Le 21 août 1975 en début d'après-midi, une tornade d'intensité modérée (bas de l'échelon EF2) est aperçue à l'est de Cormicy (Marne). Le phénomène, qui endommage notamment un cimetière et une entreprise, poursuit sa route au-delà du canal de l'Aisne à la Marne. Faute d'enquête de terrain, la trajectoire retenue pour cette tornade est de 2 kilomètres.
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Cormicy (51) du 21 août 1975* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés de 175 km/h à 220 km/h
* distance parcourue : 2 kilomètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 100 mètres

* commune traversée : CORMICY (Nécropole Nationale de la Maison Bleue, canal de l'Aisne à la Marne, le Poirier)
* département : MARNE (51)
* altitude moyenne du terrain : 63 mètres
* type de terrain : territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels

* principaux dégâts : grosses branches cassées; deux caravanes renversées et partiellement endommagées; une toiture de hangar aspirée; un cananon soufflé; 34 sapins brisés net ; la moitié des toits d'une usine composés de plaques en fibrociment, enlevée et éparpillée alentour; cinq poteaux d'une ligne à haute tension arrachés; débris retrouvés à 1 kilomètre; une personne de 90 kg soufflée sur plus de dix mètres
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Cormicy (Marne) du 21 août 1975. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Une "trompe de poussière" qui souffle un homme sur dix mètres

La tornade de Cormicy semble s'être développée à l'est de la commune, près de la Nécropole Nationale de la Maison Bleue, avant de se dissiper au-delà du canal de l'Aisne à la Marne. La trajectoire retenue pour cet événement, de 2 kilomètres, est considérée comme un minimum et pourrait être supérieure.
 
Le descriptif par les habitants du village est sans appel : "Comme devaient le décrire plusieurs témoins, ce fut une véritable tornade du type "américain" qui se déplaça sur une longueur de deux kilomètres environ, puis disparut, aussi mystérieusement qu'elle était arrivée. Ce phénomène est assez rare dans nos régions. C'est un mouvement circulaire de l'atmosphère, composé d'une colonne de faible diamètre aspirant tout sur son passage, et deuxièmement d'une masse de poussière en altitude." (l'Union du 22 août 1975).
 
Les dégâts, qui relèvent de l'intensité EF2 (bas de l'échelon), sont résumés dans le même extrait de presse : "Là, deux caravanes appartenant à un forain, M. Léon Spitaels, furent renversées et partiellement endommagées. Puis elle commença un parcours de deux kilomètres à travers les champs, arrachant au passage cinq poteaux d'une ligne à haute tension, privant ainsi de courant la commune de Cormicy. La "trompe" de poussière dont le rayon d'action ne dépassait pas une centaine de mètres se déplaça rapidement en direction d'un cimetière militaire, où elle brisa tout d'abord les trente-quatre sapins l'entourant. Elle endommagea d'autre part le drapeau des couleurs, près de trois cent vingt croix de bois, et surtout elle renversa le monument de l'ossuaire composé d'un lourd mur de pierre, brisant ainsi la plaque commémorative en marbre."

La tornade a également traversé une usine dans laquelle quatre ouvriers travaillaient. L'un d'entre eux, qui a été blessé, livre le récit suivant : « J'étais en train de faire du ciment juste à la porte, déclara l'un d'eux. Tout se passa en quelques secondes : beaucoup de bruit, un véritable nuage de poussière, dans lequel on ne voyait rien. Je me suis senti d'un seul coup léger comme une plume, malgré mes quatre-vingt-dix kilos. J'ai été soufflé sur plus de dix mètres avant de me retrouver assis le long d'un mur. Et puis après, ce fut une pluie de morceaux de fibrociment. Je me suis alors mis à l'abri avant de voir si mes camarades étaient là. » Un second ouvrier, qui se trouvait à ce moment là dans la cour de l'usine précisa : « J'ai eu à peine le temps de réaliser. Entendant un grand fracas, je vis une colonne de poussière qui aspirait tout sur son passage. Une sorte de grand entonnoir, comme dans les livres. A la base, la colonne avait un diamètre de trois mètres maximum. Les branches et les plaques de la toiture montèrent à près de deux cents mètres de haut. J'ai vu un pilier de béton de 40 cm de côté casser comme du verre. Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, tout s'est passé très vite. »
 
L'usine, qui peut contenir une centaine d'ouvriers, aurait pu être le théâtre d'une véritable catastrophe si la tornade était survenue en dehors de la période des congés d'été.
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).