Le 13 février 1979, une tornade d'intensité modérée (EF2) est observée dans la vallée du Rebenty, à hauteur de Joucou (Aude). Cette commune, déjà très peu peuplée à l'époque du phénomène, est l'une des plus petites (en termes de population) à avoir été frappée par une tornade en France. Le phénomène a fait l'objet d'une enquête de terrain par Jean Dessens.  
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Joucou (11) du 13 février 1979* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés de 175 km/h à 220 km/h
* distance parcourue : 1 kilomètre
* largeur moyenne : 100 mètres

* commune traversée : JOUCOU
* département : AUDE (11)
* altitude moyenne du terrain : 610 mètres
* type de terrain : territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels

* principaux dégâts : plaques tombales en marbre du cimetière soulevées; arbres sectionnés dont un sapin qui a vu son tronc coupé en deux, la couronne de feuillage gisant quelques mètres plus loin; toitures soufflées, dont l'une de 10 mètres sur 6 mètres soulevée dans sa totalité et élevée à 50 mètres de hauteur pour retomber en planant
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

  
Trajectoire de la tornade EF2 de Joucou (Aude) du 13 février 1979. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire a été établie en fonction des informations disponibles (témoignage, enquête de terrain). 
 

Une commune de 33 âmes frappée par une tornade 

Le village de Joucou, déjà durement touché par l'exode rural commencé à la fin du XIXe siècle (33 habitants seulement au recensement de 1975) doit subir les effets d'une tornade le 13 février 1979. Sans atteindre l'intensité des tornades les plus violentes, cet événement aurait pu compromettre la survie du village, peu habitué à la gestion de phénomènes exceptionnels
 
L'exemple de la tornade Joucou est aussi l'illustration des effets potentiellement irréversibles d'un phénomène météorologique destructeur à petite échelle.
 
L''Indépendant revient d'ailleurs assez longuement sur la tornade dans son édition du 15 février 1979. En voici un extrait:
 
Une tornade d'une exceptionnelle violence ravage le petit village de Joucou : pas de blessé.

Un mauvais génie s'acharnerait-il malignement sur les plus petits villages de montagne de l'arrondissement ? Voilà bien une question que l'on serait en droit de poser si l'on en croit ce qui s'est passé à Joucou durant l'après-midi de mardi.

Cette modeste commune, souffrant comme tant d'autres de l'isolement, de l'abandon des services publics et surtout des méfaits de l'exode n'était décidément pas au bout de ses peines à ce jour.

Avant-hier en effet, une tornade d'une violence inouïe s'est abattue sur la localité aux environs de 16h30, alors qu'un orage sévissait sur le reste de la région sans pour autant atteindre l'intensité enregistrée ici.

C'est donc une véritable catastrophe qu'ont déclenché les éléments déchaînés, hypothéquant pour longtemps la timide existence d'un petit coin rural qui n'avait vraiment pas besoin de cela... Mais revenons par le détail sur le déroulement de cet après-midi tragique.

« Il tonnait, on sentait venir l'orage » explique devant sa porte un retraité, M. Etienne Bonnet, « Et puis tout-à-coup, est venue une bourrasque en forme de tourniquet. » Il ajoute : « Cela n'a même pas duré un quart d'heure, sinon c'est tout le village qui partait. »

C'est effectivement une puissante bourrasque qui a plongé droit sur la commune l'espace de cinq minutes, tandis que tombait une pluie de grêlons.

Pour le maire, M. Jacques Cambon, ce phénomène atmosphérique s'expliquerait par la rencontre subite des vents d'est et d'ouest (Cers et Marin) en un gigantesque siphon. Et de préciser : « De vie d'homme, on n'avait absolument jamais vu ça ici, en quelques instants tout a été soulevé ». Les faits sont d'autant plus marquants d'ailleurs que seul le village en sa majeure partie a été touché.

 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).