Une tornade d'intensité modérée (EF2) se manifeste à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) le 20 octobre 2001 en fin de nuit. Le phénomène, issu d'une trombe marine, dévaste plusieurs caravanes et mobil-homes, et tue une personne.

La tornade d'Argelès-sur-Mer s'inscrit dans un outbreak de tornades (épisode de tornades groupées) qui totalise 2 cas pour la journée du 20 octobre 2001, dont celui de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault).
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 2,0 kilomètres
* largeur moyenne : 60 mètres

* commune traversée : ARGELÈS-SUR-MER
* département : PYRÉNÉES-ORIENTALES (66)
* altitude moyenne du terrain : 3 mètres
* type de terrain : plages, dunes et sable; équipements sportifs et de loisirs, systèmes culturaux et parcellaires complexes

* principaux dégâts : arbres sectionnés (nature non précisée); mobil-homes de deux tonnes renversés et littéralement soufflés; caravanes pulvérisées; toitures arrachées; débris et vêtements épars

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF,
mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade


 © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
 

Une trombe marine meurtrière

Selon toute vraisemblance, la tornade d'Argelès-sur-Mer se serait développée au sein d'une structure de type supercellulaire moteur gauche, déviée du flux principal globalement orienté au Sud dans la nuit du 19 au 20 octobre 2001.

Issue d'une trombe marine, la tornade a saccagé huit campings sur une trajectoire de 2 kilomètres environ, et sur une largeur moyenne de 60 mètres. Le phénomène est marqué par son extrême brièveté : « Çà a duré le temps de dire ouf et après plus rien. Tout est redevenu calme. Le ciel était étoilé, il n’y avait plus de vent, plus de nuages… » confie un témoin au Midi Libre dans son édition du 21 octobre.

Les dégâts sont significatifs et relèvent d'une intensité EF2 : arbres sectionnés (nature non précisée), mobil-homes de deux tonnes renversés et littéralement soufflés, caravanes pulvérisées dans les campings, toitures arrachées, débris et vêtements éparpillés sur le parcours de la tornade. Surtout, la tornade tue une personne, et en blesse 35 autres, dont deux sont très grièvement atteintes.

Coupure de presse

Les intempéries du 20 octobre 2001 ont fait l'objet d'une importante médiatisation. Voici un extrait du quotidien régional Midi Libre (édition du 21 octobre 2001):

Le Midi à nouveau frappé par la tempête

C’est Argelès-sur-Mer qui a payé le plus lourd tribut. La mini-tornade est née vers 6 heures au-dessus de la mer, devant le parking du camping « La Marende ». Là, un camp de gens du voyage est installé depuis mercredi soir. De la quinzaine de caravanes, il ne reste rien ou presque. Pire, le bilan fait état d’un mort, un homme âgé d’une cinquantaine d’années écrasé par un arbre dans sa caravane, et de 35 blessés, dont deux gravement touchés.

La tornade a parcouru près de deux kilomètres vers l’intérieur des terres. D’après les premières constatations, la largeur de cette colonne d’air pourrait être de 50 à 60 mètres. Les stigmates de son passage sont effrayants : mobil-homes de deux tonnes renversés et littéralement soufflés, arbres sectionnés, toitures arrachées, débris et vêtements épars.

Sur son chemin, la tornade a frappé au moins huit campings. Sept d’entre eux étaient heureusement quasiment inoccupés. Un huitième camping, rempli à 50 %, a été partiellement touché, sans faire de victimes. La colonne a ensuite fait demi-tour à proximité immédiate de la ville. « Le bilan est lourd, car il y a un mort, mais il aurait pu être catastrophique quand on voit l’effet du vent sur les    caravanes », témoignait hier Pierre Aylagas, le maire d’Argelès, qui devrait demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Une dizaine de personnes a été relogés dans des appartements vacants ou à l’hôtel et une cellule d’aide psychologique a été mise en place en mairie.