Le 5 juillet 1867, une tornade de faible intensité (EF1) traverse une partie de la commune de Joué-lès-Tours, en Indre-et-Loire. Le phénomène survient sur une courte trajectoire.

 

Principales caractéristiques de la tornade

intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : 200 mètres
* largeur moyenne : indéterminée

* commune traversée : JOUÉ-LÈS-TOURS
* département : INDRE-ET-LOIRE (37)
* altitude moyenne du terrain : 85 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, territoires agricoles

* principaux dégâts : arbres déracinés coupés à mi-hauteur (nature non précisée) ; groseilliers déracinés ; vitres et portes brisées et débris portés à grande distance ; toits en partie découverts, dont une partie de 20 m² transportée d'une seule pièce et jetée à 10 mètres de distance
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Localisation de la tornade


Une "vapeur tourbillonnante"

La tornade de Joué-lès-Tours du 5 juillet 1867 est détaillée dans l'Année scientifique et industrielle de 1867. Il n'est toutefois pas possible de déterminer une trajectoire précise, car les dégâts ne sont pas localisés et aucune enquête de terrain n'a été effectuée suite à l'événement. Nous pouvons toutefois considérer que cette tornade a atteint le niveau d'intensité EF1 sur l'échelle de Fujita.

M. Bélin, instituteur à Joué-lès-Tours, a transmis à l'Association scientifique les principaux détails du phénomène :

« Au moment du météore, écrit M. Bélin, le ciel, sans être bien pur, était assez clair au nord et à l'est, mais quelque peu sombre à l'Ouest ; il n'y avait ni pluie ni orage. Seulement un nuage noir, de moyenne grandeur et qui semblait être la réunion de plusieurs autres venant de points opposés, paraissait stationnaire et calme un peu à l'ouest du bourg. Tout à coup on entend comme le bourdonnement d'un sourd coup de tonnerre ou le roulement accéléré d'une lourde charrette, et l'on aperçoit une espèce de vapeur tourbillonnante. Cette vapeur, qui semblait unir le nuage à la terre, se précipite en tournoyant sur les maisons et les jardins et brise tout ce qu'elle rencontre sur son passage, en épargnant toutefois quelques objets pour en détruire d'autres qui se trouvent plus loin, comme si cette colonne d'air eût sautillé à droite et à gauche sur les objets qu'elle voulait emporter dans la violence de sa course.

En moins de trois minutes, plusieurs toits du bourg sont en partie découverts, plusieurs arbres déracinés, ébranchés ou coupés par le milieu du tronc, des vitres et des portes brisées et leurs débris rejetés à une grande distance ; des travailleurs sont obligés de se cacher ou de se coucher à terre pour ne pas être entraînés par la fureur du tourbillon. Un panneau de toiture, de plus de 20 mètres carrés, est enlevé et transporté d'une seule pièce à environ 10 mètres de distance.

Le fléau a exercé ses ravages sur une longueur d'environ 150 mètres ; il n'y a guère que le bourg qui ait souffert. Une chose assez curieuse, c'est que dans un jardin le tourbillon a respecté les arbres en plein vent et déraciné des groseilliers qui étaient fortement enracinés et mêmes abrités par les maisons. »

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