Le 14 novembre 1982, peu avant 13h00 locales, une tornade meurtrière d'intensité modérée (EF2) traverse la commune de Haimps, en Charente-Maritime. On déplore la mort d'un homme, qui a succombé à des blessures causées par l'effondrement d'une toiture.
 
La tornade pourrait avoir poursuivi sa route au-delà de Haimps, puisque divers objets emportés par le tourbillon ont été retrouvés à plusieurs kilomètres. Mais faute d'enquête de terrain, cette hypothèse demande toujours confirmation.
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Haimps (17) du 14 novembre 1982* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : indéterminée
* largeur moyenne : 40 mètres (entre 30 mètres et 50 mètres)

* commune traversée : HAIMPS
* département : CHARENTE-MARITIME (17)
* altitude moyenne du terrain : 60 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, territoires agricoles

* principaux dégâts : toitures endommagées ; arbres cassés dans leur milieu ; deux toitures entièrement arrachées ; clocher de l'église du village fortement endommagé, tout comme la toiture et le mur-pignon côté est ; tôles et planches retrouvées à plusieurs kilomètres de distance

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Haimps (Charente-Maritime) du 14 novembre 1982. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire approximative a pu être déterminée grâce aux informations disponibles (article de presse, témoignage, reconstitution du flux pour la journée du 14 novembre 1982).
 

Le mur-pignon de l'église s'effondre

La tornade de Haimps, qui a provoqué d'importants dégâts matériels, a fait l'objet d'une descriptif minutieux par le maire de la commune, Yves Egreteau, qui a livré son récit à Jean Dessens : "La tornade avait l'aspect d'un gros tourbillon avec un fort bruit. Des objets volaient, et étaient comme aspirés, tournaient en l'air. La bande s'étendait sur une largeur de 30 à 50 mètres au Sud-Ouest de la commune. Une personne est décédée, écrasée par un mur. De nombreuses maisons et bâtiments ont été touchés, dont 2 plus fortement (toits entièrement arrachés). De nombreuses voitures ont été écrasées, de nombreux arbres cassés dans leur milieu. Des objets (tôles, planches...) ont été retrouvés à des kilomètres."
 
Les dégâts, qui relèvent de l'échelon EF2, sont significatifs : toitures endommagées ou arrachées, arbres abattus, voitures écrasées. De la boue et des cailloux ont même été projetés à l'intérieur de certaines maisons. L'église du village, située sur la trajectoire de la tornade, est sérieusement touchée : clocher partiellement arraché, toiture de la nef endommagée et mur-pignon effondré. L'édifice fut restauré par la suite :
 
 
Tornade EF2 de Haimps (Charente-Maritime) du 14 novembre 1982 - L'église de Haimps aujourd'hui - Les plages de couleur rouge correspondent aux parties de l'édifice qui avaient été détruites après la tornade. © Keraunos (image : Jef en Saintonge)
 © Keraunos (image : Jef en Saintonge)
 
 
La tornade a également provoqué la mort d'un homme de 57 ans, blessé par l'effondrement d'une toiture, et décédé quelques instants plus tard.

La trajectoire de la tornade de Haimps, limitée à 500 mètres (distance correspondant au périmètre habité du village), apparaît indéterminée à ce jour, faute de reconnaissance de terrain. Des planches et des tôles ayant été retrouvées à plusieurs kilomètres du village, il est vraisemblable que la trajectoire parcourue ait été supérieure, même si nous ne pouvons l'attester.
 

Coupure de presse

Le quotidien régional Sud-Ouest évoque la tornade de Haimps dans son édition du 15 novembre 1982:
 
A Haimps, la bourrasque tue et provoque d'importants dégâts

Quelques tuiles brisées, jonchant la chaussée témoignaient encore hier soir de la tornade qui s'était abattue peu avant 13 heures sur Haimps, une petite commune de Matha (Charente-Maritime). Mais les dégâts, que la nuit recouvrait déjà, étaient beaucoup plus importants même si durant tout l'après-midi la population solidaire avait travaillé à couvrir les toitures arrachées et à dégager les voitures coincées sous des arbres ou par des pans de murs emportés par le vent.

On déplorait également, un mort. En préretraite depuis septembre, M. René Serpaud, 57 ans, voulut aller fermer la porte d'un hangar dès qu'il prit conscience de la force de la bourrasque. Mais dans la manœuvre, il fut coincé entre le mur du bâtiment et la porte qui s'était rouverte brusquement sous l'effet du vent. Le malheureux homme fut, alors, grièvement blessé par la toiture qui s'effondrait au même moment. Transporté dans un état grave, au Centre hospitalier de Saint-Jean-d'Angély, il décédait avant même son admission.

Dans sa maison recouverte par une bâche de fortune que son mari, ses enfants et des voisins avaient eu le temps d'installer durant l'après-midi, Mme René Sauton se remettait de ses émotions : « Nous étions en train de discuter tranquillement en famille lorsque le vent s'est engouffré dans la maison, brisant des carreaux. Des cailloux et de la boue ont été projetés à l'intérieur. Il y en a encore dans le placard. Le bocal des poissons rouges a été brisé. »

Ici comme dans d'autres habitations de la commune, chez M. Comte ou chez M. Gaston Egreteau, le frère du maire, les dégâts sont multiples même si l'on a remédié rapidement aux plus grosses plaies. La tornade qui s'est développée au sud-ouest de la commune a traversé Haimps sur toute sa longueur et sur une largeur de trente à cinquante mètres. Jusqu'au clocher de l'église qui n'a pas été épargné par cette bourrasque aussi imprévisible que courte : « A peine une minute » d'après M. Fernand Percheron, adjoint au maire.

Hier soir, dans une maison bien chauffée et à l'abri de la pluie qui ne cessait pas de tomber, Mme Sauton se souvenait des précédentes tempêtes qui en 1950 ou 1972, avaient déjà fait des dégâts importants dans la commune.

 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).