer écoles, collèges et lycées hier à midi.

Le Vidourle, un fleuve qui court sur les départements du Gard et de l'Hérault était sorti de son lit en 2002 causant alors d'importantes inondations. Ce fleuve a été particulièrement surveillé hier : son niveau, à hauteur de Quissac, est monté de 4 mètres en quelques heures. Mais le soulagement a prévalu en fin d'après-midi alors que la décrue s'accentuait. Le danger n'était pas écarté pour autant, un nouvel épisode de pluie étant annoncé dans la nuit. Une cellule de crise a été activée à la préfecture du Gard.

Même prudence dans le Vaucluse où plusieurs routes départementales et communales ont été fermées à la circulation. De fortes pluies se sont également abattues sur la ville de Cavaillon. La violence des pluies a saturé les conduits d'évacuation des eaux fluviales rendant impraticables les routes d'Avignon et de l'île sur la Sorgue. Outre les dégâts matériels, les pompiers ont évacué une personne handicapée prisonnière des eaux. La préfecture du Gard estime que « sur tout l'épisode, en 24 heures, les cumuls approcheront donc 300 à 500 mm de pluie dans le voisinage des Cévennes et attend de fortes rafales de vent, de la foudre, voire de la grêle ».

Sur les douze départements mis en alerte, (Ardèche, Drôme, Gard, Hérault, Loire, Haute-Loire, Lozère, et Rhône et la région PACA) Météo France a invité les automobilistes à éviter « le réseau routier secondaire » et les résidents « en zone habituellement inondable » à prendre des précautions d'usage. Mais ces pluies orageuses et intenses qui ont débuté dans la nuit de lundi à mardi à minuit doivent s'achever au plus tôt ce matin vers 7 heures.

Un épisode classique

Les remontées pluvieuses et orageuses intenses qui ont provoqué des cumuls de pluie allant de 150 à 230 mm dans l'Ardèche procèdent d'un phénomène météo très classique dans nos contrées et baptisé épisode cévenol. Par ses pluies diluviennes et continues, il a semé drames et destructions en Haute-Provence et en Languedoc, que ce soit à Nîmes (1990) Vaison-la-Romaine (1992), dans l'Hérault (1996,2005) ou l'Aude (1999). L'épisode cévenol résulte de la percussion de grandes masses d'air humides et chaudes provenant de la mer Méditerranée avec les montagnes cévenoles, plus froides.

Ce choc en altitude provoque de grands phénomènes de condensation qui déclenchent des pluies torrentielles renvoyées par les Cevennes, la montagne noire ou les monts de Lacaune vers le sud, soit le Languedoc et le Tarn.

Sauf que lorsque la température est plus chaude sur les Cevennes, ces masses s'abattent sur l'autre versant, donc en Lozère, Ardèche et Haute-Loire. Elles peuvent même se diriger plus au nord jusqu'à Saint-Etienne et même la région lyonnaise si le vent du sud les pousse ce qui est le cas depuis lundi. Ainsi, en 2008, la Haute-Loire et la vallée du Gier ont déjà été victimes de ce phénomène sud-nord en quelque sorte inversé qui pourrait bien se reproduire aujourd'hui.

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9000 foyers sans électricité
source : Var Matin

Les orages de cette nuit privent toujours 9 000 foyers d'électricité à Fréjus et Cabasse. Les violents orages qui se sont abattues sur le département dans la nuit de mardi à mercredi ont fortement perturbé le réseau électrique. 18 000 foyers ont été privés d'électricité dans l'ouest-Var, principalement à Saint-Cyr. "Tout est rentré dans l'ordre ce matin", indique un représentant d'EDF. Dans le reste du département en revanche, 9 000 foyers restent privés de courant, du côté de Fréjus et de Cabasse notamment. "Les pannes sont éparpillées et touchent toutes sortes de lignes (haute et basse tensions), mais les agents d'ErDF sont à pied d'oeuvre depuis cette nuit pour un retour à la normale attendu dans la journée".
40 mm de pluie en une heure au Castellet
Malgré des cumuls pluviométriques sur 6 heures pouvant atteindre 80 à 100 mm sur des secteurs très localisés sur un axe au Nord de Toulon en direction de Draguignan avec notamment 40 mm sur 1 heure au Castellet, aucun incident majeur n’est à déplorer au bilan de 6h00. Les réseaux autoroutiers et secondaires n’ont subi aucun dommage, le trafic conserve sa fluidité. Seuls quelques chutes de pierres et coulées de boue mineures ont été constatées, notamment sur le secteur d’Ollioules et de Bagnols en Forêt.

