Une tornade meurtrière d'intensité modérée (EF2) frappe la commune de Cardonville (Calvados) le 25 décembre 1999 à 12h30 locales. Le phénomène dévaste une habitation en plain-pied et tue deux personnes. Faute d'enquête de terrain, la trajectoire totale reste inconnue, mais un parcours minimal de 800 mètres est établi pour ce cas.

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 800 mètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 80 mètres

* commune traversée : CARDONVILLE
* département : CALVADOS (14)
* altitude moyenne du terrain : 30 mètres
* type de terrain : terres arables hors périmètres d'irrigation, prairies

* principaux dégâts : arbres arrachés (nature non précisée) ; hangar effondré; maison très fortement endommagée (toiture entièrement arrachée, effondrement de la charpente, murs extérieurs supérieurs probablement détruits en partie)

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Cardonville (Calvados) du 25 décembre 1999. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire approximative a été établie grâce aux coupures de presse et à la reconstitution du flux pour la journée du 25 décembre 1999.
 

Effondrement d'une habitation : deux victimes décédées

La tornade de Cardonville, très localisée, est responsable de la mort de deux occupants d'une habitation en plain-pied qui s'est écroulée sous l'action du vent. Le phénomène, qui a fait l'objet d'une reconnaissance aérienne grâce à un hélicoptère de la Sécurité Civile de la Manche, a marqué son passage le long de la RN 13, sur une bande de quelques dizaines de mètres de largeur à peine. Le survol de la zone sinistrée conduit à une trajectoire d'environ 800 mètres.
 
Le phénomène a marqué les habitants par sa brièveté et la rapidité des dégâts causés : "Ca a pris dans les écuries, ça a duré 30 secondes, tout s’est écroulé !" Sous le choc, Jacques Groult regarde le champ de ruines, tout ce qui reste de la maison où il habitait avec sa petite fille, Laura, et sa compagne, Nathalie Marvie. « Le toit s’est envolé, les pignons de la maison se sont écartés, les poutres se sont alors décrochées et tous les plafonds se sont effondrés » expliquera plus tard le capitaine Lionel Ossent, commandant de la compagnie de gendarmerie de Bayeux." (La Renaissance du 28 décembre 1999).
 
Les dégâts sont importants : arbres arrachés, un hangar agricole effondré, une maison très fortement endommagée (toiture entièrement arrachée, effondrement de la charpente, murs extérieurs supérieurs probablement détruits en partie). C'est précisément dans cette habitation que le drame s'est produit : en plus des deux victimes décédées sous l'effondrement du toit, une fillette est grièvement blessée et dans un état critique.
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).