Le 13 octobre 1993, vers 20h30 locales, une tornade d'intensité modérée (bas de l'échelon EF2) est ressentie dans le village de Chénérailles, dans le département de la Creuse. Le phénomène, qui a produit des dégâts matériels importants, s'est développé au sein d'un système orageux très venteux qui a surtout balayé le Limousin.

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Chénérailles (23) du 13 octobre 1993* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 1 kilomètre (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 50 mètres

* commune traversée : CHÉNÉRAILLES (le Janot, gendarmerie, village)
* département : CREUSE (23)
* altitude moyenne du terrain : 520 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, prairies

* principaux dégâts : arbres déracinés ; toitures arrachées ; chutes de cheminées ; fils électriques enchevêtrés ou arrachés ; projections de tuiles et d'ardoises

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Chénérailles (Creuse) du 13 octobre 1993. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Un axe orageux destructeur de plus de 100 kilomètres

La tornade de Chénérailles s'est constituée au sein d'un système orageux destructeur qui a balayé successivement le nord de la Corrèze, la Creuse et l'Allier. L'axe orageux, organisé sur un front de 120 kilomètres de profondeur et une largeur moyenne de 20 kilomètres, a produit d'importants dégâts matériels : ligne de 20 000 volts effondrée à Blessac (Creuse), câbles téléphoniques rompus, arbres déracinés et toitures endommagées partout ailleurs. Une grue est même tombée sous la force du vent aux Angles-sur-Corrèze, commune voisine de Tulle.
 
Au-delà du département de l'Allier, des dégâts venteux plus diffus sont encore signalés dans le Nivernais et à la Charité-sur-Loire, mais ils semblent dissociés de l'épisode orageux limousin.
 
A Chénérailles, un phénomène tourbillonnaire est annoncé par un bruit caractéristique perçu de nombreux témoins : "Pendant 20 à 30 secondes, commente l'un des gendarmes de faction à la brigade, j'ai entendu comme un gros souffle, comme si un train passait dans la cour devant la gendarmerie. Les volets se sont mis à battre. Vous allez rire, j'ai cru que c'était un tremblement de terre." (La Montagne du 15 octobre 1993).
 
La tornade, qui a sévi sur une bande de terrain de 50 mètres de large et sur un parcours d'au moins 1 kilomètre, a provoqué d'importants dégâts entre le lieu-dit le Janot et le nord-est du village. Le secteur de la gendarmerie, au coeur de Chénérailles, a été le plus sinistré : plusieurs toitures sont arrachées et des arbres abattus. Certains témoins disent avoir vu des tuiles s'envoler par la force du souffle.
 
Faute de reconnaissance de terrain, la trajectoire de la tornade de Chénérailles, d'un kilomètre, apparaît comme un minimum et pourrait être supérieure.
 
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La tornade de Chénérailles est mentionnée dans le quotidien La Montagne ,dans son édition du 15 octobre 1993 :
 
A Chénérailles, chef-lieu de canton de 800 habitants, la tornade, en une trentaine de secondes, a arraché une vingtaine de toitures et abattu de nombreuses cheminées. Fort heureusement, personne ne se trouvait dans les rues puisque tous les habitants étaient devant leur poste de télévision pour suivre le match de football France-Israël. « C'est grâce à ce match qu'il n'y a pas eu de victime », a déclaré un habitant, Marc Farigou, propriétaire d'un bar-tabac.

« Vers 20h30, comme il n'y avait aucun client, je m'apprêtais à fermer mon établissement, raconte-t-il. Alors que je me rendais dans le bar, toutes les portes se sont violemment ouvertes. Dehors, c'était démentiel : les tuiles et les ardoises volaient comme des feuilles mortes, les fils électriques s'enchevêtraient et les cheminées s'effondraient dans un fracas assourdissant. Immédiatement, le courant a été coupé. Trente secondes plus tard, c'était fini ! »

Durant toute la nuit, les hommes de six centres de sapeurs pompiers ont œuvré afin de bâcher une trentaine de maisons dont le toit s'était envolé.

Les services de l'Equipement du département ont procédé au dégagement des routes départementales obstruées en de nombreux points par des arbres déracinés, alors que les services d'EDF réparaient les lignes (7000 foyers ont été privés de courant durant la nuit).

 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).