Le département repasse en vigliance jaune
Les réseaux SNCF et France Télécom n’a subi aucun dommage. La vigilance reste de mise sur le réseau routier secondaire, même si l’alerte pluvio-orageuse a été ramenée au niveau « jaune » à 6 heures.

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Après les trombes d'eau, l'heure du bilan
source : Midi Libre

Les fortes pluies qui se sont abattues mardi et dans la nuit de mardi à mercredi dans des secteurs localisés du Gard ont cessé ce matin, provoquant des dégâts essentiellement matériels, a-t-on appris auprès des pompiers. Dans le Sud-Est, Météo France a levé la vigilance rouge "orages" mercredi matin.Le Gard est passé en vigilance jaune à 6 h ce matin.

Dans ce département, aucun blessé n'est à déplorer. Une cinquantaine de personnes, essentiellement des automobilistes, ont été misesen sécurité, entre Lédignan et Alès, a-t-on appris de même source. « Des reconnaissances se poursuivent encore ce matin, mais la pluie s'est arrêtée et le dispositif humain devrait être allégé », ont affirmé les pompiers.

Quelque 200 hommes ont été déployés dans une zone allant de Noves à Tarascon et Saint-Andiol, où l'eau était montée mardi sur plusieurs centaines de centimètres dans les rues de la commune. Il ne pleuvait plus mercredi matin sur ce secteur, où les secours n'ont recensé que des dégâts matériels, caves et rez-de-chaussée inondés principalement.

Du côté du réseau électrique, les équipes d’ERDF mobilisées depuis la veille ont permis la réalimentation durant la nuit de 10 000 des 12000 foyers privés d’alimentation électrique.

Ce matin une centaine d’agents d’ERDF interviennent pour des réparations importantes sur le réseau. En parallèle, les dépannages individuels se poursuivent. Un retour à la normale pour la très grande majorité des clients du Gard est prévu d’ici la fin de la journée.

Le réseau téléphonique a lui aussi subit quelques perturbations sur les départements du Gard, de l'Hérault et de la Lozère. On dénombre selon France Télécom, 3 000 dérangements, répartis de manière diffuse, sur ces trois secteurs géographiques. A ces dérangements se rajoutent des zones isolées.

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Fortes pluies dans le Sud-Est, uniquement des dégâts matériels
source : AFP

Les fortes pluies qui se sont abattues mardi et dans la nuit de mardi à mercredi dans des secteurs localisés du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse avaient cessé mercredi matin, provoquant des dégâts essentiellement matériels, a-t-on appris auprès des pompiers.

Dans le Sud-Est, Météo France a levé la vigilance rouge "orages" mercredi matin pour le Gard, et la vigilance orange pour les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var.

Dans l'ensemble de ces départements, aucun blessé n'était à déplorer.

Dans le Gard, il est encore tombé 120 millimètres en une heure dans le secteur de Lédignan dans la nuit de mardi à mercredi, ont précisé les pompiers du département, qui ont effectué une centaine d'interventions.

Une cinquantaine de personnes, essentiellement des automobilistes, ont été mises en sécurité, entre Lédignan et Alès, a-t-on appris de même source.

Entre Nîmes et Alès, des voies SNCF ont été endommagées par les intempéries. "Les travaux de rétablissement sont en cours et devraient permettre la réouverture de la ligne dès demain (jeudi, NDLR) matin", précise dans un communiqué la SNCF, qui a mis en place des autocars de substitution.

Dans le nord des Bouches-du-Rhône, les pompiers ont annoncé à l'AFP "avoir effectué 493 sorties dans la nuit de mardi à mercredi".

Quelque 200 hommes ont été déployés dans une zone allant de Noves à Tarascon et Saint-Andiol, où l'eau était montée mardi sur plusieurs dizaines de centimètres dans les rues de la commune.

Selon son maire, Luc Agostini, "plus de 200 maisons, ainsi que de nombreuses voitures, ont été touchées" mais la décrue s'annonçait mercredi midi, avec "l'arrivée du mistral" et l'installation d'une énorme pompe.

"Nous avons demandé l'état de catastrophe naturelle", a précisé le maire, qui n'était pas encore en mesure de donner d'estimation chiffrée des dégâts.

