Le 22 juillet 1924, une tornade de faible intensité (EF1) est observée dans la vallée de l'Isère, entre Rovon et Saint-Quentin-sur-Isère. La commune de la Rivière apparaît comme la plus sinistrée. Le phénomène a fait l'objet d'une publication détaillée par Richard Cutler dans la Revue de géographie alpine (1924).
  

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de la Rivière (38) du 22 juillet 1924intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : 8,8 kilomètres
* largeur moyenne : 100 mètres

* communes traversées : ROVON, SAINT-GERVAIS (pont de Saint-gervais), L'ALBENC (rives de l'Isère), LA RIVIÈRE, SAINT-QUENTIN-SUR-ISÈRE
* département : ISÈRE (38)
* altitude moyenne du terrain : 210 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels, surfaces en eau

* principaux dégâts : arbres fruitiers déracinés ; noyeraies dévastées ; peupliers et vignes abattus ; pont suspendu de Saint-Gervais endommagé (planches du tablier envolées) ; eaux de la rivière Isère soulevées de plusieurs mètres

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen. 
  

Trajectoire de la tornade

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Trajectoire de la tornade EF2 de la Rivière (Isère) du 22 juillet 1924. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Le pont suspendu de Saint-Gervais endommagé

La tornade de la Rivière du 22 juillet 1924 a fait l'objet d'une publication par Richard Cutler dans la Revue de géographie alpine (1924). Une analyse détaillée des dommages permet d'attester d'un phénomène tourbillonnaire sur une trajectoire totale en ligne droite de près de 9 kilomètres, et une largeur de 100 mètres environ.
 
Cutler apporte quelques précisions sur les caractéristiques de la tornade et la situation atmosphérique de la journée du 22 juillet : "Les circonstances qui ont marqué le déchaînement de l'ouragan ne présentent rien d'extraordinaire. Il faisait ce jour-là une chaleur accablante dans la vallée ; le vent, très faible, soufflait du SW ; c'est ce qu'on appelle là-bas le vent de Saint-Antoine. La tornade n'a pas duré plus d'une minute. Effrayés par le bruit, consternés par les dégâts subis, les gens du pays réalisent mal les conditions qui ont accompagné le phénomène. La station pluviométrique de Beaulieu, près Vinay, n'a enregistré que quelques gouttes de pluie. Certains habitants déclarent que le temps est resté clair, et qu'il n'a pas plu ; d'après d'autres, le ciel s'est couvert très vite, est devenu tout noir, et il serait tombé, une demi-heure après l'ouragan, une grosse pluie qui a duré une heure."

Les premières traces de la tornade sont identifiées à 2 kilomètres au Sud-Ouest de Rovon, dans un amas d'éboulis au pied de la montagne. Quelques arbres sont abattus. Le tourbillon prend ensuite la direction du village, où des noyers et des arbres fruitiers sont touchés entre le cimetière et la grande route.

En prenant la direction du port de Saint-Gervais, la tornade s'empare du pont suspendu qui enjambe l'Isère. Elle arrache les câbles, brise le tablier en bois et le projette d'abord à dix mètres de hauteur. Finalement, le pont se retourne et la partie centrale s’effondre dans la rivière, laissant un vide béant de 12 mètres au milieu de l'ouvrage.

Pendant 2,5 kilomètres, la tornade remonte le cours de la rivière. D'après certains témoignages, les eaux sont soulevées à plusieurs mètres de hauteur. On retrouve ensuite les traces de la tornade sur la terre ferme en contrebas du hameau du Lignet. Dans la plaine, les peupliers et les vignes sont abattus.

La tornade prend ensuite la direction du village de la Rivière, bâti sur une pente douce. Les noyeraies qui environnent le village sont dévastées. Le phénomène poursuit sa course vers le Nord-Est en se heurtant à un coteau, à travers taillis et châtaigniers, avant de se dissiper environ 100 mètres au-dessus de la vallée.

Les photographies ci-dessous illustrent les dégâts causés par la tornade. A gauche, ce qu'il reste du pont de Saint-Gervais ; à droite, vue d'une noyeraie dévastée :

  
Tornade EF2 de la Rivière (Isère) du 22 juillet 1924 - Un aspect du pont suspendu de Saint-Gervais après la tornade. © R. Cutler      Tornade EF2 de la Rivière (Isère) du 22 juillet 1924 - Noyeraies dévastées après la tornade. © R. Cutler
© R. Cutler


Les dommages décrits dans la publication de Cutler relèvent d'une intensité EF1. D'autres informations publiées dans la presse locale évoquent une ferme anéantie et des maisons détruites à la Rivière. Ces dommages n'ayant pas été vérifiés par Cutler, ils doivent être considérés avec une certaine précaution.


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