Une tornade de forte intensité (EF3) touche le nord de l'agglomération de Tours (Indre-et-Loire) le 23 février 1981 vers 16h00 locales. Le phénomène, qui a été vu, provoque localement de gros dégâts, mais aucune victime n'est à déplorer. Les éléments recueillis sur ce cas permettent de valider une trajectoire minimale de 3 kilomètres.
 
Il est à noter que la ville de Tours a déjà été touchée au moins quatre fois par une tornade: le 25 mai 1876 (EF0), le 1er février 1930 (EF2), le 23 février 1981 (EF3) et le 2 janvier 1999 (EF2).
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF3, soit des vents estimés entre 220 km/h et 270 km/h
* distance parcourue : 3 kilomètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 75 mètres

* commune traversée : TOURS (les Bordiers, rue Van Vooren, cimetière la Salle, I.U.T, Sainte-Radegonde)
* département : INDRE-ET-LOIRE (37)
* altitude moyenne du terrain : 90 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés

* principaux dégâts : cheminée écroulée et transperçant une habitation; nombreux arbres déracinés, brisés, tordus; toitures entièrement arrachées avec, au pire, un effondrement de plafond; voiture soulevée et déplacée au-dessus d'un muret; croix en marbre du cimetière brisées et emportées à distance; multiples projections de débris et de tôles

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF3 de Tours (Indre-et-Loire) du 23 février 1981. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Une voiture plantée à la verticale

La tornade de Tours du 23 février 1981 se serait constituée au nord-ouest de l'agglomération (quartier des Bordiers) pour se dissiper près du coteau de Sainte-Radegonde. Ces informations permettent de valider une trajectoire minimale d'environ 3 kilomètres, selon une orientation ONO-ESE. Selon les quotidiens La Nouvelle République et la Dépêche du Midi, la tornade aurait parcouru une distance de 20 kilomètres (en passant par Rochecorbon et Vouvray), mais cette information semble en contradiction avec le sens de déplacement du phénomène qui aurait plutôt dû se diriger vers Saint-Pierre-des-Corps.
 
La tornade s'est développée au sein d'un orage de grêle très localisé qui s'est attardé sur la rive droite de la Loire, en épargnant le centre-ville : "Pour les habitants de la zone touchée qui se trouvaient à Tours au moment du phénomène, la surprise sera de taille en rentrant chez eux le soir. Du centre de la ville, si l'on remarqua une masse noire vers le nord, on ne pouvait guère imaginer quelle force destructrice elle représentait. Et pour cause : le soleil brillait rue Nationale pendant que d'énormes grêlons détruisaient tout à quelques kilomètres seulement." (La Nouvelle République du 24 février 1981). Les grêlons atteignent par endroit la taille d'un œuf.
 
La largeur moyenne du phénomène, dès son premier contact au sol, est estimée à 75 mètres : "A quelques mètres, devrait-on dire. Car au Nord de la Loire, seule une bande de terrain large de quelques dizaines de mètres (50 à 100) a été touchée. Alors que les Etablissements Pinguet recevaient les premières atteintes de la tornade rue des Bordiers, pas un grêlon ne tombait rue du Bocage, tout à côté. Mme Pinguet aura l'impression « qu'il s'agissait de bombes soufflantes ». Effectivement les cabanes de jardin du pépiniériste, les toits de ses hangars sont littéralement aspirés et arrachés. Dans le ciel Mme Pinguet croit voir des feuilles de papier : « J'ai bientôt vu qu'il s'agissait d'énormes planches qui se trouvaient au moins à cent mètres de hauteur ! ».

Les dégâts relèvent ponctuellement de l'échelon EF3 aux abords du cimetière la Salle : une voiture (modèle Simca 1100, masse estimée à 900 kg), garée dans la cour d'une fabrique de monuments funéraires, a notamment été soulevée du sol, est passée par-dessus un muret et s'est plantée verticalement dans une fosse. De nombreuses projections à distance sont également observées, dont une croix de tombe emportée à 100 mètres. On compte également de nombreuses toitures arrachées et des hangars soufflés.

La tornade a également traversé l'IUT. Hormis quelques frayeurs, personne n'a été blessé : "Depuis les fenêtres de l'Institut, on voit la tornade approcher. Une masse noire qui aspire littéralement le cimetière, emportant à cent mètres dans le ciel des objets divers dont la croix déjà évoquée. Les débris retombent sur l'établissement. Mais celui-ci n'est pas épargné. Durant quelques minutes (entre trois et cinq selon les témoins) où il se trouvera dans "l’œil" de la trombe, les volets sont arrachés, les vitres brisées, les pare-brises explosent. Dans les classes, assourdies par un bruit infernal, on dénombre quelques crises de nerfs mais pas, là non plus, de blessés. Autour du stabile qui orne les bâtiments, les arbres sont littéralement hachés par les grêlons. Un peu plus loin, rue du Pont-Volant, les toits de la résidence des Justices s'envolent. Et la tornade poursuit sa route..." (La Nouvelle République du 24 février 1981).

Seule une personne blessée est à déplorer pour cet événement.
 

Quatre tornades en un peu plus d'un siècle

Sur la base du recensement actuel, le secteur de la ville de Tours, aux abords de la Loire, apparaît comme l'un des plus tornadiques de France, puisque 4 tornades y ont déjà été observées dans un périmètre extrêmement restreint. Celle du 23 février 1981 apparaît comme la plus puissante à ce jour.
 
La carte ci-après synthétise les quatre événements tourangeaux recensés entre 1876 et 1999:

Carte synthétique des quatre tornades survenues à Tours et sa proche banlieue entre 1876 et 1999. © Keraunos (fond de carte : Google)
© Keraunos (fond de carte : Google)
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).