Une tornade de faible intensité (EF1) touche deux hameaux de Sougéal (Ille-et-Vilaine) le 7 septembre 1994, vers 23h00 locales. On observe quelques dégâts dans deux exploitations agricoles, ainsi que dans les champs.

La tornade de Sougéal s'inscrit dans un outbreak de tornades (épisode de tornades groupées) qui totalise au moins 2 cas pour les journées des 7 et 8 septembre 1994 (période de 24 heures glissantes), dont celui de Cruis (Alpes de Haute-Provence).
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : 700 mètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : indéterminée

* commune traversée : SOUGÉAL (le Bois Robert, la Musse)
* département : ILLE-ET-VILAINE (35)
* altitude moyenne du terrain : 65 mètres
* type de terrain : prairies, systèmes culturaux et parcellaires complexes

* principaux dégâts : toitures de stabulation et de dépendances agricoles arrachées, avec projection de tôles à grande distance; toiture d'un cellier soulevée; portion d'un champ de maïs endommagée

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF1 de Sougéal (Ille-et-Vilaine) du 7 septembre 1994. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Des tôles emportées à 1 kilomètre

La tornade de Sougéal a parcouru une distance minimale de 700 mètres entre les hameaux du Bois Robert et de la Musse, avant de se propager en direction de la vallée du Couesnon, où des tôles d'un hangar ont été retrouvées dans un marécage. La trajectoire de cette tornade apparaît donc comme un minimum est pourrait être supérieure compte-tenu de ces débris portés à distance.
 
Le phénomène, résumé dans le quotidien régional Ouest-France dans son édition du 9 septembre 1994, s'est illustré par un bruit caractéristique : "Je pensais que c'était le tonnerre ! " Mme Busnel, au village de la Musse, en Sougéal, réveillée vers 23h mercredi soir, s'était ensuite rendormie sans se faire plus de souci. Son fils, M. Christian Busnel, cultivateur, regardait alors la télévision. Sorti avec une lampe électrique, après ce grand coup de vent, d'un rapide coup d’œil il n'avait rien vu de grave. C'est le lendemain matin qu'il allait découvrir l'importance des dégâts."
 
Les dégâts, concentrés sur une bande de terrain située entre deux hameaux, relèvent d'une intensité EF1 : "Des bâtiments de ferme ont particulièrement souffert du passage subit d'une mini-tornade, au village de la Musse, en Sougéal. Il était 23h, mercredi soir. Ce n'est que le lendemain matin que les propriétaires ont découvert les dégâts. [...] La stabulation construite récemment, pour son troupeau de 25 vaches, était par terre. Les tôles recouvrant ses hangars avaient été arrachées, et certaines emportées à un kilomètre plus loin, dans le marais. Une ancienne étable était également découverte. La toiture d'un cellier était soulevée. [...] "On avait vu mercredi soir qu'il y avait un peu de dégât ; mais on ne pensait pas qu'il y en avait tant", observait hier, avec une vive émotion, Mme Busnel. Dans un village voisin, au Bois Robert, chez Mme Rosalie Felgines, une partie de la toiture de sa grange a été arrachée. Et dans un champ de maïs, appartenant à un autre cultivateur de la Musse, la tornade a arraché une partie de la récolte sur toute la longueur du champ."
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).