Le 12 avril 1965, une tornade d'intensité modérée (EF2) traverse le sud du village de Wimy (Aisne). Le phénomène, qui a été vu, a notamment endommagé le clocher de l'église fortifiée.
  

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Wimy (02) du 12 avril 1965* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 1,2 kilomètre (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 100 mètres

* commune traversée : WIMY (D758, village, la Grande Couture)
* département : AISNE (02)
* altitude moyenne du terrain : 160 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, territoires agricoles

* principaux dégâts : pommiers arrachés; toitures arrachées; poteaux électriques brisés; hangars endommagés

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Wimy (Aisne) du 12 avril 1965. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire a été effectuée en fonction des informations disponibles (témoignage, articles de presse, reconstitution du flux pour la journée du 12 avril 1965).
 

Une "colonne aux teintes rougeoyantes"

M. André Delabre, maire de Wimy, a pu reconstituer le parcours du phénomène dans sa commune:
 
« La journée a d'abord été pluvieuse avec des coups de vent (force moyenne) et de fortes averses intermittentes. Vers 15h30 (heure locale), il y eut des éclairs et quelques coups de tonnerre ; vers 17h30, apparition de gros nuages noirs avec un vent très fort, puis brusquement la tornade. Des témoins placés sur des hauteurs voisines ont déclaré avoir observé comme une espèce de colonne dans laquelle ils auraient aperçu une sorte de teinte rougeoyante (?). Il n'y avait aucune personne dans les rues à cause du mauvais temps, ce qui explique qu'on n'eut à déplorer aucune victime.

La surface endommagée est formée par une bande rectiligne, ayant environ 100 mètres de largeur, sur une longueur totale de 1200 mètres, orientée Sud-Ouest, Nord-Est.

Dans les maisons endommagées c'est le versant de la toiture exposé en sens inverse du déplacement de la tornade qui a été arraché ; à préciser que nombre de toitures enlevées étaient en très bon état ; des photos ont été prises par les reporters de journaux et celles dont nous disposons ont été fournies aux experts d'assurances.

Le 10 Juillet 1962, une semblable tornade avait ravagée une partie des hameaux de la commune, suivant en cela une direction sensiblement parallèle à la seconde mais avec un décalage de 1500 mètres environ vers le Nord. »
  

Coupure de presse

Le quotidien régional L'Union évoque la tornade de Wimy dans son édition du 13 avril 1965:
 
Tornade à Wimy près d'Hirson

Une quinzaine de maisons sont endommagées

Des lignes électriques et téléphoniques sont coupées

Hirson.- Wimy, lundi 12, 17h30. Quelques secondes d'angoisse. Dans la région, des éclairs, des giboulées. C'était l'orage, mais à Wimy, une véritable tornade qui rappelait aux habitants celle d'il y a trois ans, qui avait déjà ravagé le hameau d'Ecreveau.

Cette fois, la tornade touchait le centre de la localité et sa périphérie sud. Une quinzaine de maisons d'habitation ont souffert, et le spectacle, vers 18 heures, était celui d'un cataclysme.

Toitures arrachées, lignes téléphoniques et électriques coupées par endroits. Gravats de ci, de là, pommiers arrachés, cela sur la route entre Wimy et Effry.

Au hasard des noms, nous relevions les sinistrés suivants : MM. Thomas Eugène, Lenclud, Choulette, Dapvril, Monvoisin, Marlière, Petit, Pannière, Sin, Languille, Drouart.

Les pompiers d'Hirson, appelés, se sont efforcés rapidement d'enlever ce qui pouvait être dangereux et se sont transformés en acrobates pour que, dans le moindre laps de temps, charpentes et ardoises brisées ne risquent pas de transformer en accident mortel ce qui n'était que dégâts matériels, déjà importants, et qui se chiffrent sans doute aux environs de 2 millions de francs actuels.
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).