Le 16 août 1853, une tornade d'intensité modérée (haut de l'échelon EF2) traverse le Saumurois et provoque de nombreux dégâts dans la commune d'Allonnes (Maine-et-Loire).
 
La tornade d'Allonnes s'inscrit dans un outbreak de tornades (épisode de tornades groupées) qui totalise 3 cas pour la journée du 16 août 1853, dont celui de Jarzé-Villages (Maine-et-Loire) et de Petit-Caux (Seine-Maritime).
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade d'Allonnes (49) du 16 août 1853intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 6,5 kilomètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 90 mètres

* communes traversées : ALLONNES (D10, route de Recouvrance, le Chantier, le Bellay, le Courbet), LA BREILLE-LES-PINS (étang des Hautes Belles)
* département : MAINE-ET-LOIRE (49)
* altitude moyenne du terrain : 50 mètres
* type de terrain : territoires agricoles ; forêts et milieux semi-naturels ; surfaces en eau

* principaux dégâts : des dizaines de noyers déracinés ; deux gros peupliers brisés net à un mètre du sol ; environ 200 arbres dévastés dans une propriété, et débris emmenés à distance ; des chaumes trouvés en meules à grande distance, d'autres dispersés et entrelacés dans des ceps de vignes ; au Chantier, quatre charrettes chargées de paille retournées et soulevées (le chargement a disparu) ; une charrette roulée par la tornade sur quelques mètres ; cinq toitures d'habitations enlevées ; un mur de maison effondré et débris de toiture retrouvés à 500 mètres ; étang du Bellay recouvert en partie par la tornade ; débris de toute sorte dispersés

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 

Une femme sauvée des décombres de sa maison

La tornade d'Allonnes du 16 août 1853 a parcouru une distance d'au moins 6,5 kilomètres entre la route de Bourgueil et l'étang des Hautes Belles (commune de la Breille-les-Pins).
 
Sur une bande de terrain large de 90 mètres, le phénomène provoque de nombreux dommages sur les arbres fruitiers, les bois et plusieurs propriétés. Largement médiatisée par la presse locale, la tornade d'Allonnes a fait l'objet d'une enquête de terrain par le journaliste P. Godet, à qui l'on doit de précieux renseignements.
 
Les premiers dégâts sont identifiés de part et d'autres de la route de Bourgueil. Plusieurs toitures d'habitations sont enlevées. Dans une maison de la route de Recouvrance, les murs s'écroulent en partie, et une femme qui s'y était réfugiée est ensevelie sous les décombres. Elle a pu être sauvée. Dans la campagne environnante, des dizaines de noyers sont déracinés, et deux gros peupliers brisés net à un mètre du sol. 
 
La tornade se dirige vers le Nord/-Nord-Est et prend la direction du château du Bellay. Au hameau du Chantier, plusieurs toitures de bâtiments sont enlevées. Fait plus remarquable, quatre charrettes chargées de paille sont retournées et soulevées (le chargement a disparu). Une cinquième charrette est roulée par la tornade sur quelques mètres. Au château du Bellay, des dépendances sont endommagées et plus de cinquante arbres sont déracinés.

Sur le parcours de la tornade, des débris de toute sorte jonchent le sol. Par exemple, des chaumes sont retrouvés en meules à grande distance ; d'autres sont dispersés et entrelacés dans des ceps de vignes. Dans la propriété du Courbet, plus de 200 arbres sont dévastés et les débris emportés à distance.

En arrivant à l'étang du Bellay (aujourd'hui étang des Hautes-Belles), la tornade est vue par des voyageurs qui s'étaient abrités sur une rive. Elle recouvre la moitié de la surface de l'étang, dont elle agite violemment les eaux. Les flots se soulèvent et se confondent avec le nuage. Les témoins remarquent l'aspiration du tourbillon, et, au milieu d'un nuage épais et noir, ils distinguent "comme des gerbes de feu, semblables à celles d'un feu d'artifice" ce qui doit correspondre à des décharges électriques répétées.

Fait intéressant, la tornade d'Allonnes épargne les cultures. Les vignes n'ont pas réellement souffert. Quant aux maïs et aux autres plantes cultivées, ils se sont simplement inclinés pendant le passage de la tornade, mais se sont relevés aussitôt.
 

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