Le 5 janvier 1986, vers 6h45 locales, une tornade d'intensité modérée (EF2) dévaste une serre au lieu-dit l'Officière, commune de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique). La tornade se déplace le long de la Loire sur un parcours minimum d'un peu plus d'un kilomètre.
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Saint-Julien-de-Concelles (44) du 5 janvier 1986* intensité maximale : EF2 soit des vents estimés entre 175 et 220 km/h
* distance parcourue : 1,2 kilomètre (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 100 mètres

* commune traversée : SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES (l'Officière)
* département : LOIRE-ATLANTIQUE (44)
* altitude moyenne du terrain : 6 mètres
* type de terrain : territoires agricoles

* principaux dégâts : pommiers et noyer arrachés; exploitation maraîchère de grande dimension ravagée (serres détruites, projection de vitres à 300 mètres, un portail soulevé de ses gonds); toiture arrachée; une habitation lézardée

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique) du 5 janvier 1986. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
 Cette trajectoire approximative a été établie en fonction des informations disponibles (rapport de mairie, reconstitution du flux pour la journée du 5 janvier 1986).
 

Une serre dévastée

D'après le rapport de la mairie établi après l'événement, la tornade de Saint-Julien-de-Concelles a sinistré une bande de terrain de 1,2 kilomètre de long sur un front de 100 mètres de largeur. Il est possible qu'une trombe fluviale soit à l'origine du phénomène, sans que nous ne puissions l'attester de façon certaine. 
 
Les dégâts, concentrés dans une exploitation maraîchère au lieu-dit l'Officière, présentent toutes les caractéristiques d'un phénomène tourbillonnaire : ferraille tordue, portail soulevé de ses gonds, vitres de serres brisées et dont certains éclats ont été plantés à 300 mètres de distance dans le sol ou dans une porte d'habitation. Le gardien de la propriété, présent sur les lieux, décrit bien le phénomène : "C’était un bruit bizarre ; on aurait dit un avion qui s’écrasait ou un roulement continu de tonnerre." (Presse-Océan du 6 janvier 1986). La maison de ce dernier a littéralement tremblé et s’est même lézardée.
 
Bien que très localisée, la tornade de Saint-Julien-de-Concelles a produit des dégâts qui relèvent de l'échelon EF2 : environ 1,5 hectare de serres, ainsi que 100 000 plants ont été détruits, ce qui représente entre 3 et 5 millions de francs de dégâts. Il est à préciser que ces serres sont des structures solides bâties en dur, avec des armatures métalliques bien ancrées dans le sol, et recouvertes de vitres. Selon l'inventaire des dégâts établi par la mairie, des toitures ont également été arrachées.
 
 
Le quotidien Ouest-France mentionne le phénomène dans son édition du 6 janvier 1986 :
 
Saint-Julien-de-Concelles

Une mini-tornade détruit une des plus grandes exploitations maraîchères de France

Entre 3 et 5 millions de francs de dégâts

Incroyable : en deux ou trois minutes une tornade éphémère et extrêmement limitée dans l'espace a ravagé dimanche matin, une exploitation maraîchère de Saint-Julien-de-Concelles, comme rarement un phénomène naturel - orage, pluie, grêle, vent linéaire - a pu le faire. Les serres de cette exploitation ont été comme brassées dans un malstrom impalpable : ferraille tordue, verres brisés dont les éclats sont allés par le souffle, se planter cent mètres plus loin dans la porte d'une habitation, enfin et surtout, ravage total des plants que, par centaines de milliers, le propriétaire élevait dans les serres en question. Le bilan est très lourd sinon catastrophique. Pour les météorologues, le phénomène des mini-tornades issues de vents forts (on a relevé sur la Loire-Atlantique des vents de 80 km/heure) tourbillonnant n'est pas exceptionnel. Seulement, la plupart du temps elles se produisent, ces mini-tornades, en milieu ouvert ou si l'on veut en rase campagne et ne laissent par conséquent aucune trace.

A Saint-Julien ce dimanche à 6h45, ce fut, pour une fois, un véritable désastre non seulement pour l'exploitation de M. René Briand, mais aussi pour l'ensemble des maraîchers de la région que cette exploitation, véritable nursery pour les concombres, les tomates ou les laitues, devait fournir dans les prochains jours.

L'entreprise de production de plants de M. Briand est par son ampleur - trois hectares - et par sa technologie - une production en serre sous laine de roche - l'une des toutes premières en France. Quarante salariés. Une clientèle - les maraîchers qui reprenant les plants les élèvent jusqu'à maturité, c'est-à-dire jusqu'aux produits de consommation, la tomate, le concombre, la laitue, ou en d'autres saisons le melon - une clientèle donc qui dépasse largement les frontières régionales.

Quand l'on passe le soir sur la Divatte, c'est-à-dire sur cette route qui borde la Loire au sud entre Nantes et Champtoceaux, on ne peut pas ne pas remarquer cet énorme océan de lumière que forment les trois hectares de serres de M. Briand.

Or, dimanche 6h45, le gardien M. Raymond Lelièvre, va croire, et il n'a pas tort, à la catastrophe. Il a entendu en effet l'énorme fracas de la dévastation. Il donne l'alerte en prévenant son patron. Celui-ci arrive et c'est la consternation.

S'étant abattu à la pointe nord-est de l'exploitation, s'étant évanoui ensuite cent mètres plus loin, en arrachant deux pommiers et un noyer, la mini-tornade a détruit un hectare et demi de serre, sur les trois de l'exploitation, plus de cent mille plants (essentiellement du concombre) causant au bas mot plus de trois millions lourds de dégâts (5 millions peut-être).

 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).