Une tornade d'intensité modérée (bas de l'échelon EF2) touche deux communes d'Ille-et-Vilaine, dont la Guerche-de-Bretagne qui est sinistrée dans sa partie sud. La tornade a fait l'objet d'une enquête de terrain, appuyée d'un inventaire précis de déclarations de sinistres, par Michel Martin (délégué départemental de Météo-France en Ille-et-Vilaine).
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 2,5 kilomètres
* largeur moyenne : 50 mètres

* communes traversées : RANNÉE (Pérouse), LA GUERCHE-DE-BRETAGNE
* département : ILLE-ET-VILAINE (35)
* altitude moyenne du terrain : 75 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, zones industrielles et commerciales, prairies

* principaux dégâts : stèles d'un cimetière brisées (certainement dans leur chute) ; arbres déracinés ; toitures partiellement arrachées ; une 2CV poussée sur cinquante mètres ; tôles retrouvées à 400 mètres de leur lieu d'origine, fichées dans des arbres ; toitures de hangar soufflées ; vitres brisées dans une serre

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de la Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) du 20 septembre 1993. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Une voiture poussée sur 50 mètres

La trajectoire de la tornade de la Guerche-de-Bretagne a pu être reconstituée à l'appui d'un inventaire précis de déclarations de sinistres. Selon Michel Martin, délégué départemental de Météo-France en Ille-et-Vilaine, le phénomène a débuté sa course à la Pérouse, hameau de Rannée, et s'est dissipé au sud-est de la Guerche-de-Bretagne. Ces informations permettent de valider une trajectoire de 2,5 kilomètres.
 
La tornade, qui a progressé sur un front d'une cinquantaine de mètres de largeur, n'a toutefois blessé personne, bien que de nombreuses projections à distance aient été observées.  
 
 
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Le quotidien régional Ouest-France mentionne la tornade de la Guerche-de-Bretagne dans son édition du 22 septembre 1993:
 
De la Guerche à Rannée

Réactions après la tornade

La tornade qui s’est abattue lundi, vers 17h25, entre La Guerche et Rannée (lire notre édition d’hier), a laissé la population choquée. Etant donnée la violence du phénomène, chacun se réjouit – mais s’étonne aussi – qu’il n’y ait pas eu de victimes.

«  Chez un horticulteur de La Guerche, deux-cents vitres de verrières ont été cassées… Quant à la 2 CV qui était garée devant son bâtiment, elle a été poussée sur 50 mètres par la tornade ! On voit encore les traces par terre », raconte Patrick Lassourd, maire de La Guerche, qui, hier matin, constatait l’importance des dégâts. « C’est vraiment une chance inouïe qu’il n’y ait pas eu de blessés ou de morts avec tout ce qui a pu voler pendant ce quart d’heure ! »

Plus loin, le maire de Rannée ajoute : « Les gens ont d’abord entendu un grand bruit jusqu’à ce qu’ils voient les tôles tourbillonner… Heureusement, tout cela s’est produit juste après la sortie des écoles : les enfants étaient rentrés chez eux ».

Du côté des services météorologiques, on expliquait, hier, que ce type de phénomène est toujours lié à la présence de cumulonimbus sous lesquels il arrivé que se forme un mouvement tourbillonnaire ascendant avec des vents dépassant parfois 100km/heure. Cette colonne d’air, d’une durée très courte et couvrant un faible périmètre, peut être, à l’occasion, d’une grande intensité comme cela a été le cas entre La Guerche et Rannée.

« L’instruction du dossier en vue de la reconnaissance comme catastrophe naturelle est déjà entamée », indique Patrick Lassourd qui précise qu’au niveau de sa mairie un catalogue de photos de tous les immeubles endommagés a déjà été réalisé. Toutes les personnes sinistrées sont néanmoins invitées à se manifester le plus rapidement possible auprès de leurs mairies respectives.
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).