Une tornade d'intensité modérée (EF2) touche l'agglomération de Tours (Indre-et-Loire) le 2 janvier 1999 dans l'après-midi. Le phénomène, qui a été vu, est largement médiatisé.
 
Il est à noter que la ville de Tours a déjà été touchée au moins quatre fois par une tornade: le 25 mai 1876 (EF0), le 1er février 1930 (EF2), le 23 février 1981 (EF3) et le 2 janvier 1999 (EF2).
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 7 kilomètres
* largeur moyenne : 150 mètres

* communes traversées : TOURS (Beaumont, Rabelais, les Prébendes, Mirabeau), SAINT-PIERRE-DES-CORPS (avenue Jean Bonnin, la Loire), TOURS (la Loire), ROCHECORBON
* département : INDRE-ET-LOIRE (37)
* altitude moyenne du terrain : 55 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu; zones industrielles et commerciales; réseaux routier et ferroviaire et espaces associés; vignobles; plages, dunes et sable; cours et voies d'eau

* principaux dégâts : toiture du collège Rabelais partiellement soufflée; arbres feuillus brisés net à ras du sol; cheminées et vitres brisées; toitures d'habitations individuelles au pire enlevées sur de très larges portions (tuiles, poutres, briques, couvertures) avec morceaux emmenés dans les airs et transportés à distance; multiples débris (zinc, tôles) emmenés dans les airs; mobilier urbain endommagé (feu tricolore plié, panneau publicitaire arraché)

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

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Trajectoire de la tornade EF2 de Tours (Indre-et-Loire) du 2 janvier 1999. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Une tornade en plein centre-ville

La tornade de Tours du 2 janvier 1999, qui survient en bordure d'un orage de grêle, traverse une bonne partie du centre-ville, avant de franchir la Loire à Saint-Pierre-des-Corps, et de se dissiper dans la commune de Rochecorbon : "Soudain, vers 15h30, le ciel s'obscurcit et une forte pluie commença à tomber. Au loin, des coups de tonnerre. Etonnant. Quelques minutes encore et deux fortes averses de grêle s'abattirent sur le centre-ville, faisant fuir les badauds à l'intérieur des magasins ou sous les porches comme celui du commissariat central où se réfugièrent de nombreuses personnes." (La Nouvelle République du 4 janvier 1999).
 
Le tourbillon, chargé de débris de toutes sortes, a surpris les habitants : "Et vers 16h, alors qu'une nuit prématurée enveloppait le centre-ville, on vit passer haut, très haut dans le ciel, largement au-dessus des oiseaux, plusieurs plaques de tôle et de zinc... Quelques minutes plus tard, le branle-bas de combat commençait pour les pompiers, la police et les services municipaux. Une tornade avait balayé d'ouest en est le centre-ville sur une bande d'environ cent à deux cent mètres de large, causant de très importants dégâts entre le quartier Rabelais et l'école Mirabeau en passant par les Prébendes."
 
Les dégâts, qui se multiplient dans plusieurs quartiers de la ville, frappent plus particulièrement les voies de communication suivantes, de l'OSO vers l'ENE : rue de Beaumont, rue François Richer, rue Plailly, place Rabelais, rue Victor Hugo, boulevard Béranger, rue Origet, rue Jehan Fouquet, rue de la Dolve, place Jean Jaurès, place Leclerc, boulevard Heurteloup, rue Mirabeau, avenue Georges Pompidou. A Saint-Pierre-des-Corps, la tornade survole l'impasse Raspail et l'avenue Jean Bonnin avant de traverser la Loire. 
 
Le faible bilan humain (trois blessés légers) peut relever du miracle si l'on compare la tornade de Tours à d'autres phénomènes tourbillonnaires de même intensité et survenus dans d'autres agglomérations. Il convient toutefois de citer le fait suivant, qui aurait pu tourner au drame : la partie gauche du toit de l'école Mirabeau a été projetée dans la rue au moment où survenait une Peugeot. L'automobiliste ne fut que légèrement blessé aux mains par la chute des poutres et des ardoises emportées par la tornade.
 
Les dégâts matériels de la tornade de Tours sont importants et relèvent de l'échelon EF2 : toiture de deux écoles partiellement soufflée; arbres feuillus brisés net à ras du sol; cheminées et vitres brisées; toitures d'habitations individuelles au pire enlevées sur de très larges portions (tuiles, poutres, briques, couvertures) avec morceaux emmenés dans les airs et transportés à distance; multiples débris (zinc, tôles) emmenés dans les airs; mobilier urbain endommagé (feu tricolore plié, panneau publicitaire arraché).
 
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La tornade de Tours a été fortement médiatisée. Le quotidien régional La Nouvelle République y consacre plusieurs pages, notamment dans son édition du 5 janvier 1999. Voici un extrait relatif à l'évaluation des réparations et à la sollicitation des couvreurs : 
 
Les couvreurs sur la brèche
 

La tornade de samedi a donné le tournis aux passants et du travail aux couvreurs. A l'entreprise Babary, par exemple, où l'épouse du patron indiquait hier : « Depuis samedi, on n'arrête pas! On bâche, on déblaie et on répare aussi. Il y a de gros sinistres ! Rue d'Entraigues, on est intervenu pour toute la partie arrière de la toiture d'un particulier, 15 m² environ. Et à La Riche, à Saint-François, pour 70 m² de tôles envolées dans une entreprise. » Et Mme Babary de préciser : « Notre toiture personnelle, rue d'Entraigues, n'a pas bougé samedi. Par contre, nos proches voisins ont connu de petits problèmes... »

A l'entreprise Crété, même son de cloche : « Le téléphone n'arrête pas de sonner. On a repris le travail ce matin après les fêtes de fin d'année ; on a reçu soixante appels et plus de cinquante messages sur le répondeur. C'est difficile de faire face, on est obligé d'aller au plus urgent. » L'entreprise a mis "dix gars sur le terrain", intervenant surtout dans le secteur Mirabeau mais aussi place Jean Jaurès. Pour Jean-René Crété, « les particuliers et les agences immobilières vont encore découvrir des dégâts dans les jours qui viennent. Tout ce travail n'est pas prévisible, et décale les engagements pris auparavant... »

A l'entreprise Martin, une responsable reconnaissait lundi : « On a eu une bonne reprise, on tente de faire face avec trois ou quatre équipes. Des clients nous ont appelés de Tours-Centre et Saint-Pierre-des-Corps... » Comme à STP, où le standard a enregistré samedi une bonne centaine d'appels entre 17h30 et 19h : « On a répondu aux cas les plus urgents. »

Quatre tornades en un peu plus d'un siècle

Sur la base du recensement actuel, le secteur de la ville de Tours, aux abords de la Loire, apparaît comme l'un des plus tornadiques de France, puisque 4 tornades y ont déjà été observées dans un périmètre extrêmement restreint. La plus forte d'entre elles, d'intensité EF3, est survenue le 23 février 1981 et avait projeté une voiture à distance.
 
La carte ci-après synthétise les quatre événements tourangeaux recensés entre 1876 et 1999: 

Carte synthétique des quatre tornades survenues à Tours et sa proche banlieue entre 1876 et 1999. © Keraunos (fond de carte : Google Images)
© Keraunos (fond de carte : Google Images)