A Tarascon, une centaine de personnes ont été contraintes d'évacuer un camping en raison de la montée des eaux du Vigueirat à 01h00: elles ont été conduites dans un gymnase où des lits ont été mis à leur disposition, ainsi que des boissons chaudes.

"Toutes ces personnes ont pu regagner le camping à 09h00 ce matin", selon un communiqué de la municipalité.

Dans le Vaucluse, quelque 160 pompiers étaient encore mobilisés entre Cavaillon et l'Isle-sur-la-Sorgue, où la pluie est tombée entre minuit et 03H00, nécessitant "quelques interventions, essentiellement pour des garages inondés".

Enfin, dans le Var, où les orages ont débuté mercredi, à 02H00, avant de se déplacer vers les Alpes-maritimes, "malgré des cumuls pluviométriques sur six heures pouvant atteindre 80 à 100 mm sur des secteurs très localisés (nord de Toulon et Draguignan, NDLR) (...) aucun incident majeur n'est à déplorer", selon la préfecture.

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Plus de 1000 campeurs évacués en Ardèche
source : Le Dauphiné Libéré

Plus de mille campeurs ont été évacués et 700 autres "mis en sécurité" dans la nuit de mardi à mercredi en Ardèche, placée en vigilance rouge en raison des fortes pluies qui ont fait déborder son principal cours d'eau.
"Nous avons réalisé 250 interventions et visité une quarantaine de campings le long de la rivière Ardèche, pour évacuer un peu plus de 1.100 personnes" réfugiées dans des gymnases et salles des fêtes mis à disposition par la préfecture.
Environ 700 personnes ont par ailleurs été mises à l'abri "sur des points plus hauts du camping" dans les zones moins exposées aux crues, a-t-il poursuivi, précisant que l'ensemble des interventions s'était réalisé sans incidents.
L'Ardèche a été placée mardi soir en vigilance rouge, levée mercredi à 6 heures, en raison des fortes pluies qui ont fait monter la rivière Ardèche "jusqu'à plus de six mètres à Vallon-Pont-d'Arc", dans le sud du département, et "tout le dispositif de prévention mis en place mardi a pu être levé", selon ce responsable.
D'après lui, il s'agit d'un niveau exceptionnel qui n'avait plus été atteint depuis les crues de 1992. L'Ardèche avait alors débordé de huit mètres au même endroit.
Les pompiers ont également secouru dans la nuit de mardi à mercredi trois automobilistes dont la voiture avait été emportée par les eaux près d'Aubenas, ainsi que trois randonneurs d'une vingtaine d'années bloqués sur une paroi rocheuse dans les gorges de l'Ardèche.
"Ils n'étaient pas en danger, ils auraient pu passer la nuit là. Mais on avait peur qu'ils paniquent, tentent d'escalader la paroi ou se jettent à l'eau", a expliqué la même source.
Vers 7h00, l'Ardèche était déjà redescendue de deux mètres, et vers 9H00, "elle tendait à reprendre son cours normal", tandis que les pompiers s'attaquaient "au travail de nettoyage et de pompage".
Ailleurs en région Rhône-Alpes, les sapeurs-pompiers étaient "encore très affairés sur l'ensemble de l'agglomération lyonnaise" mercredi matin après les orages de la nuit, "surtout pour des caves inondées".
Dans la Loire, les pompiers sont intervenus 150 fois, notamment dans la vallée du Gier, dans le sud du département, qui menaçait de sortir de son lit mardi soir, mais dont le niveau a finalement baissé en fin de nuit.

 

Photographies

Intensités pluvieuses dépassant les 150 mm/h à Mayres en Ardèche (Patrick BLIER)

 

Impact de foudre sous le système convectif linéaire balayant le Gard en soirée du 7 septembre (Bruno BISCARRAT)

 

Le 07 sept. entre 21h et 22h30 loc à La Garde-Adhémar; Vue Sud-Ouest sur l'énorme cellule qui ce décalait d'Est en Ouest (Mickaël NARCON)

 

Le 07 sept. entre 21h et 22h30 loc à La Garde-Adhémar; Vue Sud-Ouest sur l'énorme cellule qui ce décalait d'Est en Ouest (Mickaël NARCON)

 

Le 07 sept. entre 21h et 22h30 loc à La Garde-Adhémar; Vue Sud-Ouest sur l'énorme cellule qui ce décalait d'Est en Ouest (Mickaël NARCON)

 

Capture vidéo au sud du centre-ville d'Avignon le 7 septembre vers 4h15 loc. (Mickaël NARCON)