Le 2 novembre 1989 dans l'après-midi, une tornade d'intensité modérée (EF2) traverse la plaine de France, et frappe plus particulièrement le Mesnil-Aubry (Val-d'Oise). Le phénomène, qui est vu par de nombreux témoins, a fait l'objet d'une publication dans la revue Hectopascal pour l'année 1989 (pages 21-25).
 
Il est à noter que la commune du Mesnil-Aubry avait déjà été frappée par une probable tornade d'intensité EF3 le 1er mai 1811, selon une trajectoire quasiment identique à celle du 2 novembre 1989. Enfin, une tornade EF4 a également touché la commune voisine de Châtenay-en-France le 18 juin 1839.
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade du Mesnil-Aubry (95) du 2 novembre 1989* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 9,5 kilomètres
* largeur moyenne : 60 mètres

* communes traversées : LE MESNIL-AUBRY, MAREIL-EN-FRANCE, JAGNY-SOUS-BOIS, LE PLESSIS-LUZARCHES, LUZARCHES (Hérivaux)
* département : VAL-D'OISE (95)
* altitude moyenne du terrain : 110 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels

* principaux dégâts : toitures soufflées, dont celles d'une usine et d'une ferme avec morceaux de tôles retrouvés à 500 mètres de là; toitures de hangars industriels enlevées; arbres brisés ; deux très lourdes bonbonnes de gaz liquide propulsées à quelques mètres

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

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Trajectoire de la tornade EF2 du Mesnil-Aubry (Val-d'Oise) du 2 novembre 1989. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Un "grand tourbillon de feuilles"

Sur un parcours de près de 10 kilomètres et une largeur moyenne de 60 mètres, la tornade du Mesnil-Aubry frappe cinq territoires communaux distincts avant de se dissiper en lisière de la forêt de Coye.
 
Le phénomène, qui a été vu par de nombreux témoins, est particulièrement bien décrit par M. Landry, un observateur météorologique qui a confié son récit à la revue Hectopascal :"Vers 16h30-16h45, il y a eu subitement un vent très violent avec un grand bruit. A environ 50 mètres de moi, il y avait un très grand tourbillon de feuilles et de branchages. Il était difficile de juger les dimensions : peut-être 10 à 20 mètres de haut et 10 à 20 mètres de diamètre. Au-dessus, il y avait un très gros nuage noir. Le phénomène suivait le nuage. Il se dirigeait vers Bellefontaine et au-delà, entraînant à un moment donné comme une volute de fumée dans le ciel."  A l'instant de l'observation, M. Landry est positionné au bois des Garennes à Jagny-sous-Bois.
 
La tornade du Mesnil-Aubry a provoqué des dommages assez importants sur son passage : toitures soufflées, arbres brisés et projections de tôles à 500 mètres de distance. Des bouteilles de gaz ont même été propulsées à quelques mètres.
 
Le Parisien Libéré revient également sur la tornade dans son édition du 3 novembre 1989:
 

Tornade

Quinze toits s'envolent au Mesnil-Aubry

Une quinzaine de pavillons ont eu leur toiture envolée, jeudi après-midi, au Mesnil-Aubry, par une brève, mais violente tornade.

« Il devait être 16h30. J'étais en train de faire la cuisine, quand j'ai entendu un grand coup de vent. La trappe qui permet d'accéder aux combles perdus, s'est soulevée et près de la moitié de ma toiture s'est envolée », se désole M. Pouilly. Il n'aura fallu que quelques secondes à la mini bourrasque, pour souffler la toiture d'une quinzaine de pavillons, d'une usine et d'une ferme, rue du stade et rue de Paris.

Des morceaux de tôle ont été projetés au delà de la RN 16 à plus de 500 mètres de là.

Mais il n'y a eu aucun blessé. « J'ai perdu plus de 50 m² de toiture, mais tout est à revoir, il y a beaucoup de tuiles fendues et le plafond de ma salle est défoncé », soupire M. Pouilly. « On a réussi à boucher les trous, mais je vais en avoir pour un paquet d'argent. » A 19h30, les pompiers étaient encore sur place pour bâcher les pavillons sinistrés et les protéger tant bien que mal de la forte pluie qui s'est mise à tomber après la tornade. « C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de blessés et heureusement il n'y aura personne à reloger », déclare le maire, Pierre Quignot.

« Le même genre de tornade s'est produit l'an dernier à Luzarches mais ce n'était jamais arrivé au Mesnil-Aubry », ajoute-t-il. Le maire, entend bien, dans les prochains jours, faire déclarer sa commune zone sinistrée. En attendant les occupants des pavillons endommagés commencent à faire les comptes. « Je suis assuré contre les catastrophes naturelles et on appellera un expert dès demain », assure M. Pouilly. « Et dire que je venais de refaire ma salle, tout est à recommencer. »

 

Une forte tornade au même endroit le 1er mai 1811 ?

Le 1er mai 1811, alors que la ville de Paris est frappée par une tornade d'intensité EF2, un phénomène tourbillonnaire est fortement suspecté entre le Mesnil-Aubry (Val-d'Oise) et Orry-la-Ville (Oise). Les dommages mentionnés dans le Journal de Paris du 19 mai 1811 laissent supposer un phénomène de forte intensité : arbres déracinés et enlevés de terre, maisons "détruites", toitures d'églises partiellement arrachées, granges et édifices à l'état de débris

 

 Extrait du Journal de Paris du 19 mai 1811

 

La trajectoire suivie par la probable tornade du 1er mai 1811 présente une trajectoire presque identique à celle du 2 novembre 1989 : les communes du Mesnil-Aubry, de Mareil-en-France, de Lassy, du Plessis-Luzarches, de Luzarches et d'Orry-la-Ville ont été atteintes.

 

Enfin, il est à noter que la commune voisine de Châtenay-en-France, distante d'à peine 2,5 kilomètres de Mareil-en-France, a été frappée par une tornade EF4 le 18 juin 1839. Le phénomène, fortement médiatisé, a fait l'objet de nombreuses publications scientifiques. Il semblerait donc que la plaine de France présente une occurrence tornadique sensiblement supérieure à la moyenne nationale