Une tornade de faible intensité (EF1) frappe la commune de Cruzy (Hérault) le 9 août 1992 à 11h40 locales. Les phénomène endommage une centaine de constructions dans le village. Faute d'enquête de terrain, la trajectoire totale de la tornade n'a pu être établie.

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : indéterminée
* largeur moyenne : 50 mètres

* commune traversée : CRUZY
* département : HERAULT (34)
* altitude moyenne du terrain : 85 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, vignobles

* principaux dégâts : arbres déracinés (nature non précisée) ; habitations endommagées (toits partiellement arrachés, cheminées écroulées) ; hangars écroulés ; clocher de l'église endommagé (chute de pierres et de tuiles, et de la flèche en fer forgé) ; caravanes couchées

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF1 de Cruzy (Hérault) du 9 août 1992. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
 

Ruelles transformées en "champ de bataille"

La tornade de Cruzy s'est développée dans un flux de sud rapide et caractérisé par des cisaillements importants, notamment en vitesse
 
Le phénomène, qui s'est propagé du Sud-Ouest vers le Nord-Est sur une largeur de 50 mètres environ, pourrait s'être développé au sein d'une structure de type supercellulaire, sans que nous puissions l'attester.
 
Les dégâts, généralisés dans le village qui a été frappé au coeur, sont assez importants : environ 100 à 120 toitures endommagées ou partiellement arrachées, clocher de l'église atteint (chute de pierres et de tuiles, et de la flèche en fer forgé), une cloison en briques écroulée, caravanes renversées. Ce type de dommages relève de l'échelon EF1.
 
Faute de reconnaissance de terrain, la trajectoire de la tornade de Cruzy apparaît indéterminée à ce jour.
 
 
* * *
 
Le quotidien régional Midi Libre fait part de la tornade de Cruzy dans son édition du 10 août 1992:
 
Comme une véritable tornade...

A Cruzy, dans le biterrois

Un spectacle de désolation

Hier, l'horloge électrifiée du clocher de Cruzy s'est arrêtée à 11h40 précises, heure à laquelle un orage accompagné de violentes bourrasques de vent a tout saccagé sur son passage, abandonnant derrière lui un enchevêtrement de poutres et de tuiles, de branchages et d'éléments de cheminées.

Proche de Quarante sur le canton de Saint-Chinian (Hérault), le village de Cruzy offrait hier après-midi un spectacle de désolation, avec, çà et là, des toitures littéralement soufflées et projetées à plusieurs dizaines de mètres, des lignes électriques et téléphoniques arrachées ou la voiture d'un vacancier réduite à l'état d'épave, ensevelie sous la flèche en fer forgé, les lourdes tuiles et pierres de taille qui se sont décrochées du clocher de l'église fortifiée (XIVe).

Dans le café du village où l'on n'a guère laissé aux glaçons le temps de fondre dans les verres d'anisette, une cloison en briques prise entre deux vilains courants d'air s'est même écroulée. Par bonheur, aucun accident n'est à déplorer malgré la soudaineté et l'ampleur du sinistre!

Sur les 800 habitants que compte la commune de Cruzy survolée dès les premières heures de l'après-midi par un hélicoptère de la protection civile qui a recensé 100 à 120 toitures endommagées et tout autant de rues et ruelles transformées en un spectaculaire champ de bataille, il n'en est probablement pas un villageois qui n'ait à déplorer des dégâts matériels. A commencer par cette habitante âgée du quartier bas qui s'est subitement retrouvée avec un immense grenier à ciel ouvert et tout un étage sous les eaux ou ce touriste qui aura toutes les peines du monde à récupérer sa caravane sous les décombres d'un hangar!

Pensez qu'en l'espace de cinq minutes, les pompiers de la localité rapidement rejoints par ceux de 4 corps voisins (Capestang, Montady, Puisserguier, Olonzac) ont enregistré une soixantaine d'appels de détresse. Ici, des tuiles et antennes de télévision enlevées comme fétus de paille; là, des arbres déracinés et des cheminées écroulées. Partout, de larges plaies laissées par une tornade qui n'est pas sans rappeler le vieil adage recommandant de « toujours se méfier des années à 13 lunes. »
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).